vendredi 16 décembre 2016

The killer inside me

                                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site eklecty-city.fr

de Michael Winterbottom. 2010. U.S.A/Suède/Canada/Angleterre. 1h49. Avec Casey Affleck, Kate Hudson, Jessica Alba, Ned Beatty, Tom Bower, Elias Koteas, Simon Baker, Bill Pullman

Sortie salles France: 11 Août 2010. U.S: 25 Juin 2010

FILMOGRAPHIEMichael Winterbottom, né le 29 mars 1961 à Blackburn dans le Lancashire, est un monteur, producteur, réalisateur et scénariste anglais. 1990 : Forget About Me
1992 : Under the Sun. 1995 : Butterfly Kiss. 1995 : Go Now. 1996 : Jude. 1997 : Bienvenue à Sarajevo. 1998 : I Want You. 1999 : Wonderland. 1999 : With or Without You. 2000 : Rédemption.
2002 : 24 Hour Party People. 2002 : In This World. 2003 : Code 46. 2004 : 9 Songs. 2005 : Tournage dans un jardin anglais. 2006 : The Road to Guantanamo. 2007 : Un cœur invaincu . 2008 : Un été italien. 2010 : La Stratégie du choc. 2010 : The Killer Inside Me. 2011 : The Trip. 2011 : Trishna
2011 : 60 Seconds of Solitude in Year Zero (un segment d'une minute du film collectif). 2012 : Everyday. 2013 : A Very Englishman. 2014 : L'affaire Jessica Fuller.


Avant-propos (Imdb):
"Lors de la projection de The Killer Inside Me au Festival de Sundance, plusieurs personnes sortirent de la salle, écœurées par la violence montrée, notamment la violence sur les femmes. Après la projection, le réalisateur Michael Winterbottom dut affronter les questions des spectateurs et justifier sa démarche. Il répondit que si le film choque, c'est à dessein et que son objectif est qu'il ne laisse pas indifférent."

Echec commercial lors de sa sortie (il amasse 217 277 dollars de recettes contre un budget de 13 millions de dollars) d'autant plus discrĂ©ditĂ© par une partie de la critique, The Killer inside me est un thriller hermĂ©tique conçu pour diviser les opinions. PortĂ© Ă  bout de bras par le magnĂ©tisme glaçant de Casey Affleck en serial killer aussi placide qu'impassible, l'intrigue se focalise autour de son profil Ă©quivoque de shĂ©rif adjoint Ă  la fois respectĂ© puis peu Ă  peu suspectĂ© par son entourage amical et conjugal. Car Lou souffre de pulsions masochistes assez violentes lors de ses Ă©bats sexuels au point d'influencer ses victimes soumises dans sa dĂ©chĂ©ance perverse. Particulièrement auprès de deux maĂ®tresses qu'il chĂ©rit amoureusement avant de s'en dĂ©barrasser pour des motifs de racket exercĂ©s par des tĂ©moins vĂ©reux.


Avec son rythme laborieux et son climat austère à l'aura malsaine indicible, The Killer inside me rebute autant qu'il fascine, notamment grâce au soin scrupuleux de la mise en scène de Michael Winterbottom dressant un saisissant portrait clinique de serial-killer comme jamais au préalable. De par le cheminement tortueux de ce dernier à s'efforcer d'y taire les indices et suspicions contre lui, ses confidences ambiguës qu'il nous divulgue en monologue afin de traduire son profil meurtrier (à l'instar d'un passé pédophile immonde, entre ses rapports déviants avec sa soeur et l'éventuelle culpabilité de son frère criminel), et son comportement follement serein, impavide lorsque des inspecteurs le désignent comme coupable idéal. Alternant l'investigation policière auprès de ses seconds-rôles autoritaires et les étreintes amoureuses et sexuelles au relent de masochisme, The Killer inside me se permet en prime, et de manière méphitique, de nous livrer une folle histoire d'amour au sens le plus brut de décoffrage. A l'instar du revirement de sa conclusion scabreuse étonnamment tragique, baroque et flamboyante si je peux me permettre d'y combiner ces termes.


DĂ©rangeant et malsain par son climat poisseux Ă©thĂ©rĂ©, et surtout d'une violence rare (du genre "IrrĂ©versible") pour les exactions criminelles d'un rĂ©alisme proprement insoutenable, The Killer inside me laisse un goĂ»t d'autant plus amer dans la bouche qu'il se permet d'Ă©voquer en annexe une romance masochiste Ă  la tendresse aussi dĂ©sespĂ©rĂ©e que crapuleuse. Comme en tĂ©moigne la psychologie fragile et (faussement) candide de Jessica Alba (honteusement conspuĂ©e aux Razzie Awards) entremĂŞlĂ©e dans les mailles de son monstre au grand coeur. Un thriller noir nĂ©buleux, fĂ©tide et charnel, rigoureusement malade de l'intĂ©rieur. 

Public averti

— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
14.02.26. 3èx. Vostf

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