mercredi 7 mars 2012

CELLULE 211 (Celda 211)


de Daniel Monzon. 2009. France/Espagne. 1h50. Avec Carlos Bardem, Luis Tosar, Alberto Ammann, Marta Etura, Antonio Resines, Luis Zahera, Manolo Solo, Félix Cubero, Jesus Carroza, Joxean Bengoetxea, David Selvas.

Sortie salles France: 4 Août 2010

FILMOGRAPHIE: Daniel Monzon est un réalisateur, scénariste et acteur espagnol, né en 1968.
2000: Le Coeur du Guerrier. 2002: El robo mas grande jamas contado. 2006: The Kovak Box. 2010: Cellule 211.

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Multi rĂ©compensĂ© dans son pays d'origine mais passĂ© inaperçu et dĂ©prĂ©ciĂ© dans l'hexagone, Cellule 211 est un thriller carcĂ©ral alternant action et psychologie des personnages au fil d'une narration dramatique en chute libre. Pour sa première journĂ©e de service, un nouveau gardien de prison se retrouve embrigadĂ© dans une Ă©meute pĂ©nitentiaire. Pour sauver sa peau, il est contraint de se faire passer pour un dĂ©tenu aux yeux des prisonniers dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  obtenir leur requĂŞte. Alors que les forces spĂ©ciales sont prĂŞtes Ă  intervenir, un Ă©vènement inopinĂ© va totalement changer la donne et semer l'anarchie la plus dĂ©sordonnĂ©e dans les deux camps adverses.
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De manière ludique mais rĂ©aliste, cette sĂ©rie B rondement menĂ©e entame sa première partie avec assez d'efficience pour embarquer le spectateur dans un film de prison alerte.  D'autant plus que la confrontation entre nos deux protagonistes antinomiques ne manquent pas d'intensitĂ© dans leur relation ombrageuse davantage Ă©quivoque. A cause d'un accident alĂ©atoire et d'une violente Ă©meute engagĂ©e en interne du pĂ©nitencier, un gardien de prison va devoir s'affilier avec un leader contestataire pour tenter d'Ă©touffer la vĂ©ritĂ© sur sa propre identitĂ©. Alors que quelques geĂ´liers et membres de l'ETA sont retenus en otage par les insurgĂ©s, les forces spĂ©ciales sont sur le point d'entamer un assaut. A l'extĂ©rieur, une manifestation de citadins ainsi que les familles des dĂ©tenus bat son plein autour de l'enceinte. Le gouvernement dĂ©cide donc de dĂ©ployer une cohorte de CRS pour tenter d'apaiser la situation. VoilĂ  pour la mise en place de l'intrigue accentuĂ©e par la caractĂ©risation autoritaire et fraternelle de nos deux anti-hĂ©ros finalement conciliĂ©s dans une confiance commune. Mais un Ă©vènement dramatique impondĂ©rable va totalement reconsidĂ©rer la conspiration, tandis que les rĂ´les majeurs vont considĂ©rablement s'inverser et se combiner.
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C'est Ă  ce moment propice que Cellule 211 va prendre une ampleur psychologique considĂ©rable dans le profil galvaudĂ© d'un des protagonistes principaux. Dès lors, la frontière entre le bien et le mal commence sĂ©rieusement Ă  rĂ©gresser pour compromettre chaque protagoniste davantage dĂ©considĂ©rĂ©. L'avènement du chaos semble ĂŞtre la pire solution Ă  tolĂ©rer, sachant en outre que notre gardien de prison est Ă  deux doigts de se faire dĂ©masquer sur sa vĂ©ritable identitĂ© ! Chaque camp adverse (les reprĂ©sentants de l'ordre contre les marginaux pourfendeurs) va donc devoir user de ruse pour tenter de gagner la partie et ainsi prĂ©server sa propre hiĂ©rarchie. La oĂą le film gagne en intensitĂ© dramatique et suspense tranchant, c'est dans la dĂ©marche immorale et manipulatrice que se rĂ©signe chaque tĂ©moin contradictoire pour tenter de s'extraire du conflit. La tragĂ©die humaine qui en dĂ©coule est sĂ©vèrement prescrite par le sort rĂ©servĂ© Ă  ce gardien de prison dĂ©chu. Un pion meurtri devenu en l'occurrence contre sa moralitĂ© un vĂ©ritable dĂ©tenu aussi dĂ©lĂ©tère et forcenĂ© que ses voisins de cellule. Les rapports affectĂ©s qu'il entretient avec son coĂ©quipier permettent d'Ă©tablir un rapport trouble, voir empathique dans leur relation autoritaire, partagĂ©e entre sentiment d'iniquitĂ©, suspicion et vengeance. Quand au nihilisme du point d'orgue fortuit, il rĂ©fute admirablement l'esbroufe au profit d'un conclusion immorale gangrenĂ©e par l'opportunisme et la fĂ©lonie.
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Captivant et davantage haletant dans les enjeux sĂ©vèrement encourus, Cellule 211 constitue un excellent actionner subversif pour son immoralitĂ© orgueilleuse. Il s'enrichit d'un drame humain particulièrement poignant vers sa seconde partie dĂ©montrant avec acuitĂ© que l'individu lambda peut un jour bafouer sa libertĂ© pour le compte de la partialitĂ© et la vengeance. Le rĂ©alisateur tend Ă©galement Ă  souligner les conditions inhumaines entretenues chez les dĂ©tenus lorsqu'ils sont amenĂ©s Ă  contracter une pathologie en interne de leur cellule. Quand aux interprètes frappants de charisme patibulaire, Carlos Bardem et Luis Tosar mènent leur insurrection avec une virilitĂ© primale. 
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07.03.12
BM


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