lundi 3 août 2015

Esther / Orphan

                                                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jaume Collet-Sera. 2009. France/Allemagne/Canada.U.S.A. 2h03. Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Fuhrman, Jimmy Bennett, CCH Pounder, Margo Martindale, Karel Roden, Aryana Engineer.

Sortie salles France: 30 Décembre 2009

FILMOGRAPHIE: Jaume Collet-Serra est un réalisateur catalan, né le 23 Mars 1974 à Barcelone.
2005: La Maison de Cire. 2007: Goal 2: La Consécration. 2009: Esther. 2011: Sans Identité. 2014: Non-Stop. 2015: Run all Night.


Prenant pour thème l'enfant meurtrier, Esther mise sur le divertissement calibrĂ© Ă  partir d'un scĂ©nario charpentĂ© faisant preuve de montĂ©e en puissance du suspense et de violence rigoureuse Ă©tonnamment jusqu'au-boutiste pour une production PG-13. 

SynopsisAprès la perte de leur 3è enfant, un jeune couple dĂ©cide d'adopter une orpheline native de Russie, Esther. Rapidement, de nombreux incidents intentent Ă  la tranquillitĂ© de la famille Coleman, quand bien mĂŞme la mère commence Ă  porter des suspicions sur la petite Ă©trangère. 

"Plus rĂ©ussi est le mĂ©chant, plus rĂ©ussi sera le film", dixit Alfred Hitchcock, et on peut dire que chez Esther nous tenons lĂ  un fameux spĂ©cimen de psychopathe en jupe courte. Impassible, insidieuse et glaçante d'austĂ©ritĂ©, Isabelle Fuhrman porte le film sur ses Ă©paules du haut de ses 12 ans tant elle impressionne Ă  provoquer l'Ă©moi lors de ses stratĂ©gies dĂ©lĂ©tères, l'Ă©bauche de ses exactions s'avĂ©rant toujours plus couillue et ambitieuse. Nanti d'un regard noir d'une intensitĂ© dĂ©rangeante; cruelle et impitoyable lorsqu'elle s'adonne aux meurtres, l'actrice provoque d'autant plus la gĂŞne dans sa condition infantile immorale (notamment son jeu de sĂ©duction incestueux entretenu avec le père) dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  influencer les rejetons de sa nouvelle famille pour mieux parfaire son dessein.


De par l'efficacitĂ© du scĂ©nario, le savoir-faire de sa rĂ©alisation maĂ®trisĂ©e et le jeu spontanĂ© des comĂ©diens, Esther parvient Ă  captiver, notamment parmi l'habiletĂ© Ă  laquelle fait preuve Jaume Collet-Sera d'y prĂ´ner les ressorts psychologiques d'une famille en perdition. L'ambition majeure d'Esther Ă©tant d'inciter l'entourage familial Ă  Ă©carter la mère afin de mieux influencer le père dans une relation d'ordre affective (pour ne pas dire sentimentale !). Ce qui donne lieu Ă  des affrontements psychologiques plutĂ´t intenses lorsque Kate Coleman tente de prouver Ă  sa thĂ©rapeute et surtout Ă  son Ă©poux qu'Esther est devenue une menace lĂ©tale auprès de sa famille. Bien entendu, du fait du passĂ© alcoolique de cette dernière ayant failli causĂ© la mort de sa fille, et Ă  cause de sa maternitĂ© infĂ©conde la plongeant dans un dĂ©sĂ©quilibre moral, John Coleman tend Ă  protĂ©ger Esther malgrĂ© des Ă©pisodes accidentels toujours plus alarmants. Outre la tension psychologique qui Ă©mane de leurs rapports discordants, l'intrigue met Ă©galement en appui des rebondissements incisifs autour de l'identitĂ© d'Esther tout en insufflant un suspense exponentiel quant Ă  la survie de la famille. LĂ  encore le cinĂ©aste fait preuve d'audace Ă  mettre en pratique une violence graphique perpĂ©trĂ©e par une fillette dĂ©saxĂ©e auquel les sentiments de haine, de rancoeur et de jalousie atteindront leur apogĂ©e lors du point d'orgue tragico-explosif.


Etonnamment violent et cruel (notamment parmi le tĂ©moignage infantile involontairement complice), Esther s'impose en exercice de style tendu (jouer avec nos nerfs avec une efficacitĂ© retorse) pour y vanter une sĂ©rie B horrifique fertile en rebondissements et pĂ©ripĂ©ties criminelles. Avec la plus-value Vera Farmiga exprimant un jeu viscĂ©ral de pugnacitĂ© rĂ©voltĂ©e et aparmi l'icone dĂ©moniale  Isabelle Fuhrman, leur inimitiĂ© de longue haleine constitue l'attraction Ă©motionnelle d'un jeu d'autoritĂ© irrĂ©ductible. Excellent divertissement (Ă©tonnamment) rosse donc Ă  la photo d'autant plus chiadĂ©e auprès d'une luminositĂ© sĂ©pia nuancĂ©e. 

*Bruno
16.12.24. 3èx. Vost  

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