de William Brent Bell. 2016. U.S.A. 1h37. Avec Lauren Cohan, Rupert Evans, Jim Norton, Diana Hardcastle, Ben Robson, James Russell
Sortie salles France: 27 Janvier 2016. U.S: 22 Janvier 2016
FILMOGRAPHIE: William Brent Bell est un réalisateur, scénariste et producteur américain. 2016: The Boy. 2013: Wer. 2012: Devil Inside. 2006: Stay Alive. 1997: Sparkle and Charm.
Surfant sur le succès d’Annabelle, William Brent Bell exploite les
thématiques de la poupée diabolique et du deuil infantile à travers un
parti pris étonnamment sobre, respectueux, bien plus sincère et
convaincant qu’attendu. Il joue la carte du premier degré, dans une
volonté assumée de renouer avec une épouvante à l’ancienne, intimement
liée au surnaturel.
Fraîchement débarquée dans un manoir anglais pour y occuper un poste de baby-sitter, une jeune Américaine subit les caprices d’un couple de retraités ayant substitué leur enfant défunt par une poupée de porcelaine. Au fil des jours, Greta entretient une relation étrange avec le mannequin, au point de se persuader qu’elle est en présence du fantôme du fils Heelshire.
Série B ludique bâtie sur l’efficacité d’un suspense latent irrésistiblement envoûtant, The Boy surprend par sa modestie, préférant ciseler une atmosphère d’inquiétude plutôt que céder à la surenchère. Formellement soigné - entre une photographie désaturée élégante et des décors gothiques raffinés - le film recentre son intrigue sur les rapports intimistes entre la baby-sitter et sa poupée. Sans chercher à provoquer par des procédés spectaculaires éculés, The Boy repose sur l’interrogation constante d’une poupée potentiellement diabolique et sur l’aura feutrée d’une demeure vétuste, écrin d’un passé tragique occulté. Rehaussé par le jeu doux et nuancé de Lauren Cohan, dont la présence maternelle crédibilise les situations anxiogènes, le récit gagne en trouble lorsque son personnage cède à une foi occulte. Par son obstination à croire à l’improbable, le film invite le spectateur à faire de même, porté par une mise en scène scrupuleuse observant ces rapports avec une empathie dérangeante. Émaillé d’idées parfois astucieuses - la larme sur la joue de Brahms - le réalisateur s’efforce de narrer son histoire à travers le simulacre, maintenant l’expectative jusqu’à une révélation finale détonante. Malgré quelques clichés infiltrés, The Boy finit par être haletant, malsain et terrifiant à travers son effet de surprise résolument impressionnant.
Série B horrifique inopinément adulte, désireuse de bâtir un récit surnaturel plus finaud que le tout-venant mainstream, The Boy séduit par l’intégrité d’un réalisateur attentif à l’évolution morale de personnages tourmentés, en proie à un surnaturel plus vrai que nature.
— le cinéphile du cœur noir 🖤
06.02.26. 2èx. VF. Videoprojo




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