vendredi 2 mai 2014

POLTERGEIST

                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site discreetcharmsandobscureobjects.blogspot.co

de Tobe Hooper. 1982. U.S.A. 1h55. Avec Heather O'Rourke, Craig T. Nelson, JoBeth Williams, Zelda Rubinstein, Dominique Dunne, Oliver Robins.

Sortie salles France: 20 Octobre 1982. U.S: 4 Juin 1982

FILMOGRAPHIE: Tobe Hooper est un réalisateur américain né le 25 Janvier 1943 à Austin (Texas)
1969: Eggshells, 1974: Massacre à la Tronçonneuse, 1977: Le Crocodile de la Mort, 1979: The Dark (non crédité), 1981: Massacre dans le Train Fantôme, 1982: Poltergeist, 1985: Lifeforce, 1986: l'Invasion vient de Mars, Massacre à la Tronçonneuse 2, 1990: Spontaneous Combustion, 1993: Night Terrors, 1995: The Manglers, 2000: Crocodile, 2004: Toolbox Murders, 2005: Mortuary, 2011: Roadmaster.


Grand classique des annĂ©es 80, Poltergeist est la rĂ©union inattendue de deux grands auteurs du cinĂ©ma fantastique, celui de Steven Spielberg attachĂ© au poste de producteur, et celui de Tobe Hooper confiĂ© Ă  la rĂ©alisation. Sans revenir sur la polĂ©mique qui entoura la vĂ©ritable paternitĂ© du mĂ©trage, on sent bien que Steven Spielberg y a apportĂ© une certaine contribution dans la caractĂ©risation idĂ©aliste d'une famille aisĂ©e cohabitant en harmonie et dans la peinture d'une paisible banlieue inscrite dans la bonhomie. Avec l'originalitĂ© d'un scĂ©nario structurĂ©, Poltergeist perdure son pouvoir attractif dans son alliage d'onirisme, d'humour et d'horreur, quand bien mĂŞme l'attachante complicitĂ© des comĂ©diens nous immerge de plein pied dans leur dĂ©sarroi. En insistant sur la cohĂ©sion de cette famille aujourd'hui dĂ©sunie, Tobe Hooper attache une grande importance Ă  dĂ©crire leur fragilitĂ© après que l'une de leur fille eut Ă©tĂ© enlevĂ©e par des esprits frappeurs. Et de quelle manière ! Retenue prisonnière via l'Ă©cran de tĂ©lĂ©vision, Carol-Anne tentera de communiquer avec ses parents afin d'implorer leur aide. A travers cette idĂ©e judicieuse, on peut notamment y dĂ©celer une mĂ©taphore sur le pouvoir de l'image et notre accoutumance Ă  rester river devant la TV ! (les parents Freeling s'endorment devant leur poste quand ils ne se disputent pas le choix d'une chaĂ®ne lorsque le voisin bĂ©nĂ©ficie d'une mĂŞme tĂ©lĂ©commande !). 


Avec l'intervention de spĂ©cialistes en parapsychologie, cette famille subitement frappĂ©e par une cause surnaturelle va devoir compter sur leur soutien afin de dĂ©busquer leur fille de l'au-delĂ . Sous couvert de l'archĂ©type de la maison hantĂ©e et des esprits frappeurs qui importunent cette aimable famille, le rĂ©alisateur met notamment en exergue une rĂ©flexion spirituelle sur la vie après la mort (non dĂ©nuĂ©e de poĂ©sie dans le discours rĂ©confortant des matriarches clairvoyantes), tout en rendant hommage Ă  nos dĂ©funts lorsque les cadavres y sont profanĂ©s. L'efficacitĂ© imparable de Poltergeist Ă©mane donc de cet habile dosage d'horreur spectaculaire (Ă  l'instar de son point d'orgue paroxystique oĂą les forces du Mal se dĂ©chaĂ®nent !), d'onirisme (certaines apparitions surnaturelles, la dimension incandescente de l'au-delĂ  !), d'humour pittoresque (la première partie privilĂ©gie le comportement cocasse des parents face au spectacle des incidents inexpliquĂ©s) et de moments d'intimisme plein de pudeur (la Spielberg touch est passĂ©e par lĂ  et le score sensible de Goldsmith intensifie l'Ă©motion fraternelle des protagonistes !). Qui plus est, la mise en scène avisĂ©e utilise habilement l'artillerie lourde des effets spĂ©ciaux sans jamais empiĂ©ter sur le fil narratif. Outre le charisme indĂ©fectible allouĂ© aux parents Freeling (Craig T. Nelson et JobBeth Williams forment un couple vertueux plein d'humilitĂ© !), le charme innocent de la petite Carol-Anne endossĂ©e par Heather O'Rourke et l'autoritĂ© maternelle de Tangina Barrons incarnĂ©e par Zelda Rubinstein apportent un supplĂ©ment crĂ©dible face Ă  cette situation de conflit paranormal ! 


Spectaculaire, impressionnant, drĂ´le et parfois terrifiant, Poltergeist n'a pas volĂ© sa rĂ©putation de grand spectacle horrifique sous couvert d'une satire sur le contrĂ´le des mĂ©dias (au final, la famille Freeling se dĂ©barrasse dĂ©finitivement du tĂ©lĂ©viseur !). Pour parachever, le savoir-faire indiscutable de Tobe Hooper (et de Steven Spielberg ?) Ă©lève(nt) l'entreprise au modèle de mise en scène ! 

Bruno Matéï
5èx

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