vendredi 4 novembre 2016

LA MAIN SUR LE BERCEAU. Grand Prix, Cognac 92.

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site subscene.com

"The Hand That Rocks the Cradle" de Curtis Hanson. 1992. 1h50. Avec Annabella Sciorra, Rebecca De Mornay, Matt McCoy, Ernie Hudson, Julianne Moore, Madeline Zima, John de Lancie

Sortie salles France: 9 Septembre 1992. U.S: 10 Janvier 1992

FILMOGRAPHIE: Curtis Hanson, né le 24 mars 1945 à Reno (Nevada) et mort le 20 septembre 2016 à Los Angeles (Californie), est un réalisateur, producteur et scénariste américain. 1973 : Sweet Kill. 1980 : The Little Dragons. 1983 : American Teenagers. 1987 : Faux témoin. 1990 : Bad Influence. 1992 : La Main sur le berceau. 1994 : La Rivière sauvage. 1997 : L.A. Confidential. 2000 : Wonder Boys. 2002 : 8 Mile. 2005 : In Her Shoes. 2007 : Lucky You. 2012 : Chasing Mavericks (coréalisé avec Michael Apted).


En pleine vogue du thriller Ă©rotico-horrifique initiĂ© par Liaison fatale et Basic Instinct, La Main sur le Berceau fit sensation au festival de Cognac si bien qu'il remporte le Grand Prix, le Prix d'interprĂ©tation FĂ©minine pour Rebecca De Mornay et le Prix du Public durant l'annĂ©e de sa sortie. A la suite du suicide de son Ă©poux gynĂ©co dĂ©noncĂ© par une de ses patientes pour attouchements sexuels, sa dĂ©funte Ă©pouse dĂ©cide de se faire passer pour une nourrice auprès de cette dernière afin de se venger. A partir de ce pitch limpide prĂ©figurant un divertissement formatĂ© bâti sur l'efficacitĂ© de confrontations tendues entre une nurse psychotique et une famille prĂ©venante, Curtis Hanson Ă©lude adroitement les conventions dans sa facultĂ© d'instaurer un suspense latent au fil progressif d'une vengeance circonspecte. EpaulĂ© de la prestance dĂ©sarmante de naturel de Rebecca De Mornay littĂ©ralement habitĂ©e par sa fonction sournoise et par sa haine contenue (si on Ă©lude son accès de fureur extĂ©riorisĂ©e dans les toilettes et sa punition expĂ©ditive finale !), La Main sur le Berceau cultive des situations particulièrement cohĂ©rentes.


De par la perversitĂ© de cette mĂ©gère experte en art de la manipulation, de l'humiliation (la scène de la surprise-party) et du chantage jusqu'aux stratĂ©gies meurtrières (le piège Ă  verre dans la serre, les inhalateurs d'asthme vidĂ©s de leur gaz). Tant auprès du domestique dĂ©ficient (la proie la plus facile Ă  incriminer) que du couple Bartel et de leurs enfants inĂ©vitablement naĂŻfs d'apprivoiser sa fausse bonhomie. Cette dernière usant notamment de son charme raffinĂ© et de son regard azur pour endormir ses victimes dans un jeu tacite de sĂ©duction. Grâce Ă  la sobriĂ©tĂ© des seconds-rĂ´les se partageant la sĂ©rĂ©nitĂ© dans la cohĂ©sion familiale, Curtis Hanson fait naĂ®tre une tension en ascension depuis leur dĂ©gĂ©nĂ©rescence morale Ă  s'opposer au simulacre de la fĂ©lonie. Au travers de cette cellule conjugale en implosion, le rĂ©alisateur insiste surtout sur le tĂ©moignage dĂ©muni de l'Ă©pouse Bartel brillamment manipulĂ©e par la nourrice si bien qu'elle finit par y dĂ©laisser son Ă©poux et ses enfants. Dans ce jeu roublard de manipulation, la tournure cauchemardesque des Ă©vènements va monter d'un Ă©chelon lorsque la mort viendra frapper Ă  leur porte. Curtis Hanson culminant cette dĂ©chĂ©ance vindicative vers un point d'orgue terrifiant dans son jeu de cache-cache rigoureusement charpentĂ© ! (et ce en dĂ©pit de clichĂ©s usuels du genre).


Thriller Ă  suspense menĂ© avec savoir-faire et rehaussĂ© d'une efficacitĂ© ciselĂ©e dans sa tension subtilement oppressante (l'incroyable sĂ©quence claustro d'une asphyxie asthmatique !), La Main sur le berceau bĂ©nĂ©ficie en outre d'un casting convaincant afin de crĂ©dibiliser les enjeux humains sĂ©vèrement molestĂ©s par une psychopathe maternelle (son unique dessein n'Ă©tant que de fonder une nouvelle famille, Ă  l'instar du Beau-Père de Joseph Ruben !). Une mĂ©canique frissonnante redoutablement pernicieuse et viciĂ©e ! 

3èx

Récompenses: Grand Prix, Prix du public et Prix de la meilleure actrice (Rebecca De Mornay), lors du Festival du film policier de Cognac 1992.

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