vendredi 2 décembre 2016

Les Enfant de Salem

                                                                     Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinemapassion.com

"A Return to Salem’s Lot" de Larry Cohen. 1987. U.S.A. 1h40. Avec Michael Moriarty, Samuel Fuller, Ricky Addison Reed, Andrew Duggan, Evelyn Keyes, Jill Gatsby.

Sortie salles France: 2 Mars 1988. U.S: 11 Septembre 1987.

FILMOGRAPHIE: Larry Cohen est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 15 Juillet 1941. Il est le créateur de la célèbre série TV, Les Envahisseurs.
1972: Bone, 1973: Black Caesar, Hell Up in Harlem, 1974: Le Monstre est vivant, 1976: Meurtres sous contrĂ´le, 1979: Les Monstres sont toujours vivants, 1982: Epouvante sur New-York, 1985: The Stuff, 1987: La Vengeance des Monstres, Les Enfants de Salem, 1990: l'Ambulance.
- Comme Producteur: Maniac Cop 1/2/3.
- Comme Scénariste: Cellular, Phone Game, 3 épisodes de Columbo.


Faisant suite aux Vampires de Salem, un tĂ©lĂ©-film fleuve rĂ©alisĂ© par Tobe Hooper en 1979, Les Enfants de Salem constitue une sĂ©rie B horrifique particulièrement Ă©trange si bien que Larry Cohen attache beaucoup de crĂ©dit Ă  fignoler l'ambiance (faussement) rassurante d'une bourgade rurale dirigĂ©e par une lignĂ©e de vampires. Divertissement modeste uniquement conçu pour divertir le public du samedi soir, les Enfants de Salem envoĂ»te sensiblement sous l'impulsion fantaisiste d'un trio de hĂ©ros exubĂ©rants que rien ne prĂ©disposait Ă  la rĂ©union ! En villĂ©giature Ă  Salem, un père divorcĂ© et son fils instable dĂ©cident d'emmĂ©nager dans l'ancienne demeure d'une tante. Mais rapidement, le bourgmestre leur dĂ©voile sa vĂ©ritable identitĂ© ainsi que celle des citadins particulièrement accoutumĂ©s Ă  s'abreuver du sang frais du bĂ©tail lorsque les victimes humaines manquent Ă  l'appel. SollicitĂ© Ă  leur Ă©crire une bible pour tenir lieu de leur grandeur, Joe Weber craint que son fils soit leur prochaine victime d'un mariage arrangĂ© au moment mĂŞme oĂą un chasseur de Nazi fait irruption dans la contrĂ©e. 


Bougrement attachant et inĂ©vitablement charmant, les Enfants de Salem est un film d'ambiance Ă  l'ancienne pour sa peinture studieuse allouĂ©e aux us et coutumes d'une communautĂ© sĂ©culaire de vampires (ils sont vieux de plus de 3 siècles et s'affublent d'un charisme gandin !) et de complices policiers co-existant dans un village reculĂ©. Larry Cohen prenant soin de filmer sa nature solaire et ses plaines verdoyantes et de nous immerger dans leur quotidiennetĂ© face au tĂ©moignage de Joe et de son fils littĂ©ralement dĂ©boussolĂ©s d'une situation aussi improbable. Si le scĂ©nario aborde quelques idĂ©es comme l'entreprise singulière d'une bible et d'une nouvelle procrĂ©ation hybride (l'enfantement de la jeune femme vampire Amanda par Joey), l'intĂ©rĂŞt rĂ©side surtout dans les relations conflictuelles que Joe (Michael Moriarty, naturel de prĂ©sence lambda en paternel mallĂ©able !) et son fils turbulent (Ricky Addison Reed, d'un charisme typiquement agaçant dans sa posture morveuse !) enchaĂ®nent sans rĂ©serve jusqu'Ă  ce que l'arrivĂ©e d'un chasseur de nazi leur inculque sa discipline. L'inattendu Samuel Fuller se prĂŞtant au jeu du grand-père hĂ©roĂŻque (c'est lui qui incite le duo Ă  l'affrontement des vampires !) avec une dĂ©rision irrĂ©sistible comme le souligne ses stratĂ©gies d'attaques et subterfuges de survie ! A ce titre, la seconde partie trĂ©pidante multiplie les pĂ©ripĂ©ties horrifiques et l'humour badin Ă  un rythme mĂ©tronomique tant et si bien que l'on Ă©prouve beaucoup de plaisir Ă  la cohĂ©sion amicale de cette Ă©quipĂ©e improbable ! Mais aussi ludique et sympathique soit leur initiation Ă©pique, Les Enfants de Salem alterne le bon et le moins bon lorsque Larry Cohen s'entiche de maladresses (l'incohĂ©rence comportementale de certains personnages), de faux raccords et d'effets spĂ©ciaux cheap issus d'une sĂ©rie Z !


Entre le plaisir innocent et l'intégrité d'une série B un tantinet atmosphérique, les Enfants de Salem constitue une drôle de curiosité oubliée dans sa facture bisseuse d'horreur cartoonesque (on peut d'ailleurs prêter une allusion aux E.C Comics) et d'aventures fringantes que mènent fougueusement notre trio de comédiens décomplexés. A redécouvrir avec nostalgie sous l'impulsion de son superbe score entêtant.

*Bruno
02.12.16. 
07.06.11.
21.07.2024. 5èx

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