jeudi 11 avril 2019

Terreur extra-terrestre

                                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

"Without Warning" de Greydon Clark. 1981. U.S.A. 1h23. Avec Jack Palance, Martin Landau, Tarah Nutter, Christopher S. Nelson, Cameron Mitchell, Neville Brand, Sue Ane Langdon, Ralph Meeker, Larry Storch, Lynn Theel.

Sortie salles France: 26 Novembre 1980. U.S: 26 Septembre 1980

FILMOGRAPHIEGreydon Clark est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste et acteur amĂ©ricain, nĂ© le 7 FĂ©vrier 1943 Ă  Niles, dans le Michigan (Etats-Unis). 1976: Black Shampoo. 1976: The Bad Bunch. 1977: Satan's Cheerleaders. 1978: Riders. 1979: Brigade des Anges. 1980: The Return. 1980: Terreur Extra-Terrestre. 1983: Wacko. 1983: Joysticks. 1985: Final Justice. 1988: Uninvited. 1989: Dance Macabre. 1989: Skinheads. 1990: Massacre dans l'ascenseur. 1990: The Forbidden Dance. 1992: Mad Dog Coll. 1992: Russian Holyday. 1994: Dark Future. 1998: Stargames.


Sorti Ă  l'orĂ©e des annĂ©es 80, Terreur Extra-Terrestre connut un certain succès en salles puis en video sous l'Ă©tendard mythique d'Hollywood Video. RĂ©alisĂ© par Greydon Clark, cinĂ©aste abonnĂ© aux bisseries low-cost, Terreur extra-terrestre constitue l'idĂ©al de la sĂ©rie B "atmosphĂ©rique" tant et si bien qu'il s'agit de son oeuvre la plus notoire et rĂ©ussie en dĂ©pit de ses faiblesses narratives, sa rĂ©alisation bricolĂ©e et ses jeunes acteurs timorĂ©s pour autant attachants. Pour l'anecdote, le rĂ´le de la crĂ©ature est attribuĂ© Ă  Kevin Peter Hall, acteur mastard (2m20cms de hauteur !) qui endossera plus tard Ă  deux reprises le costume du fameux Predator de John Mc Tiernan et de Stephen HopkinsLe pitchQuatre jeunes partent en camping dans une contrĂ©e reculĂ©e Ă  proximitĂ© d'un lac. Alors que deux d'entre eux sont retrouvĂ©s morts dans une cabane abandonnĂ©e, Sandy et Greg trouvent refuge dans un bar la nuit tombĂ©e. Ils confient aux clients leur histoire improbable de mĂ©duses volantes suceuses de sang venues les agresser Ă  l'orĂ©e du bois. Petit classique bisseux des annĂ©es 80, Terreur Extra-Terrestre  est une bande horrifique inĂ©vitablement maladroite mais transcendĂ©e d'un irrĂ©sistible charme horrifique. Un pur plaisir coupable de samedi soir auquel s'affichent d'aimables vĂ©tĂ©rans du cinĂ© de genre parmi lesquels Cameron Mitchell, Neville Brand, Martin Landeau et Jack Palance. Il faut bien avouer que le scĂ©nario Ă  la fois prĂ©mâchĂ© et elliptique cumule clichĂ©s, facilitĂ©s et quelques invraisemblances autour de rĂ©parties dĂ©risoires que de jeunes acteurs expriment tant bien que mal avec une mine apprĂ©hensive.


En gros, un jeune couple doit faire face Ă  l'hostilitĂ© d'un extra-terrestre braconnier projetant des crĂ©atures volantes vers ses proies. En prime, pour pimenter leur survie horrifique, ils seront pris Ă  parti avec un ancien vĂ©tĂ©ran du Vietnam ayant perdu la boule au champ d'honneur (Martin Landau absolument dĂ©lectable en demeurĂ© erratique !). Qui plus est, avec l'aide d'un chasseur chevronnĂ© (incarnĂ© de manière tacitement perverse par Jack Palance), ces derniers tenteront d'Ă©radiquer l'antagoniste stellaire affublĂ© de mini soucoupes gluantes douĂ©s de vie animale. Ainsi donc, cette chasse Ă  l'homme du 3è type bĂ©nĂ©ficie d'une rĂ©elle originalitĂ© de par la manière viscĂ©rale dont l'extra-terrestre opère ses exactions criminelles afin de venir Ă  bout de ses victimes. Dans la mesure oĂą l'on nous prĂ©sente avec un saisissant rĂ©alisme morbide des sortes de mĂ©duses volantes particulièrement visqueuses car accoutrĂ©es de quatre pinces aux extrĂ©mitĂ©s de leur corps discoĂŻde, sans compter une moisson de petites dents implantĂ©es au noyau de leur organisme.  ProjetĂ©es sur les visages des victimes par l'E.T famĂ©lique (d'un charisme bleuâtre exsangue !), les sĂ©quences chocs font preuve d'un goĂ»t raffinĂ© pour le gore gluant sous l'impulsion d'un climat malsain magnĂ©tique. Ainsi, plaquĂ©es sur la surface corporelle de leur victime, ces sangsues d'un jaune fluorescent extraient de leur membrane quatre pattes acĂ©rĂ©es afin d'y pĂ©nĂ©trer la chair juteuse en aspirant abondamment le sang.


Les modestes effets-spĂ©ciaux particulièrement crĂ©dibles faisant illusion auprès de leur aspect visqueux aussi glauque que dĂ©rangeant. Quand bien mĂŞme la physionomie patibulaire de l'extraterrestre suscite un charisme Ă©trangement rigide Ă  travers sa posture longiligne spectrale. Enfin; l'ambiance nocturne crĂ©pusculaire Ă  l'angoisse sous-jacente est savamment entretenue au confins d'un bois que nos vacanciers ainsi que le chasseur n'auront de cesse d'aller et venir afin de surveiller une cabane truffĂ© de cadavres putrĂ©fiĂ©s. En prĂ©cisant Ă  nouveau que l'atmosphère anxiogène dĂ©licieusement palpable rĂ©ussit la plupart du temps Ă  crĂ©er un sentiment d'insĂ©curitĂ© Ă  travers leur spirale d'Ă©vènements macabres. Outre les sympathiques apparitions de Cameron Mitchell et de Neville Brand en 1er acte, l'interprĂ©tation hallucinĂ©e de Martin Landau Ă©paulĂ© de son acolyte (autrement autoritaire dans sa pugnacitĂ© dĂ©terminĂ©e) Jack Palance renchĂ©rissent l'aspect festif de cette bobine en herbe agrĂ©ablement troussĂ©e (en dĂ©pit de ses carences narratives). Ainsi, on se dĂ©lecte de la verve impayable de Martin Landau en sergent demeurĂ© obnubilĂ© par l'invasion des petits hommes verts ! Souvent drĂ´le lors de ses divagations belliqueuses, il met en appui un savoureux numĂ©ro d'acteur cabotin en militaire retraitĂ© s'efforçant machinalement Ă  fabuler, pourchasser et importuner son entourage.


Rencontre d'un certain type à éviter !
Bougrement sympathique dans sa matière ludique, voir franchement fascinant Ă  travers son climat nocturne pĂ©nĂ©trant, Terreur Extra-Terrestre se dĂ©cline au final en objet atypique irrĂ©sistiblement attachant par sa facture dĂ©bridĂ©e. Son score ombrageux Ă©maillĂ© d'une mĂ©lodie mĂ©lancolique, ses maquillages glauques et les aimables prĂ©sences de nos comĂ©diens vĂ©tĂ©rans (voir mĂŞme juvĂ©niles pour le duo infortunĂ©) renforçant l'attrait spĂ©cialement bisseux de son ambiance horrifique symptomatique des annĂ©es 80. Pour clore, une question subsidiaire m'effleure l'esprit ! John Mc Tiernan n'aurait-il pas Ă©tĂ© inspirĂ© pour rĂ©aliser 7 ans plus tard Predator ?

*Bruno
11.04.19. 6èx
15.05.12. (327 vues)

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