vendredi 15 décembre 2017

L'ILE SANGLANTE

                                             Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site pinterest.fr

"The Island" de Michael Ritchie. 1980. U.S.A. 1h55. Avec Michael Caine, David Warner, Angela Punch Mc Gregor, Frank Middlemass, Don Henderson, Jeffrey Frank, Colin Jeavons, Dudley Sutton, Zakes Mokae.

Sortie en salles US.A: 19 Décembre 1979. France: le 8 Octobre 1980

FILMOGRAPHIE: Michael Ritchie est un réalisateur américain, né le 28 novembre 1938 à Waukesha, dans le Wisconsin, décédé le 16 avril 2001 d'un cancer de la prostate à New-York. 1969: La Descente Infernale, 1972: Carnage, Votez Mc Kay, 1975: Smile, 1976: La Chouette Equipe, 1977: Les Faux durs, 1979: An Almost Perfect Affair, 1980: L'Ile Sanglante, Divine Madness !, 1981: Student Bodies, 1983: The Survivors, 1985: Fletch aux trousses, 1986: Femmes de Choc, Golden Child. 1988: Parle à mon psy, ma tête est malade, 1989: Autant en emporte Fletch, 1992: La Nuit du Défi, 1994: Les Robberson enquêtent, 1994: La Révélation, 1997: La Guerre des Fées, 2000: The Fantasticks.

                         
RĂ©alisateur touche Ă  tout Ă  qui l'on doit l'excellent Carnage/Prime Cut avec Lee Marvin, Michael Ritchie empreinte en 1980 le roman Ă©ponyme de Peter Benchley (The Island) pour mettre en exergue les exactions criminelles de boucaniers, hĂ©ritiers du 17è siècle perpĂ©trant leur triste tradition au sein de notre Ă©poque contemporaine. Production mineure chamarrĂ©e de deux Ă©minents comĂ©diens (David Warner, mĂŞme si peu concernĂ© dans la peau du gourou criminel, et Michael CaĂŻne, plus engagĂ© que son rival dans celui de l'otage rĂ©duit en esclave), on est d'autant plus surpris de les retrouver conjointement qu'Ennio Morricone est Ă©galement assignĂ© pour composer la partition musicale. Le journaliste Blair Maynard enquĂŞte sur une sĂ©rie de disparitions de navires Ă©chouĂ©s Ă  proximitĂ© du triangle des Bermudes. Avec la compagnie (improbable !) de son fils, ils partent Ă  bord d'un avion Ă  destination d'une Ă®le inconnue. Dès leur arrivĂ©e, l'appareil rĂ©ussit in extremis Ă  atterrir sur la piste mais explose après que les occupants purent s'y extraire (l'incident technique est digne d'une bĂ©vue de Benny Hill !). Seuls et sans ressources, il sont kidnappĂ©s par une Ă©trange communautĂ© après avoir Ă©tĂ© piĂ©gĂ©s lors d'une embuscade. 


SĂ©rie B dĂ©bridĂ©e nanti d'une idĂ©e rĂ©solument folle et excitante (des pirates dĂ©trousseurs de touristes, ancĂŞtres de Barbe Noire au sein de notre Ă©poque civilisĂ©e !), l'Ă®le Sanglante peine Ă  charpenter une narration crĂ©dible de par ses situations souvent improbables, ses facilitĂ©s, incohĂ©rences et raccourcis si bien que le montage elliptique (on passe dans le mĂŞme temps d'un plan de jour Ă  un plan de nuit !) renforce encore plus le cĂ´tĂ© bâclĂ© de l'entreprise. A l'instar du lavage de cerveau (trop vite expĂ©diĂ©) du fils de Blair afin de s'acclimater une nouvelle identitĂ©. Pour autant, et grâce Ă  son rythme soutenu Ă©maillĂ© de sĂ©quences chocs parfois sanguines et/ou homĂ©riques (notamment ce magnifique carnage Ă  la sulfateuse !) et de situations cocasses (Blair et ses trois rocambolesques tentatives d'Ă©vasion faute de la nĂ©gligence de sa maĂ®tresse godiche !), voir mĂŞme involontairement hilarantes si bien que l'on frise la sĂ©rie Z transalpine (le touriste zĂ©lĂ© adepte des arts martiaux totalement indolent pour son futur sort !), l'Ă®le Sanglante affiche une plaisante dĂ©rision auprès de ses antagonistes aussi dĂ©jantĂ©s que dĂ©cervelĂ©s. Et donc, en dĂ©pit d'un cheminement narratif classique ne rĂ©servant aucune surprise, Michael Ritchie compte sur le second degrĂ© de son concept incongru sous l'impulsion de seconds-rĂ´les jouant les pitres face camĂ©ra avec une dĂ©contraction enjouĂ©e. L'aspect bordĂ©lique (et Ă©culĂ©) du rĂ©cit (dĂ©troussement de touristes/tentatives d'Ă©vasions entre deux, trois trahisons) ajoutant un attrait pittoresque aux aventures semi horrifiques auquel un père se rĂ©signera Ă  rĂ©cupĂ©rer son fils tributaire d'un sectarisme criminel. 


Nanar des annĂ©es 80 truffĂ© de maladresses, de faux raccords et de couacs mais colorĂ© et festif (photo solaire en scope en sus), l'Ă®le Sanglante distille heureusement un charme exotique et une fraĂ®cheur dĂ©complexĂ©e par son esprit bisseux dĂ©nuĂ© de prĂ©tention. On s'amusera Ă©galement du jeu motivĂ© de Michael Caine en victime sentencieuse s'Ă©vertuant Ă  se dĂ©pĂŞtre de ses chaines avec une sobriĂ©tĂ© involontairement amusante. 

* Bruno
15.12.17. 4èx. 
19.07.11.    

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