vendredi 30 décembre 2016

JUSQU'EN ENFER

                                                                            Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine

"Drag Me to Hell" de Sam Raimi. 2009. U.S.A. 1h39. Avec Alison Lohman, Justin Long, Lorna Raver, Dileep Rao, David Paymer, Adriana Barraza.

Sortie salles U.S: 27 Mai 2009. U.S: 29 Mai 2009

FILMOGRAPHIE: Sam Raimi est un réalisateur, acteur, producteur et scénariste américain, né le 23 Octobre 1959 à Franklin, Etats-Unis. 1981: Evil-Dead. 1985: Mort sur le Grill. 1987: Evil-Dead 2. 1990: Darkman. 1993: Evil-Dead 3. 1995: Mort ou Vif. 1998: Un Plan Simple. 1999: Pour l'amour du jeu. 2000: Intuitions. 2002: Spi-derman. 2004: Spider-man 2. 2007: Spider-man 3. 2009: Jusqu'en Enfer. 2013: Le Monde fantastique d'Oz.


Après avoir changé de registre et rameuté un public plus large avec sa splendide trilogie Spiderman, Sam Raimi renoue à ses premiers amours avec Jusqu'en Enfer. Un divertissement horrifique en forme de clin d'oeil à Evil-Dead si bien que les séquences démoniaques s'enchaînent sans répit sous la maîtrise d'une réalisation chiadée comme seul Raimi a le secret. Après avoir refusé un prêt auprès d'une gitane prochainement expulsée de son foyer, la jeune banquière Christine Brown est sujette à sa terrible vengeance. Persécutée par le démon Lamia, elle tente de se faire épauler auprès d'un médium afin d'endiguer la conjuration. Dès lors, un combat entre elle et les forces du Mal s'engage quand bien même son petit ami tente de la rassurer dans son esprit cartésien. Sous couvert d'une satire mordante sur l'intolérance de la finance et de la compétition, Sam Raimi nous revient en grande pompe dans son art inégalable de façonner la frousse avec une ironie irrésistiblement sardonique.


Fort d'une mise en scène aussi inventive que fringante, Jusqu'en Enfer redouble d'efficacitĂ© Ă  enchaĂ®ner les sĂ©quences d'anthologie (l'incroyable agression dans le parking impose une frĂ©nĂ©sie visuelle Ă  couper le souffle !) pour Ă©branler son hĂ©roĂŻne prise Ă  parti avec des forces surnaturelles. A travers son Ă©preuve de force physique (ses agressions avec l'entitĂ© invisible) et morale (ses hallucinations rĂ©currentes) qu'elle doit encourir pour sa survie, l'intrigue multiplie les situations de stress, d'angoisse et de terreur avec un rĂ©alisme Ă©bouriffant (si on Ă©pargne l'effet ratĂ© d'une sĂ©quence gore en CGI). Raimi parvenant une fois de plus Ă  nous embarquer Ă  bord d'une montagne russe avec une vigueur Ă©moulue et l'appui de seconds-rĂ´les finement dessinĂ©s. Outre l'impact jouissif des sĂ©quences-chocs incessamment surprenantes et inattendues (Ă  l'instar de son Ă©pilogue aussi couillu qu'hĂ©tĂ©rodoxe !), Jusqu'en enfer bĂ©nĂ©ficie d'un travail sur le son (strident !) pour scander le dĂ©chaĂ®nement des forces occultes et d'une solide distribution pour rehausser la dramaturgie des Ă©vènements. Que ce soit le jeu dĂ©pouillĂ© de Dileep Rao en mĂ©dium Ă  la fois studieux et prĂ©voyant, le charisme iconique de Lorna Raver en gitane fielleuse, la posture rassurante de Justin Long en amant prĂ©venant et surtout le charme chĂ©tif d'Alison Lohman en victime parano continuellement malmenĂ©e mais en initiation vaillante dans sa dĂ©libĂ©ration de dĂ©jouer le dĂ©mon Lamia et de s'affirmer auprès de son boss afin de rĂ©colter un poste supĂ©rieur.


Roublard en diable et menĂ© de main de maĂ®tre, Jusqu'en Enfer constitue une rĂ©crĂ©ation diablement rĂ©jouissante dans son lot de sĂ©quences chocs effrĂ©nĂ©es impeccablement charpentĂ©es. Car aussi improbable soit son argument dĂ©moniaque, la carrure humaine taillĂ©e auprès de l'hĂ©roĂŻne faillible et la vigueur des Ă©vènements cinglants qu'elle encaisse fĂ©brilement nous scotche au siège pour nous convaincre de l'artillerie occulte. 

B-M. 2èx

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