vendredi 16 mars 2012

LE MANNEQUIN DEFIGURE (Crescendo)


                                      

d'Alan Gibson. 1970. Angleterre. 1h30. Avec Stéfanie Powers, James Olson, Margaretta Scott, Jane Lapotaire, Joss Ackland, Kirsten Lindholm.

Sortie en salles le 24 Mars 1971

FILMOGRAPHIE: Alan Gibson est un réalisateur canadien, né le 28 avril 1938 à London, en Ontario (Canada), décédé le 5 juillet 1987 à Londres (Royaume-Uni).
1965: 199 Park Lane (série TV). 1966: A Separate Peace (télé-film). Eh, Joe ? (télé-film). 1968: Journey to Midnight. 1969: The English Boy (télé-film). 1970: Le Mannequin Défiguré. Goodbye Gemini. 1971: The Silver Collection (télé-film). 1972: Dracula 73. 1974: The Playboy of the Western World (télé-film). Dracula vit toujours à Londres. 1976: Dangerous Knowledge (télé-film). 1977: Checkered Flag or Crash. 1979: Churchill and the Generals (télé-film). 1980: The Two Faces of Evil (télé-film). 1982: Une femme nommée Golda (télé-film). 1982: Témoin à charge. 1984: Martin's Day. 1984: Helen Keller: The Miracle Continues (télé-film). 1987: The Charmer (série TV).

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Par celui qui aura tentĂ© de moderniser Ă  deux reprises le mythe du vampire des Carpathes avec deux nanars folichons, Dracula 73 (Christophe Lemaire en reste traumatisĂ© !) et Dracula vit toujours Ă  Londres, Alan Gibson avait prĂ©alablement rĂ©alisĂ© en 1970 le meilleur film de sa carrière avec Le Mannequin DĂ©figurĂ©. Thriller horrifique au suspense Hitchcockien, cette petite sĂ©rie B admirablement orchestrĂ©e est Ă  revoir sans modĂ©ration grâce Ă  la dextĂ©ritĂ© d'un scĂ©nario machiavĂ©lique et Ă  ses personnages interlopes très attachants.
Susan Roberts est une jeune Ă©tudiante prĂ©parant une thèse sur le cĂ©lèbre compositeur Henry Ryman. InvitĂ© chez la veuve du dĂ©funt dans une villa du Sud de la France, elle rencontre son fils paralytique, Georges, et entame une complicitĂ©. Mais l'attitude dĂ©sinvolte d'une bonne Ă  tout faire et d'un inquiĂ©tant geĂ´lier vont contrarier l'invitĂ©e, d'autant plus que la mère semble avoir une emprise d'allĂ©geance sur son fils. 


Film rare totalement sombrĂ© aujourd'hui dans l'oubli, Le Mannequin dĂ©figurĂ© (pour une fois que le titre français transcende son homologue british !) est une vĂ©ritable perle dans son genre horrifique produit par la fameuse firme Hammer Film ! Dans une ambiance ombrageuse palpable et un climat pervers Ă©touffant, ce thriller diabolique doit son salut Ă  une narration impeccablement structurĂ©e, rehaussĂ©e par le talent congru d'interprètes sur mesure. Sur un canevas Hitchcockien en diable, Le Mannequin DĂ©figurĂ© nous invite dans la villa bucolique d'une veuve et de son fils paralytique auquel une Ă©tudiante est invitĂ©e pour y rĂ©diger une thèse sur le cĂ©lèbre compositeur, Henry Ryman. Si parmi les tĂ©moins, la convivialitĂ© d'une ambiance amicale y est perceptible de prime abord, l'attitude insolente et arrogante d'une potiche de service et la prĂ©sence clairsemĂ©e d'un Ă©trange gardien vont rapidement interpeller la quiĂ©tude de Susan. D'autant plus que celle-ci va ĂŞtre confrontĂ©e aux violentes crises de spasmophilie endurĂ©es par Georges. Cet artiste prĂ©alablement promu Ă  une riche carrière de pianiste aura eu la malchance de se retrouver en fauteuil roulant suite Ă  un grave accident. Pour aggraver la fatalitĂ©, sa femme le quitta du jour au lendemain, faute de sa dĂ©ficience physique inaltĂ©rable. Sujet Ă  des cauchemars rĂ©currents auquel il imagine son propre "double" assassiner sa femme, Georges semble assujetti par l'aguicheuse femme de mĂ©nage pour entamer communĂ©ment une Ă©trange relation masochiste. D'autant plus que pour mieux l'asservir Ă  sa guise, Lilliane pratique un chantage allouĂ© Ă  la toxicitĂ© d'un psychotrope. Un soir, un horrible homicide va avoir lieu...


VoilĂ  pour l'intrigue savamment planifiĂ©e avant que les enjeux interlopes prennent une tournure dramatique beaucoup plus dĂ©lĂ©tère, voire schizophrène ! Par un savant dosage de suspense intense parfaitement coordonnĂ©e, scandĂ© par le profil suspicieux de personnages aussi sournois que vĂ©reux, Le Mannequin DĂ©figurĂ© est un jouissif thriller baignant dans un cauchemar diffus et diaphane.
L'architecture gothique de la demeure Ă©rigĂ©e de manière arquĂ©e aux abords d'une piscine familiale agrĂ©mente favorablement son atmosphère insolite particulièrement moite et licencieuse. Comme son titre d'origine l'indique (Crescendo), la gravitĂ© des Ă©vènements va prendre une tournure plus sombre après le fameux meurtre perpĂ©trĂ© par un tueur sans visage. Un piège machiavĂ©lique semble se refermer sur notre Ă©tudiante tributaire des agissements insidieux d'une sombre famille au passĂ© galvaudĂ©. Son point d'orgue rĂ©vĂ©lateur se clĂ´t sur une rĂ©solution inopinĂ©e alors que son rythme davantage haletant se culmine vers une succession de pĂ©ripĂ©ties sardoniques.


Superbement campĂ© par une galerie de comĂ©diens complices s'en donnant Ă  coeur joie dans l'autoritĂ© oppressive et mis en scène avec un savoir faire fripon dans l'intensitĂ© d'un suspense judicieux, Le Mannequin DĂ©figurĂ© est une petite perle du thriller Ă  se procurer d'urgence. RehaussĂ© d'une atmosphère atypique dans le refuge affable d'un huis-clos feutrĂ©, cette production Hammer Film se pare en outre d'une certaine audace dans l'air du temps (les annĂ©es 70) par sa violence âpre (le meurtre dans la piscine est particulièrement rigoureux) et son Ă©rotisme futilement polisson (Jane Lapotaire use et abuse de provocation impudique en gouvernante mesquine).
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Dédicace à Video Party Massacre
16.03.12
Bruno Mattéï. 3è



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