vendredi 30 mars 2012

LES LYONNAIS


d'Olivier Marchal. 2011. France. 1h42. Avec Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval, Dimitri Storoge, Patrick Catalifo, François Levantal, Francis Renaud, Lionnel Astier, Valeria Cavalli.

Sortie salles France: 30 Novembre 2011

FILMOGRAPHIE: Olivier Marchal est un acteur et réalisateur français, né le 14 Novembre 1958 à Talence (Gironde). Il est en outre le créateur des séries télévisées: Flics et Braquo.
2002: Gangsters
2004: Quai des Orfevres
2008: MR 73
2011: Les Lyonnais
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D'après l'oeuvre d'Edmond Vidal, ex membre du gang des lyonnais, Olivier Marchal s'inspire de son illustre autobiographie pour nous livrer avec Les Lyonnais un polar âpre et dĂ©senchantĂ©. Une sombre fresque illustrant le portrait renfrognĂ© de deux gangsters dĂ©chus, rattrapĂ©s par la frĂ©nĂ©sie d'un passĂ© tendancieux. Edmond Vidal, ancien gangster Ă  la retraite va renouer avec son passĂ© galvaudĂ© pour Ă©pauler son meilleur ami, Serge, rĂ©cemment apprĂ©hendĂ© par la police. Après une sanglante Ă©vasion, Edmond va se retrouver mĂŞlĂ© au chantage d'une bande de tueurs inflexibles, dĂ©terminĂ©s Ă  retrouver son acolyte. En mĂŞme temps, la police est plus que jamais circonspecte aux faites et gestes des deux repris de justice bien connus des services durant les annĂ©es 70.
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Mis en scène avec le brio d'une virtuosité technique factuelle, le quatrième long-métrage d'Olivier Marchal est un polar tendu et brutal, noyé dans l'amertume du profil galvaudé de deux gangsters notoires, victimes de leur exactions sanguinaires perpétrées à une époque dissidente.
Durant leur jeunesse, Ă  cause d'un simple vol de cageot de cerise, Edmond et serge vont ĂŞtre amenĂ©s Ă  Ă©coper une peine inĂ©quitable de 6 mois ferme dans un Ă©tablissement pĂ©nitentiaire. Cette sĂ©vère injustice sera le vecteur moteur pour les deux jeunes dĂ©linquants Ă  se laisser apprĂ©hender par le grand banditisme après avoir endiguĂ© leur initiateur dans la rĂ©gion lyonnaise des annĂ©es 70. En l'occurrence, Edmond est un sexagĂ©naire coulant des jours ternes parmi la morositĂ© d'une Ă©pouse distante, communĂ©ment tiraillĂ©s par le remord d'une pĂ©riode rĂ©volue. Quand Ă  Serge, il reste un gangster toujours en activitĂ© car n'ayant jamais abdiquĂ© ses instincts dĂ©lĂ©tères pour dĂ©fier l'antagoniste et l'autoritĂ© rĂ©prĂ©hensible de la justice.


Entre passĂ© et prĂ©sent de flash-backs incessants, Olivier Marchal nous illustre avec lyrisme leur dĂ©rive autonome compromise par l'avilissement du Mal. TraversĂ© d'Ă©clairs de violence d'une verdeur cinglante mais jamais putassière et jalonnĂ© de plages intimistes inscrites dans la fraternitĂ© de l'amitiĂ© et la cohĂ©sion familiale, Les Lyonnais transcende la caractĂ©risation bafouĂ©e de ces deux malfrats contraints de payer un lourd tribut. En parrain acariâtre, GĂ©rard Lanvin assume avec sobriĂ©tĂ© un rĂ´le majeur de gangster rongĂ© par l'aigreur d'un passĂ© vĂ©nal. Mais un homme dĂ©chu profondĂ©ment meurtri par la soudaine rĂ©vĂ©lation d'une intolĂ©rable trahison parce qu'entièrement subordonnĂ© Ă  la loyautĂ© de l'amitiĂ©. Sa posture rigide exacerbĂ©e par un regard austère noyĂ© de rancoeur illumine son cheminement funeste, en attendant l'exutoire potentiel d'une repentance indĂ©cise. Son acolyte de toujours est campĂ© par l'excellent TchĂ©ky Karyo, malfaiteur tout aussi rĂ©putĂ©, flegmatique mais implacable dans ses Ă©lans meurtriers impondĂ©rables. Un complice distant par son esprit taciturne quand il est contraint d'avouer Ă  son comparse pour quelle vĂ©ritable motivation il s'est retrouvĂ© Ă  frĂ©quenter les cellules de prison.


Hormis le caractère prĂ©visible de l'achèvement de nos deux protagonistes, Les Lyonnais est un excellent polar entièrement dĂ©diĂ© au caractère fĂ©brile de mafieux contrariĂ©s par l'intĂ©gritĂ© dĂ©savouĂ©e de l'amitiĂ©. Superbement mis en scène, vigoureux dans sa narration indĂ©cise traversĂ©e  de brusques accès de violence et endossĂ© par une galerie de trognes burinĂ©es plus vraies que nature, l'odyssĂ©e noire de Marchal renoue avec la dĂ©sillusion flamboyante des grandes sagas mafieuses. 

30.03.12
Bruno Matéï

L'avis de mon ami Mathias Chaput

RĂ©alisĂ© avec un grand sens de la rigueur (aussi bien scĂ©naristique que dans la restitution des dĂ©cors ou des costumes), exempt d’anachronisme et violent comme un « film d’hommes », « Les Lyonnais » est un mĂ©trage exemplaire qui tient particulièrement bien la route !
Lanvin est impĂ©rial, il a un rĂ´le taillĂ© pour lui et sa personnalitĂ© de fonceur…
Karyo ne dĂ©roge pas Ă  la règle dans son personnage d’enflure intĂ©grale et mĂŞme si vieillissant il s’en sort avec les honneurs !
La faune de la pègre lyonnaise comporte tous les stĂ©rĂ©otypes surtout vers les annĂ©es 70 (avec les filles soumises Ă  leurs gangsters de maris, les caĂŻds qui n’hĂ©sitent pas Ă  frapper ou Ă  flinguer fort, les casses et « braquo » -braquages- Ă  plĂ©thore, et la police le plus souvent dĂ©passĂ©e –malgrĂ© une « rafle » dans un campement de gitans particulièrement millimĂ©trĂ©e et efficace, et qui entrainera un procès fleuve !)…
Les gangsters ne reculent devant rien pour faire aboutir leurs desseins illĂ©gaux et font preuve d’une imagination hors normes et sans le moindre remords !
S’en prenant Ă  des enfants ou des animaux, essayant par tous les moyens Ă  faire rĂ©gner leur diktat de corruption et de domination, et quiconque se mettra devant leur chemin, se verra froidement abattu !
Certains passages sont extrĂŞmement violents et Marchal prend le parti pris pour une complaisance Ă  minima, malgrĂ© un entĂŞtement sidĂ©rant dans la tension et le stress (notamment lors des fuites de Momon et de sa femme, constamment harcelĂ©s !).

Film d’un grand professionnalisme et aux moyens ultra consĂ©quents, « Les Lyonnais » s’entiche non seulement d’un scĂ©nar bien rĂ´dĂ© mais d’une restitution magistrale d’un domaine assez mĂ©connu et peu exploitĂ© dans le cinĂ©ma hexagonal, pour au final projeter le spectateur sur un pan de la dĂ©linquance qui s’Ă©tale de 1970  Ă  nos jours, le tout avec un talent indĂ©niable !
Du très bon boulot pour un des meilleurs polars de ces dernières annĂ©es, tous genres confondus !
Marchal frappe fort et l’impact de son Ĺ“uvre trouve ici son aboutissement via peut ĂŞtre son chef d’Ĺ“uvre !
A voir absolument pour la qualitĂ© du travail rĂ©alisĂ© et pour son plaisir si on est adepte des polars français, un mĂ©trage qui fera date !

Note : 8.5/10


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