jeudi 22 décembre 2016

Le Père-Noël est une ordure

                                                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Jean Marie Poiret. 1982. France. 1h31. Avec Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel,
Gérard Jugnot, Christian Clavier, Josiane Balasko, Bruno Moynot, Jacques François, Martin Lamotte, Michel Blanc, Claire Magnin, Jean-Pierre Clami.

Sortie salles France: 25 Août 1982

FILMOGRAPHIEJean-Marie Poiré est un réalisateur, scénariste et producteur français né le 10 juillet 1945 à Paris. 1967 : Oscar (assistant réalisateur). 1977: Les Petits Câlins. 1979: Retour en force. 1981: Les hommes préfèrent les grosses. 1982: Le père Noël est une ordure. 1983: Papy fait de la résistance. 1986: Twist again à Moscou. 1988: Mes meilleurs copains. 1991 : L'Opération Corned-Beef. 1993: Les Visiteurs. 1995: Les Anges gardiens. 1998: Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2. 2001: Les Visiteurs en Amérique. 2002: Ma femme s'appelle Maurice. 2016: Les Visiteurs: La Révolution.

Vilipendé par la critique à sa sortie, tandis que le public l’accueillait avec une ferveur éclatante (1 582 732 spectateurs), Le Père Noël est une ordure est aujourd’hui reconnu comme l’une des comédies cultes les plus emblématiques du cinéma français. Adapté d’une pièce créée et jouée par la troupe du Splendid en 1979, Jean-Marie Poiré réunit la même bande pour transposer à l’écran un vaudeville aussi déjanté que fébrilement psychotique. 

Synopsis: Dans un appartement parisien, deux bénévoles introvertis de S.O.S. Détresse Amitié voient leur nuit de Noël sabotée par une succession d’intrusions improbables : un couple de laissés-pour-compte, un travesti solitaire, un voisin bulgare adepte de spécialités culinaires douteuses, une voisine coincée dans un ascenseur et un harceleur téléphonique obsessionnel. Peu à peu, la nuit vire au cauchemar...

D’une fantaisie insolente dans son accumulation de quiproquos férocement désopilants, Le Père Noël est une ordure s’impose comme un divertissement populaire irrigué d’outrances en roue libre. Tout y concourt : la verve des répliques, aussi grossières qu’inventives, l’extravagance de personnages tous plus fêlés les uns que les autres, et l’enchaînement de situations scabreuses - parfois volontairement incohérentes - portées par un humour noir totalement décomplexé. Politiquement incorrect et d’un mauvais goût revendiqué (le film aurait presque pu s’intituler Affreux, sales et méchants), Jean-Marie Poiré s’y raille sans ménagement de Noël, de la solitude, de la marginalité, des timides, des dépressifs et de l’homosexualité, avec une ironie aussi cruelle que jubilatoire.

Les gags fusent sans répit, au fil de règlements de comptes physiques et verbaux gérés avec une incompétence abyssale par des protagonistes privés de toute autorité. Les comédiens, totalement investis dans leur fonction - boute-en-train ou figures autrement timorées - s’abandonnent à une excentricité réjouissante, oscillant entre hystérie collective et bravoure cartoonesque (la tentative de sauvetage dans l’ascenseur, la stratégie criminelle bancale de Josette et Félix). Ce huis clos de bévues, gouverné par une folie frénétique, insuffle une énergie si communicative qu’on s’étonne de voir surgir le générique de fin.


Comédie-monstre imputrescible à se décrocher la mâchoire, Le Père Noël est une ordure demeure un chef-d’œuvre de corrosivité et de décalage dans le paysage policé du cinéma français. Une perle rare de divertissement débridé, portée par une troupe en furie - Anémone, Lhermitte, Chazel, Jugnot, Clavier, Balasko, Bruno Moynot - galvanisée par une euphorie provocatrice contagieuse. Bref, l’antidépresseur estampillé "label rouge" des fêtes de fin d’année.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

B-M. 3èx

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