de Wes Craven. 1997. U.S.A. 2h01. Avec Neve Campbell, Courteney Cox, David Arquette, Jamie Kennedy, Jerry O'Connell, Elise Neal, Liev Schreiber, Timothy Olyphant, Sarah Michelle Gellar.
Sortie salles France: 8 Juillet 1998. U.S: 12 Décembre 1997
FILMOGRAPHIE: Wesley Earl "Wes" Craven est un réalisateur, scénariste, producteur, acteur et monteur né le 2 Aout 1939 à Cleveland dans l'Ohio. 1972: La Dernière maison sur la gauche, 1977: La Colline a des yeux, 1978: The Evolution of Snuff (documentaire), 1981: La Ferme de la Terreur, 1982: La Créature du marais, 1984: Les Griffes de la nuit, 1985: La Colline a des yeux 2, 1986: l'Amie mortelle, 1988: l'Emprise des Ténèbres, 1989: Schocker, 1991: Le Sous-sol de la peur, 1994: Freddy sort de la nuit, 1995: Un Vampire à brooklyn, 1996: Scream, 1997: Scream 2, 1999: la Musique de mon coeur, 2000: Scream 3, 2005: Cursed, 2005: Red eye, 2006: Paris, je t'aime (segment), 2010: My soul to take, 2011: Scream 4.
SĂ©quelle bankable, Scream 2 poursuit sa cavalcade mĂ©ta sous la houlette d’un auteur toujours aussi inspirĂ©. Wes Craven interroge ici la nĂ©cessitĂ© des suites lucratives et de leur merchandising vorace, lorsque les producteurs sans scrupule exploitent l’appât du fait-divers crapuleux pour divertir prioritairement un public adolescent.
Ă€ l’instar de son modèle, le film s’ouvre sur un prologue d’une cruautĂ© Ă©quivalente : un couple de spectateurs est pris Ă partie par le tueur masquĂ© en pleine projection de Stab, adaptation cinĂ©matographique du premier Scream. Craven a pris soin de nourrir plus tĂ´t leur lien amoureux afin d’irriguer l’empathie au moment du massacre. Par ce vertigineux “film dans le film”, il orchestre une mise en abyme oĂą le public, devenu tĂ©moin d’un vĂ©ritable assassinat, demeure aphone, incapable de distinguer la fiction qu’il acclame du rĂ©el qui s’invite dans la salle. La tragĂ©die du quotidien vient alors fissurer l’illusion et rappeler Ă l’ordre la conscience fascinĂ©e d’un jeune public en Ă©moi.
Au-delĂ de sa rĂ©flexion sur le pouvoir de l’image et l’influence possible de la violence cinĂ©matographique sur des esprits fragiles, l’intrigue pointe aussi l’aviditĂ© de la cĂ©lĂ©britĂ©. Les journalistes sans scrupule et surtout Cotton Weary - injustement accusĂ© par Sidney dans le premier opus - cherchent Ă reconquĂ©rir une rĂ©putation souillĂ©e sous le feu des projecteurs. Les rĂ©fĂ©rences abondent, du psycho-killer au giallo, multipliant faux coupables et rebondissements lorsqu’un nouveau meurtrier dĂ©cide d’imposer sa signature Ă cette suite sanglante pour tourmenter encore Sidney Prescott et son entourage.
Avec inventivitĂ© et cruautĂ© sardonique, Craven façonne de nouvelles sĂ©quences d’angoisse, dynamiques et nerveuses, oĂą le tueur, toujours malhabile, trĂ©buche dans sa traque - manière ironique de dĂ©tourner les codes du genre et de railler les poncifs des suites Ă rallonge, vengeance comprise et coupable bicĂ©phale Ă la clĂ©. Le point d’orgue, jubilatoire, se dĂ©ploie dans une scĂ©nographie théâtrale aux contrecoups en cascade, rĂ©vĂ©lant l’envers du dĂ©cor et les artifices cinĂ©gĂ©niques que le cinĂ©aste manipule avec une ironie ludique.
On saluera Ă©galement la complicitĂ© naturelle des comĂ©diens, dont la cohĂ©sion renforce l’attachement, tandis que Courteney Cox humanise sa journaliste cupide d’une nuance plus sensible, presque romantique, face Ă la dramaturgie qui la dĂ©passe.
Diablement fun, menĂ© avec un rythme sans faille, Scream 2 renouvelle son ironie avec perspicacitĂ© et nous renvoie Ă notre propre responsabilitĂ© morale : savoir distinguer la fiction de la violence rĂ©elle, lĂ oĂą Hollywood n’hĂ©site jamais Ă recycler le fait-divers pour nourrir ses machines lucratives.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
Scream 4: http://brunomatei.blogspot.com/2011/04/scream-4.html




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