lundi 12 octobre 2015

La Morsure / The Bite

                                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site swlove.ca

"Curse 2: The Bite" de Frederico Prosperi. 1989. Italie/U.S.A/Japon. 1h38. Avec Jill Schoelen, J. Eddie Peck, Jamie Farr, Savina Gersak, Marianne Muellerleile.

Sortie salles: 15 Février 1990

FILMOGRAPHIE
: Frederico Prosperi est un réalisateur, scénariste et producteur italien.
1989: La Morsure.


Petite sĂ©rie B sans prĂ©tention bien connue des rats des vidĂ©os-clubs des annĂ©es 80, La Morsure est une co-production italo-amĂ©ricano-japonaise, l'unique rĂ©alisation de Frederico Prosperi (Ă  ne pas confondre avec Franco Prosperi, rĂ©alisateur de Les BĂŞtes FĂ©roces attaquent). S'inspirant de la Mouche sorti 3 ans au prĂ©alable, ce film d'exploitation particulièrement maladroit dans sa rĂ©alisation, ses situations aussi foutraques qu'improbables et le dĂ©veloppement stĂ©rile des personnages puise l'essentiel de son intĂ©rĂŞt dans la qualitĂ© des FX confectionnĂ©s par l'artisan Screaming Mad George et par son accumulation (immodĂ©rĂ©e) de pĂ©ripĂ©ties complètement hallucinĂ©es. Le maĂ®tre des maquillages s'en donnant Ă  coeur joie pour insister sur les dĂ©tails crapoteux d'une mĂ©tamorphose imbitable rongĂ©e par la nĂ©crose. LinĂ©aire, le scĂ©nario se focalise sur la lente dĂ©gradation physique (et parfois morale pour ses actes de violence incontrĂ´lĂ©e) d'un jeune touriste depuis sa morsure Ă  la main d'un reptile d'origine inconnue. 


Alors que le médecin part à sa recherche, faute de lui avoir inoculé le le mauvais antidote, sa compagne tente désespérément de le rejoindre depuis son arrestation policière. Une intrigue sommaire que le cinéaste illustre avec beaucoup de naïveté, de par l'attitude puérile des personnages (la VF proprement horripilante rajoutant dans le ridicule des situations), des incohérences parfois compromises par les ellipses et d'une gestion narrative malhabile (Frederico Prosperi ne sachant absolument pas structurer son histoire, aussi futile soit-elle !). Si l'improbabilité du concept peut prêter à rire (un serpent se met à germer dans le bras de la victime avant de proliférer de l'intérieur de son corps), la résultante émétique à l'écran nous provoque une fascination malsaine au fil d'une progression dramatique en crescendo. De par l'efficacité de l'imagerie crapoteuse ne lésinant pas sur les détails infectieux, le climat méphitique qui y règne préserve constamment notre attention, notamment par le biais intermittent de dérives gores à l'italienne. Et si la relation désoeuvrée des amants tombe à plat, faute d'une caractérisation dénuée d'intensité, on se prend néanmoins d'une futile compassion pour eux. En priorité pour la victime sévèrement martyrisée par sa condition reptilienne, d'autant plus contrainte de s'exiler depuis l'injustice de son emprise meurtrière et de l'impuissance de l'entourage.


BourrĂ© de dĂ©fauts, de maladresses, de dialogues et tronches Ă  la fois affligeants et risibles, La Morsure s'extirpe pourtant miraculeusement de la mĂ©diocritĂ© grâce Ă  son climat fĂ©tide irrĂ©sistiblement fascinant, son charme bisseux et la facture tantĂ´t homĂ©rique, tantĂ´t cradingue des sĂ©quences-chocs et mĂ©tamorphoses protĂ©iformes. Un spectacle totalement dĂ©bridĂ© donc au goĂ»t de souffre palpable si bien que la gĂ©nĂ©ration 80 parviendra Ă  nouveau Ă  s'extasier auprès de ce concept aussi vrillĂ© que jouissif. 

Dédicace à Cédric Pichard
*Bruno
17.02.23. 4èx

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