lundi 17 août 2015

Splice

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com

de Vincenzo Natali. 2009. U.S.A/France/Canada. 1h44. Avec Adrien Brody, Sarah Polley, David Hewlett, Delphine Chanéac, Brandon McGibbon, Simona Maicanescu.

Sortie salles France: 30 Juin 2010. U.S: 4 Juin 2010

FILMOGRAPHIE: Vincenzo Natali est un réalisateur, scénariste et producteur canadien, né le 6 Janvier 1969 à Détroit, Michigan. 1997: Cube. 2002: Cypher. 2003: Nothing. 2009: Splice. 2013: Haunter.


(Sempiternelle) Mise en garde contre les manipulations gĂ©nĂ©tiques Ă  des fins mĂ©dicales, Splice empreinte ce thème d'anticipation afin d'y façonner une sĂ©rie B aussi efficace que bougrement inquiĂ©tante eu Ă©gard de son aura de souffre permĂ©able. Le PitchAfin de favoriser la recherche mĂ©dicamenteuse, un couple de chercheurs joue aux apprentis-sorciers en combinant l'ADN humain avec celui de divers animaux. Il en rĂ©sulte une crĂ©ature hybride mi-humaine, mi-animale que le duo dĂ©cide de confiner dans la grange de leur foyer. PrĂ©nommĂ© Dren, cette dernière adopte un comportement toujours plus agressif depuis sa claustration, quand bien mĂŞme les rapports du couple de scientifiques s'avèrent houleux face Ă  leur situation devenue ingĂ©rable. Sous couvert de science-fiction alarmiste, le rĂ©alisateur de Cube  exploite fort efficacement le mythe du savant fou sous l'impulsion d'un suspense soutenu quant Ă  l'Ă©volution morale (puis physique) de la crĂ©ature et de nos apprentis sorciers ne sachant plus distinguer le bien du mal. Par le biais d'effets spĂ©ciaux numĂ©riques incroyablement rĂ©alistes, Splice insuffle un indĂ©niable pouvoir de fascination pour l'attrait immaculĂ© du cobaye androgyne chamarrĂ© d'un regard sensuel aussi diaphane qu'anxiogène. 


Le rĂ©alisateur accordant notamment avec soin documentĂ© d'y dĂ©peindre les diverses Ă©tapes de sa transformation, de sa gestation Ă  sa maturitĂ©. Outre l'aspect attractif de cette dĂ©couverte rĂ©volutionnaire tenant lieu de situations tantĂ´t tendres, tantĂ´t cocasses, l'intrigue met en parallèle les rapports Ă©quivoques du couple de chercheurs bravant les lois et leur Ă©thique pour parfaire leur intĂ©rĂŞt personnel (la quĂŞte de cĂ©lĂ©britĂ©) et mĂ©dical (notamment afin de crĂ©er un vaccin contre Alzheimer). Par consĂ©quent, de par leurs expĂ©riences frauduleuses y Ă©mane un comportement malsain bâti sur le mensonge, la trahison et mĂŞme l'adultère lorsque la sexualitĂ© commence Ă  susciter chez l'un d'eux un dĂ©sir irrĂ©pressible d'expĂ©rience nouvelle avec l'Ă©tranger. Et donc, Ă  travers leur autoritĂ© contradictoire dĂ©nuĂ©e de repère dans leur Ă©thique anti manichĂ©enne, et l'attitude toujours plus farouche de Dren, une tension palpable commence Ă  s'irriguer autour d'eux, quand bien mĂŞme le spectateur, conscient de leur tardive prise de conscience redoute une issue dramatique. Parfois angoissant, voir mĂŞme flippant auprès de la posture imprĂ©visible de la crĂ©ature plus vraie que nature, Splice n'en demeure pas moins passionnant et empathique de par le caractère attachant des amants en perdition (Adrien Brody et Sarah Polley provoquent une Ă©paisseur psychologique davantage sentencieuse dans leurs accès de remords et quĂŞte dĂ©sespĂ©rĂ©e de rĂ©demption) . Sans compter l'aspect onirique de certaines sĂ©quences crĂ©pusculaires (particulièrement le final Ă  la dramaturgie homĂ©rique) qu'une crĂ©ature en mutation progressive instaure en nouvelle icone du bestiaire fantastique.


A la fois malsain, inquiĂ©tant et parfois mĂŞme Ă©tonnamment pervers, Splice parvient surtout Ă  conjuguer avec intelligence suspense, tension, Ă©motion, apprĂ©hension et tendresse autour des agissements vĂ©reux du trio maudit. Tant au niveau de leur amour maternel que de la montĂ©e progressive du danger engendrant de façon insidieuse le ressort du sacrifice. Outre l'alchimie romantique du duo infortunĂ© se disputant la vedette avec rigueur dramatique, l'oeuvre fĂ©tide est toutefois contrebalancĂ©e d'un sens de l'Ă©merveillement en la prĂ©sence ambivalente de Dren, victime hybride malencontreusement enfantĂ©e par le genre humain.

*Bruno
08.04.23. 3èx 
17.08.15 / 02.11.10 - 70v

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