lundi 22 août 2016

GREYSTOKE, LA LEGENDE DE TARZAN

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site impawards.com 

"Greystoke: The Legend of Tarzan, Lord of the Apes" de Hugh Hudson. 1984. Angleterre. 2h15. Avec Christophe Lambert, Ralph Richardson, Ian Holm, James Fox, Andie MacDowell, Cheryl Campbell, Ian Charleson, Nigel Davenport.

Sortie salles France: 3 Octobre 1984. U.S: 30 Mars 1984

FILMOGRAPHIEHugh Hudson est un réalisateur britannique né le 25 août 1936 à Londres.
1981 : Les Chariots de feu. 1984 : Greystoke, la légende de Tarzan. 1985 : Révolution. 1989 : Le Carrefour des Innocents. 1995 : Lumière et Compagnie (Doc). 1999 : My Life So Far. 2000 : Je rêvais de l'Afrique. 2016: Altamira.


Hymne Ă  la vie, Ă  la faune et Ă  la flore dans son cadre le plus humble et authentique, Greystoke, la LĂ©gende de Tarzan transcende toutes les versions portĂ©es Ă  l'Ă©cran d'après le cĂ©lèbre roman d'Edgar Rice Burroughs. A contre-emploi d'une lignĂ©e de divertissements de sĂ©ries B immortalisĂ©es par l'acteur Johnny Weissmuler, Greystoke imprime avec sa mise en scène classieuse une aventure flamboyante sous l'impulsion d'un souffle romanesque tantĂ´t bouleversant. Si la première partie Ă©pique condense en 50 minutes la jeunesse primitive de notre hĂ©ros Ă©duquĂ© par les singes en forĂŞt africaine, le second acte plus grave bifurque vers le drame existentiel lorsque John Clayton est accueilli dans la riche propriĂ©tĂ© de son grand-père aristocrate.


Outre sa petite romance partagĂ©e avec Miss Jane Porter et sa grande amitiĂ© nouĂ©e avec Philippe D'Arnot, John s'efforce de trouver un centre d'intĂ©rĂŞt Ă  sa nouvelle condition humaine depuis le comportement matĂ©rialiste de l'homme esclave de son confort. RĂ©flexion sur notre cupiditĂ© humaine Ă  cultiver le profit sous toutes ses coutures et en exploitant les plus faibles, Greystoke se porte Ă©galement garant de la cause animale lorsque la haute bourgeoisie se soumet d'empailler des animaux pour les exhiber fièrement dans leurs musĂ©es d'histoire. Irrespectueux et meurtrier envers l'animal, l'homme moderne se dĂ©voile sous les yeux de Greystoke comme un charlatan mĂ©galo dĂ©nuĂ© de sens moral. Au-delĂ  des comĂ©diens notoires issus de l'ancienne (Ralph Richardson; Ian Holm) et la nouvelle gĂ©nĂ©ration (la sĂ©millante Andie MacDowell du haut de ses 26 ans !), Christophe Lambert constitue LA rĂ©vĂ©lation du film tant celui-ci parvient Ă  donner chair Ă  l'homme-singe avec une vĂ©ritĂ© humaine aussi vibrante que bouleversante. Tant pour son talent du mimĂ©tisme primal que de son expressivitĂ© mĂ©lancolique Ă  travers la chaleur de son regard candide.


Avec ses dĂ©cors grandioses de forestation sauvage et l'architecture baroque d'un royaume monarque; Greystoke Ă©tablit un saisissant contraste entre l'ancienne et notre nouvelle civilisation. A travers le tĂ©moignage candide d'un homme singe pĂ©tri de valeurs et dĂ©fĂ©rence pour sa famille (celle des primates), Greystoke tend Ă  faire Ă©cho Ă  la citation de Ghandi ("on reconnait la grandeur d'une nation Ă  la manière dont elle traite les animaux") pour fustiger la cruautĂ© de l'homme moderne envers son descendant. Une oeuvre magnifique Ă©maillĂ©e d'intenses fragments dramatiques sous l'impulsion lyrique du thème classique de John Scott et du jeu viscĂ©ral de Christophe Lambert.  

B-M. 3èx

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