vendredi 13 avril 2012

Creep


de Christopher Smith. 2004. Angleterre/Allemagne. 1h25. Avec Franka Potente, Vas Blackwood, Ken Campbell, Jeremy Sheffield, Paul Rattray, Kelly Scott, Sean Harris, Kathryn Gilfeather, Joe Anderson, Sean De Vrind.

Sortie salles France: 4 Mai 2005

FILMOGRAPHIE: Christopher Smith est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste britannique, nĂ© le 16 AoĂ»t 1970 Ă  Bristol. 2004: Creep. 2006: Severance. 2009: Triangle. 2010: Black Death
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Pour le premier film d'un rĂ©alisateur anglais aujourd'hui reconnu, Creep possĂ©dait dĂ©jĂ  suffisamment d'atouts pour convaincre l'amateur d'horreur avec ce survival cradingue illustrant les exactions d'un monstre rĂ©duit Ă  l'Ă©tat primitif. Dans la mĂŞme veine que le MĂ©tro de la Mort de Gary Sherman, Creep reflète en outre une rĂ©sonance sociale pour la caricature caustique d'une sociĂ©tĂ© individualiste dĂ©prĂ©ciant les laissĂ©s pour compte. Le PitchDans les sous-sols d'un mĂ©tro de Londres, une jeune femme assoupie se retrouve seule après la fermeture des guichets. Alors qu'un train en circulation s'arrĂŞte sur une voie adjacente, l'un de ses collègues de travail y descend et tente de la violer. Mais une prĂ©sence hostile tapie dans l'ombre s'en prend sauvagement Ă  lui.
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SĂ©rie B d'exploitation rĂ©alisĂ©e sans prĂ©tention avec un sens habile de l'angoisse diffuse, Creep tire sa force de par la verdeur d'une ambiance malsaine contrastant avec une photo criarde et le profil psychologique du tueur crapuleux, monstre de foire dĂ©shumanisĂ©. D'un script Ă©culĂ© jalonnĂ© de situations rebattues, prĂ©texte Ă  scènes chocs cinglantes et suspense lattent, ce survival sardonique (le violeur dĂ©butant son acte sexuel alors que le tueur l'enverra ad patres sans restriction !) exploite pour autant Ă  bon escient l'intĂ©rieur claustrophobique de ses dĂ©cors opaques. VĂ©ritable dĂ©dale de vastes couloirs interminables, de bouches d'Ă©gout et conduits d'aĂ©ration, le mĂ©tro londonien s'avère ici un vĂ©ritable piège Ă  claustration pour nos survivants contraints de se planquer dans les endroits les plus Ă©troits ou insalubres. 
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EmaillĂ© de sĂ©quences terrifiantes (la 1ère apparition du tueur est un authentique moment d'effroi fortuit !) et agrĂ©mentĂ© de sĂ©quences gores aussi acĂ©rĂ©es qu'explicites (le meurtre hors champ de la sdf se rĂ©vèle pourtant insupportable auprès de sa cruditĂ© viscĂ©rale !), Creep transcende son scĂ©nario orthodoxe par sa manière habile Ă  captiver le spectateur lors d'une mise en scène vigoureuse. EmbrigadĂ©s dans les rĂ©seaux d'Ă©gout ou expĂ©rimentĂ©s sur le lit d'un labo mĂ©dical rempli d'outils rubigineux, nos protagonistes sont contraints d'endurer une nuit d'effroi sous la tyrannie d'un tueur adepte de la torture sans anesthĂ©sie ! Si ce jeu du chat et de la souris se rĂ©vèle haletant et davantage intense, c'est dans sa facultĂ© Ă  retranscrire un univers sordide rĂ©gi par un tueur prĂ©alablement asservi d'un paternel sans vergogne, adepte de l'expĂ©rimentation chirurgicale. Un monstre impassible au regard stĂ©rile, contraint de se nourrir de chair humaine pour subvenir Ă  ses besoins nutritifs. Ainsi, en jouant la carte du rĂ©alisme craspec, Christopher Smith s'efforce Ă  nous authentifier cet ĂŞtre dĂ©shumanisĂ©, truffĂ© de tics convulsifs, couinant un cri laconique pour imposer sa hiĂ©rarchie autonome, dĂ©ambulant d'une dĂ©marche dĂ©gingandĂ©e vers ses victimes dĂ©boussolĂ©es. Son corps meurtri lardĂ© de contusions et cicatrices ainsi que son regard aigri dissimulant toutefois une forme de mĂ©lancolie Ă©voquant donc le sentiment que ce monstre humiliĂ© et maltraitĂ© fut autrefois esclave d'un savant fou.
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RĂ©alisĂ© avec savoir-faire, parfois vĂ©ritablement terrifiant et impressionnant de par ses effets-chocs rĂ©vulsifs, Creep s'extrait du lot traditionnel du genre sous l'impulsion de son ambiance licencieuse et l'exploitation judicieuse de son dĂ©cor ferroviaire. C'est Ă©galement dans la caractĂ©risation du tueur Ă©quivoque sans doute martyrisĂ© par un passĂ© tendancieux que Creep culmine son pouvoir morbide par le biais d'une misère humaine. Sans conteste, un des meilleurs films d'horreur des annĂ©es 2000.

*Eric Binford
Un grand merci Ă  dl4all.com
22.11.21. 
13.04.12
06.10.24. 4èx


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