Photo empruntée sur Google, appartenant au site luxedb.com
de James Whale. 1931. U.S.A. 1h11. Avec Boris Karloff, Colin Clive, Mae Clarke, John Boles, Edward Van Sloan, Dwight Frye.
Sortie salles France: 17 Mars 1932. U.S: 21 Novembre 1931
FILMOGRAPHIE: James Whale est un réalisateur américain, né le 22 Juillet 1889 à Dudley en Angleterre, décédé le 29 Mai 1957 à Hollywood, Los Angeles. 1930 : La Fin du voyage (Journey's End). 1930 : Les Anges de l'enfer. 1931 : Waterloo Bridge. 1931 : Frankenstein. 1932 : Impatient Maiden. 1932 : Une soirée étrange (The Old Dark House). 1933 : The Kiss Before the Mirror. 1933 : The Invisible Man. 1933 : By Candlelight. 1934 : One More River. 1935 : La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein). 1935 : Remember Last Night. 1936 : Show Boat. 1937 : The Road Back. 1937 : Le Grand Garrick (The Great Garrick). 1938 : Port of Seven Seas. 1938 : Sinners in Paradise. 1938 : Wives Under Suspicion. 1939 : L'Homme au masque de fer (The Man in the Iron Mask). 1940 : L'Enfer vert (Green Hell). 1941 : They Dare Not Love. 1942 : Personnel Placement in the Army. 1950 : Hello Out There.
Avant-propos:
"On dit souvent que la Fiancée de Frankenstein est un meilleur film, mais il y a quelque chose de pur par rapport à l'original. C'est comme explorer un territoire où l'homme n'est jamais allé. L'austérité de la mise en scène et l'absence de musique en font une expérience très onirique. Bien sûr, l'artificialité du film est très prononcée, avec ces studios visibles et une direction artistique évidente, mais je vois une pureté romantique dans son approche de l'horreur. Et bien sûr, la performance de Karloff est phénoménale. Je pense qu'il s'agit de la meilleure version de Frankenstein, même s'il en existe des plus opulentes et des plus complexes. C'est amusant, pendant longtemps, La Fiancée de Frankenstein a été mon épisode favori. Les goûts évoluent, et j'ai fini par embrasser la simplicité de l'original." Joe Dante.
Film mythique s'il en est, inaugurant l'âge d'or des monstres de la Universal, Frankenstein demeure, à mes yeux, un chef-d'œuvre incontournable du cinéma fantastique, dont la puissance évocatrice n'a toujours pas été égalée. Exception faite, peut-être, de la série Penny Dreadful, qui approfondit avec une remarquable intensité dramatique la solitude et le désarroi de la créature.
Outre son concept singulier, emprunté au roman de Mary Shelley, qui voit un savant donner vie à un être constitué de morceaux de cadavres, le film puise sa force d'évocation dans l'interprétation magistrale de Boris Karloff, sublimée par les maquillages de Jack Pierce. Pourvu d'une stature imposante, d'une démarche hésitante, d'un front carré et d'un regard abattu, l'acteur se fond littéralement dans la peau du monstre, lui insufflant une présence troublante, tour à tour empreinte de terreur, de vulnérabilité et de compassion.
À ce titre, impossible d'oublier la séquence bouleversante où la créature partage un instant d'innocence avec une petite fille, avant qu'un drame inéluctable ne vienne briser cette fragile parenthèse de bonheur. Toute la force dramatique du récit réside dans cette quête identitaire d'un être qui découvre le monde sans en comprendre les codes, condamné à la solitude et au rejet. Victime de la mégalomanie d'un savant incapable d'assumer sa responsabilité envers sa propre création, la créature devient le reflet des peurs et de l'intolérance humaines. Quant à Colin Clive, il incarne un docteur Frankenstein littéralement habité par sa folie créatrice, dont le regard fiévreux - inoubliable - traduit l'obsession dévorante.
À travers le destin tragique de cet être abandonné, James Whale interroge ainsi la responsabilité du créateur envers sa création, mais aussi, plus largement, celle du parent envers l'enfant qu'il met au monde. Privée d'éducation, de repères et d'affection, la créature se retrouve livrée à elle-même, incapable de distinguer pleinement le bien du mal dans un monde qui ne lui témoigne que méfiance, intolérance et cruauté.
Œuvre charnière du cinéma horrifique, Frankenstein tire également sa force de sa mise en scène expressionniste, de son noir et blanc aux éclairages crépusculaires et de son atmosphère gothique, qui confèrent au récit une dimension presque funèbre. Porté par la présence inusitée de Karloff, le film transcende les conventions du cinéma d'épouvante pour nous livrer le portrait poignant d'un être en quête d'amour et de reconnaissance, condamné à devenir un monstre aux yeux de ceux qui refusent de le comprendre.
— Celui du cœur noir des images 🖤
Œuvre charnière du cinéma horrifique, Frankenstein tire également sa force de sa mise en scène expressionniste, de son noir et blanc aux éclairages crépusculaires et de son atmosphère gothique, qui confèrent au récit une dimension presque funèbre. Porté par la présence inusitée de Karloff, le film transcende les conventions du cinéma d'épouvante pour nous livrer le portrait poignant d'un être en quête d'amour et de reconnaissance, condamné à devenir un monstre aux yeux de ceux qui refusent de le comprendre.
— Celui du cœur noir des images 🖤
3èx




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