lundi 10 août 2015

DEATH SENTENCE

                                                                       Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site allocine.fr

de James Wan. 2007. U.S.A. 1h45. Avec Kevin Bacon, Garrett Hedlund, Kelly Preston, Aisha Tyler, John Goodman, Jordan Garrett, Stuart Lafferty, Matt O'Leary.

Sortie salles France: 16 Janvier 2008. U.S: 31 Août 2007

FILMOGRAPHIE: James Wan est un producteur, réalisateur et scénariste australien né le 27 Février 1977 à Kuching (Malaisie), avant de déménager à Perth (Australie).
2004: Saw, 2007: Dead Silence, Death Sentence, 2010: Insidious. 2013: The Conjuring. 2013: Insidious 2.


Pur hommage au Vigilante Movie, James Wan ne rĂ©invente rien avec Death Sentence, le film Ă©pousant une structure narrative Ă©culĂ©e avec cet aimable père de famille reconverti en exterminateur depuis la mort tragique de sa famille. Il compte donc sur l'efficacitĂ© des sĂ©quences d'actions remarquablement exĂ©cutĂ©es (Ă  l'instar de cette poursuite filmĂ©e en plan-sĂ©quence en interne d'un parking !) et enchaĂ®nĂ©es sur un rythme sans faille, et sur l'interprĂ©tation poignante de Kevin Bacon, parfaitement charismatique dans celui du cadre sombrant peu Ă  peu dans la folie meurtrière par regain de rancoeur. En savourant cette sĂ©rie B menĂ©e avec savoir-faire, les amateurs du genre se remĂ©moreront avec nostalgie les pĂ©loches d'exploitation qui pullulaient Ă  l'aube des annĂ©es 80, particulièrement Le Droit de Tuer, Vigilante, Un justicier dans la ville 2 et le Justicier de Minuit pour en citer les plus notoires


Outre son action Ă©chevelĂ©e et son ultra violence jouissive Ă©manant du comportement vindicatif de rivaux incapables de s'amnistier, Death Sentence fait Ă©galement preuve d'une intensitĂ© dramatique poignante lorsqu'un père de famille se retrouve tĂ©moin de la mort de son fils. De brèves sĂ©quences intimistes (la scène de l'hĂ´pital oĂą les parents apprennent le deuil de leur fils aĂ®nĂ©, la sĂ©quence de la douche lorsque Nick se met Ă  fondre en larme, l'Ă©treinte du couple rĂ©unit dans la cave) faisant preuve de pudeur sont aussi mises en exergue pour illustrer la douleur insurmontable de Nick confrontĂ© Ă  la violence aveugle d'une criminalitĂ© urbaine depuis la dĂ©mission d'une juridiction laxiste. On peut d'ailleurs approuver la prĂ©sence bicĂ©phale de Kevin Bacon insufflant Ă  son personnage en berne une sobre dimension humaine, notamment lors de son premier homicide quand il constate avec autant d'effroi que de dĂ©goĂ»t la perversion de sa première pulsion morbide. Le film illustrant avec beaucoup d'efficacitĂ© sa lente descente aux enfers vers l'auto-justice et sa responsabilitĂ© immorale Ă  prĂ´ner la meurtre depuis les consĂ©quences dramatiques du destin de sa famille. Hormis son ossature narrative Ă©prouvĂ©e, James Wan parvient tout de mĂŞme Ă  insĂ©rer quelques sĂ©quences inattendues, Ă  l'instar de la confrontation improvisĂ©e entre Nick et le père de l'assassin (un vendeur illicite d'armes que John Goodman endosse avec une ambiguĂŻtĂ© sociopathe !) alors que ce dernier n'hĂ©sitera pas Ă  lui avouer sa dĂ©mission parentale. Il y a aussi cette posture quasi ironique et dĂ©sespĂ©rĂ©e d'observer Nick et son ennemi assis dans un canapĂ© après leurs Ă©changes de tir, quand bien mĂŞme ce dernier lui fait constater Ă  quel point il est devenu l'ennemi qu'il combattait depuis sa dĂ©liquescence criminelle.


MenĂ© avec un implacable savoir-faire dans sa mise en scène nerveuse d'une camĂ©ra très mobile, Death Sentence joue la carte du divertissement ultra violent en exploitant nos bas instincts rĂ©actionnaires. Il en Ă©mane un hommage sincère et intelligent pour le genre (le film n'approuvant jamais l'apologie de l'auto-justice) avec l'appui d'un inquiĂ©tant Kevin Bacon dans sa stature fragilisĂ©e d'anti-hĂ©ros pourfendeur. 

Bruno Matéï
2èx

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