lundi 26 février 2018

AU REVOIR LA HAUT

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

d'Albert Dupontel. 2017. France. 1h57. Avec Albert Dupontel, Laurent Lafitte, Nahuel Pérez Biscayart, Niels Arestrup, Émilie Dequenne, Mélanie Thierry.

Sortie salles France: 25 Octobre 2017.

FILMOGRAPHIEAlbert Dupontel (Philippe Guillaume) est un acteur, rĂ©alisateur, scĂ©nariste et humoriste français, nĂ© le 11 janvier 1964 Ă  Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). 1992 - DĂ©sirĂ© (court-mĂ©trage). 1996 - Bernie. 1999 - Le CrĂ©ateur. 2006 - EnfermĂ©s dehors. 2009 - Le Vilain. 2013 - 9 mois ferme. 2017 - Au revoir lĂ -haut.


AurĂ©olĂ© d'une rĂ©putation flatteuse chez la critique et les spectateurs si bien qu'il engrange 2 021 654 entrĂ©es sur notre territoire, Au revoir lĂ  haut est sans doute l'oeuvre la plus ambitieuse de Dupontel, nouvelle fois acteur et rĂ©alisateur. Pamphlet anti militariste bouleversant autour de l'amour impossible entre un père et son fils (thĂ©matique centrale du film), Au revoir lĂ  haut distille une Ă©motion aussi bien contenue qu'Ă©purĂ©e au travers de quelques situations d'intimitĂ© d'une riche intensitĂ© dramatique. Dupontel, rĂ©alisateur, filmant avec brio incontestĂ© une reconstitution historique plus vraie que nature, Ă  l'instar de son prologue belliqueux s'efforçant de retranscrire sans fioriture les horreurs du front. En dehors de son brio technique et formel (les splendides dĂ©cors et la photo sont flamboyants), Au revoir lĂ  haut parvient Ă  captiver et Ă  entretenir l'expectative grâce Ă  la densitĂ© d'un scĂ©nario dramatique faisant honneur Ă  un trio de personnages en marge de la sociĂ©tĂ©.


Prisonnier d'un trou d'obus et sur le point de pĂ©rir Ă©touffĂ©, Albert est sauvĂ© in extremis par son compagnon Edouard, au moment mĂŞme oĂą ce dernier est Ă©jectĂ© par l'explosion d'une grenade. La mâchoire arrachĂ©e, il est placĂ© Ă  l'hĂ´pital en attendant une Ă©pineuse convalescence. Envisageant le suicide, car honteux de rentrer au bercail face Ă  l'autoritĂ© d'un père castrateur, Albert lui propose de se faire passer pour mort en usurpant l'identitĂ© d'un tiers. EmmĂ©nagĂ©s ensemble dans un foyer parmi la compagnie d'une fillette orpheline, Edouard, dessinateur ambitieux, propose Ă  Albert de monter une transaction illĂ©gale dans le secteur de la pub. A savoir façonner une revue compilant des dessins de monuments de morts pour les promouvoir auprès de notables. 


Drame historique saupoudrĂ© de poĂ©sie et d'humour noir, Au revoir lĂ  haut nous propose un spectacle assez baroque sous la mainmise de Dupontel aussi Ă  l'aise devant que derrière la camĂ©ra. Ce dernier complètement impliquĂ© dans son projet s'efforçant de soigner le fond et la forme avec un amour Ă©vident pour le cinĂ©ma le plus authentique. A savoir communier divertissement et film d'auteur parmi l'efficacitĂ© d'un rythme habilement soutenu et la caractĂ©risation de personnages d'une fragilitĂ© jamais dĂ©monstrative. Faisant donc preuve d'une grande pudeur pour y dresser leur portrait torturĂ© ou dĂ©muni, Albert Dupontel parvient Ă  faire naĂ®tre une vibrante Ă©motion parfois difficilement gĂ©rable. Notamment grâce Ă  sa substantialitĂ© narrative Ă  la fois imprĂ©vue, lĂ©gère et grave sublimant les  portraits de marginaux infortunĂ©s victimes des alĂ©as de la guerre.


Au final, Dupontel, acteur borderline et rĂ©alisateur avisĂ© pĂ©tri d'amour pour l'art et ses personnages (magnifiquement esquissĂ©s), nous offre avec Au revoir lĂ  haut une oeuvre dĂ©senchantĂ©e d'une tendresse finalement sensitive (certaines sĂ©quences faisant office d'anthologie Ă©motionnelle !) abordant avec originalitĂ© les thèmes du trauma de la guerre, de l'injustice de destins brisĂ©s, des relations parentales conflictuelles, du pardon, de l'espoir, de la clĂ©mence et de l'aubaine sous l'apparat d'une poĂ©sie aussi candide qu'abstraite. Du cinĂ©ma fort, beau et cruel, qui restera dans les mĂ©moires.  

* Bruno

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire