vendredi 3 octobre 2014

Borderland

                                                Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Notrecinema.com

de Zev Berman. 2007. Mexique/U.S.A. 1h45 (version longue). Avec Brian Presley, Rider Strong, Jake Muxworthy, Beto Cuevas, Martha Higareda, Sean Astin.

Inédit en salles en France.

FILMOGRAPHIE: Zev Berman est un réalisateur et scénariste américain.
2003: Briar Patch. 2007: Borderland.


Sorti directement en Dvd en pleine vogue du Tortur'Porn, Borderland s'inspire des méfaits authentiques d'une secte mexicaine dirigée par le gourou Adolfo Constanzo. Vers la fin des années 80, il kidnappa avec l'aide de ses disciples et de flics véreux des trafiquants de drogue pour les sacrifier lors de cérémonies. C'est à la suite de la disparition d'un jeune américain que la police Texane pu enfin découvrir leurs méthodes crapuleuses notamment mêlées au trafic de drogue. Mais afin d'éviter la prison, Adolfo Constanzo opta en dernier recours au suicide...
De manière romancĂ©e, le rĂ©cit illustre donc la virĂ©e estivale de trois touristes amĂ©ricains près de la frontière mexicaine pour profiter d'alcool et de sexe parmi les catins du coin. Alors que Ed se prend d'amitiĂ© avec une serveuse de bar, un de ses compagnons disparaĂ®t mystĂ©rieusement après avoir absorbĂ© des champignons hallucinogènes. Avec l'aide d'un policier revanchard, unique rescapĂ© d'un guet-apens commis un an au prĂ©alable par le "grand-prĂŞtre", Ed et ses amis tentent de retrouver sa trace.


A la vue de son prologue radical oĂą diverses tortures sont infligĂ©es sur un policier menottĂ© face au tĂ©moignage impuissant de son collègue, Borderland semble emprunter les sentiers balisĂ©s de l'horreur trash afin de rĂ©pugner le spectateur. La sĂ©quence extrĂŞmement violente adoptant rĂ©alisme cru et malaise diffus pour provoquer le haut-le-coeur sans cĂ©der toutefois Ă  la complaisance facile. Si ensuite la virĂ©e touristique des jeunes amĂ©ricains semble calquĂ©e sur la sĂ©rie des Hostel, l'intrigue s'avère suffisamment captivante dans la gestion du suspense et parfois alĂ©atoire dans le cheminement investigateur des hĂ©ros pour s'y laisser embarquer. Outre l'Ă©tiquette "fait-divers" estampillĂ©e lors du gĂ©nĂ©rique liminaire, Borderland s'avère d'autant plus rĂ©aliste et insensĂ© qu'il illustre avec acuitĂ© les motivations crapuleuses de vĂ©ritables psychopathes originaires d'une secte mystique. Des assassins sans vergogne fanatisĂ©s par l'Ă©thique de leur gourou qui commettront le rituel de sacrifices sur d'innocentes victimes ! Si le film insuffle une intensitĂ© Ă©motionnelle davantage Ă©prouvante, de par le sort rĂ©servĂ© Ă  deux autres victimes et par la tournure de son point d'orgue vindicatif, il le doit au caractère assez attachant des personnages pourvus de dimension humaine dans leur angoisses et leur dĂ©sespoir d'y retrouver un ami sauf (bien que dernier soit plutĂ´t mal caractĂ©risĂ© dans son Ă©tat d'esprit trop naĂŻf). En prime, l'atmosphère lourde et mystique qui règne autour de leur prĂ©sence est notamment renforcĂ©e d'une splendide photo saturĂ©e mettant en valeur les dĂ©cors exotiques d'une rĂ©gion mexicaine livrĂ©e Ă  la corruption et aux forces du Mal.


De par sa rĂ©alisation assez efficace, son interprĂ©tation plutĂ´t impliquĂ©e (mĂŞme si deux seconds-rĂ´les  - la victime juvĂ©nile en proie au sacrifice et l'amie du hĂ©ros -) demeurent discutables dans leur posture irresponsable ou irrĂ©flĂ©chie) et surtout son rĂ©alisme parfois insoutenable, Borderland se tire honorablement des situations prĂ©visibles afin de se dĂ©marquer du vulgaire Tortur'porn. Par l'entremise d'une intrigue improbable inspirĂ©e d'un authentique fait divers (comme le confirme Ă©galement le gĂ©nĂ©rique de fin explicatif), cette sĂ©rie B aussi putride que franchement malsaine demeure d'autant plus malaisante, terrifiante et surtout Ă©prouvante qu'elle amorce une intensitĂ© dramatique en crescendo lors du parcours prĂ©caire de nos hĂ©ros confrontĂ©s Ă  la symbolique sataniste d'une tribu mexicaine avide de sang frais pour tenir lieu de narcotrafic.
Pour public averti.

*Bruno
14.01.25. 3èx. Vost

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire