mardi 7 octobre 2014

Halloween 3, Le Sang du Sorcier / Halloween 3, Season of the Witch

                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant Ă  Cinemapassion.com

de Tommy Lee Wallace. 1982. U.S.A. 1h38. Avec Tom Atkins, Stacy Nelkin, Michael Currie, Dan O'herlihy, Ralph Strait

Sortie salles France: 9 Mars 1983. U.S:

BIOGRAPHIETommy Lee Wallace (nĂ© le 06/09/1949) est un rĂ©alisateur, producteur, chef accessoiriste, monteur, chef dĂ©corateur et scĂ©nariste amĂ©ricain. C'est Ă  lui que l'on doit la suite de Vampires, vous avez dit vampires ainsi que le tĂ©lĂ©-film Ca d'après Stephen King tandis qu'Halloween 3 Ă©tait son premier essai derrière la camĂ©ra. Il a Ă©galement Ă©tĂ© scĂ©nariste pour le film Amityville 2 et responsable du montage de Halloween de Carpenter.


"Je vous demande de m’croire, je vous en prie, croyez-moi ! ArrĂŞtez cette Ă©mission, je vous en supplie !
Ça continue sur la 3e chaîne, regardez, regardez la 3e chaîne ! Elle continue !
ArrĂŞtez-la, je vous en prie, pour l’amour du ciel, coupez tout !
Coupez ! Il n’y a pas de temps Ă  perdre !
Je vous en supplie, arrĂŞtez l’Ă©mission ! Coupez, arrĂŞtez, coupez… coooouuuuupeeeeeeeeeezzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Troisième volet d’une franchise aussi emblĂ©matique que celles de Freddy ou Vendredi 13, Halloween III : Le Sang du Sorcier demeure paradoxalement le plus mal-aimĂ© de la saga. Une injustice d’autant plus criante qu’il s’agit d’une variation brillante sur les racines celtiques d’Halloween. Produit avec un budget de 2 500 000 dollars, il n’en rapporta que 14 400 000 au box-office amĂ©ricain. Un score jugĂ© rĂ©prĂ©hensible parmi les dix volets, renforcĂ© par des critiques virulentes dĂ©nonçant son audace comme une trahison. Pourtant, Ă  condition de laisser de cĂ´tĂ© le modèle Carpenterien, cet Ă©cart de conduite s’impose comme l’Ă©pisode le plus couillu de la sĂ©rie !

Le Pitch: Un ancien fabricant de jouets, employĂ© par la sociĂ©tĂ© Silver Shamrock, se rĂ©fugie paniquĂ© Ă  l’entrĂ©e d’un hĂ´pital, un masque d’Halloween Ă  la main. Quelques heures plus tard, un homme en costume noir lui perfore les orbites, avant de s’immoler dans sa voiture. Le lendemain, sa fille Ellie se confie Ă  un mĂ©decin, Dan Challis, affirmant que son père se mĂ©fiait de la sociĂ©tĂ© Shamrock. Tous deux se rendent dans une bourgade californienne sous emprise, dominĂ©e par une usine gardĂ©e par des hommes Ă©trangement silencieux, et dirigĂ©e par Conal Cochran, gĂ©nial inventeur irlandais prĂŞt Ă  orchestrer… la plus grande farce meurtrière de l’histoire.

Wallace et Nigel Kneale retournent aux origines sanglantes d’Halloween : fĂŞtes paĂŻennes, rituels de mort, sacrifices humains. L’idĂ©e saugrenue d’un industriel voulant "purger" la jeunesse par une hĂ©catombe planĂ©taire devient proprement jouissive. Derrière chaque masque se cache une puce Ă©lectronique, connectĂ©e Ă  un signal tĂ©lĂ©visĂ© dĂ©clenchĂ© le soir du 31 octobre. RĂ©sultat ? Des crânes d’enfants qui fondent dans une gerbe d’insectes et de serpents. Un dĂ©lire narratif Ă  la fois absurde, macabre et terriblement menaçant, portĂ© par une ambiance glauque et poisseuse. La petite ville, figĂ©e dans un calme Ă©trange, imposant le couvre-feu Ă  ses habitants comme dans un cauchemar Orwellien.

Le score Ă©lectronique de Carpenter et Howarth injecte Ă  la pellicule une Ă©nergie sourde, funèbre, hypnotique. Tandis qu’un jingle publicitaire d’une ironie cartoonesque vient hanter le spectateur. Wallace s’empare de son script avec rage et luciditĂ©, enchaĂ®nant les pĂ©ripĂ©ties dans un montage nerveux qui prĂ©serve les secrets des effets spĂ©ciaux jusqu’Ă  leur explosion finale — notamment la mort sidĂ©rante d’un enfant, cobaye d’une dĂ©monstration funeste sous les yeux de ses parents.

Dans le rĂ´le du docteur dĂ©sabusĂ©, Tom Atkins est impeccable, incarnant la virilitĂ© fatiguĂ©e d’un homme traĂ®nant sa solitude entre deux verres, mais soudain happĂ© par l’urgence d’un mystère. Stacey Nelkin, quant Ă  elle, campe une jeune femme pugnace, mue par le deuil et la colère. Et que dire de Dan O’Herlihy, en gĂ©nie cynique et glacial ? Terrifiant dans sa vision morbide d’un Halloween rĂ©enchantĂ© par le sang des enfants.

MalgrĂ© quelques facilitĂ©s scĂ©naristiques (notamment l’infiltration Ă©clair du hĂ©ros dans le système informatique), Halloween III reste une rĂ©ussite totale. Parce qu’il ose. Parce qu’il dĂ©rape. Parce qu’il dĂ©zingue la sociĂ©tĂ© de consommation et la toute-puissance des mĂ©dias dans un final nihiliste d’une force hallucinante. La tĂ©lĂ©vision devient le vecteur d’une tuerie programmĂ©e. Le chaos s’invite sur toutes les chaĂ®nes.

Attention véritable classique.

*Bruno
18.08.23. 5èx. Vostfr
07.10.14
01.11.10


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