lundi 19 février 2018

COLD SKIN

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

de Xavier Gens. 2017. France/Espagne. 1h47. Avec David Oakes, Aura Garrido, Ray Stevenson, John Benfield.

Sortie salles France: 10 Septembre 2017 (l'Etrange Festival). Espagne: 20 Octobre 2017

FILMOGRAPHIE: Xavier Gens est un réalisateur, scénariste, producteur exécutif et acteur français, né le 27 Avril 1975 à Dunkerque. 2007: Hitman. 2008: Frontières. 2012: The Divide. 2012: The ABCs of death (un segment). 2017: The Crucifixion. 2017: Cold Skin.


Un message dĂ©sespĂ©rĂ© d'amour et de paix dans un monde de violence avili par la peur de l'autre. 

Après la dĂ©ception The Crucifixion, Xavier gens nous revient revigorĂ© avec Cold Skin. Une oeuvre fantastique modeste jouant la carte de l'intimitĂ© sous le pivot de deux protagonistes aussi pugnaces que fragiles dans leur condition esseulĂ©e. Entamant intelligemment au cours du rĂ©cit des rĂ©flexions sur l'origine des conflits, l'incommunicabilitĂ© entre les ethnies, la crainte de la diffĂ©rence et la misanthropie du point de vue d'un Robinson bourru traumatisĂ© par la disparition de son Ă©pouse, Cold Skin provoque une Ă©motion quasi dĂ©sespĂ©rĂ©e si je me rĂ©fère Ă  sa conclusion irrĂ©solue en quĂŞte d'exutoire. En 1914, un mĂ©tĂ©orologue s'exile sur une Ă®le durant un an en compagnie du gardien d'un phare. Chaque nuit, ils doivent livrer un combat sans merci contre des crĂ©atures hostiles prenant d'assaut leur foyer. 


Ce pitch linĂ©aire et inquiĂ©tant, soigneusement contĂ© et imagĂ© (tant auprès de sa photo limpide que de la beautĂ© des dĂ©cors sauvages), est un prĂ©texte afin de brosser les caractères bien trempĂ©s de deux protagonistes contraints d'utiliser les armes pour survivre Ă  une rĂ©silience de rude Ă©preuve. Cold Skin puisant sa force dans la description Ă©volutive de ses derniers, notamment auprès du mĂ©tĂ©orologue beaucoup plus curieux et empathique Ă  tenter de comprendre la race des amphibiens n'attaquant que de nuit pour mieux les Ă©branler. Prenant soin de dĂ©velopper les fĂŞlures et faiblesses humaines du duo divergent, si bien que les scènes d'actions intenses et percutantes les font Ă©voluer d'un point de vue dramatique, Xavier Gens distille une Ă©motion prude parfois poignante qui percera lors de l'Ă©pilogue bouleversant. Ce dernier très affectĂ© par la cause animale et le spĂ©cisme parvenant louablement Ă  attendrir et Ă  donner chair Ă  une crĂ©ature domestique Ă  l'aide de maquillages très convaincants. Son rĂ©cit efficacement exacerbĂ© de pugilats sanglants instaurant scrupuleusement un climat mĂ©lancolique quant au poids de la solitude que se rĂ©signent Ă  rĂ©sister deux belligĂ©rants du haut de leur phare.


"On perd son humanité dans un océan de chagrin"
En humaniste porteur d'espoir, de désir d'amour et de discernement auprès de l'étranger (ici d'origine animale !), Xavier Xens joue la carte de la modestie et de la pudeur avec cette oeuvre fantastique adulte, délicatement poignante (voir même bouleversante auprès de son interrogation finale) quant à l'instinct belliqueux de l'homme rattrapé par sa conscience morale d'une solitude irrespirable. Beau et sensible, à l'instar du score lyrique de Víctor Reyes

* Bruno


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