mercredi 25 septembre 2019

Crawl

                                               Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Allocine.fr

d'Alexandre Aja. 2019. U.S.A. 1h27. Avec Kaya Scodelario, Tina Pribicevic, Barry Pepper, Ross Anderson, Anson Boon, George Somner.

Sortie salles France: 24 Juillet 2019

FILMOGRAPHIE: Alexandre Aja (Alexandre Jouan-Arcady) est un rĂ©alisateur, producteur, scĂ©nariste, dialoguiste et acteur, nĂ© le 7 AoĂ»t 1978 Ă  Paris. 1999: Furia. 2003: Haute Tension. 2006: La Colline a des yeux. 2008: Mirrors. 2010: Piranha 3D. 2013: Horns. 2016: La Neuvième Vie de Louis Drax. 2019: Crawl.


Sorti en salles durant l'Ă©tĂ©, pĂ©riode Ă  point nommĂ© afin d'accueillir en bonne et due forme ce drive-in movie, Crawl transpire le spectacle du samedi soir avec une gĂ©nĂ©rositĂ© et une sincĂ©ritĂ© forçant le respect. Car autour d'un concept de survie aquatique, l'intrigue simpliste a beau exploiter certaines grosses ficelles (la fille, experte en natation, usera donc de ses talents de nageuse Ă©mĂ©rite pour  dĂ©passer ses limites en affrontant les alligators), clichĂ©s (le toutou dĂ©bonnaire au sort inĂ©vitablement fructueux - et perso, je ne m'en plains aucunement !-) et invraisemblances (les diverses mutilations que notre duo hĂ©roĂŻque encaisse avec une rĂ©silience trop stoĂŻque pour ĂŞtre honnĂŞte), Crawl nous agrippe Ă  la gorge de par son rĂ©alisme Ă©prouvant renforcĂ© d'effets numĂ©riques aussi bluffants qu'irrĂ©prochables. Tant auprès des reptiles mastards plus vrais que nature dans leur mobilitĂ© vĂ©loce et leur fĂ©rocitĂ© tranchĂ©e, que de l'ouragan diluvien qu'Alexandre Aja exploite en mode catastrophe avec une intensitĂ© vertigineuse. Bref, on y croit dur comme fer Ă  ce que l'on assiste Ă  l'Ă©cran !


Tant et si bien que son climat tempétueux demeure aussi hostile, ombrageux et fascinant que les alligators sur le qui-vive à surveiller leurs proies planquées dans la pénombre d'une cave. Ainsi, à travers sa scénographie résolument atmosphérique (tant en extérieur naturel - sublimement éclairé afin de contraster les nuages grisonnants - qu'en interne domestique), Aja nous immerge dans une descente aux enfers (celle de la cave puis les pièces du domicile familial) auquel un père et sa fille y ont malencontreusement trouvé refuge. Exploitant brillamment la gestion de l'espace à travers un cadre exigu à la fois anxiogène et étouffant (la cave dans un 1er temps), Aja relance efficacement l'action homérique à travers la disparité de ses décors opaques humectés par la montée des eaux, puis ceux décharnés quant au dernier acte situé en interne d'une bâtisse réduite en lambeaux. Sans se laisser influencer par la facilité des mises à morts gratuites et outrancières (façon Vendredi 13), Aja s'avère pour autant intelligemment généreux et impitoyable lorsqu'il s'agit de chorégraphier des séquences chocs redoutablement percutantes. Si bien que le spectateur calfeutré au siège s'avère aussi fasciné qu'épeuré à craindre les nouvelles éventuelles apparitions des alligators sournois prêts à alpaguer leurs victimes (de second plan) souvent démunies.


Un hommage affectueux digne d'une prod des annĂ©es 80. 
B movie horrifique menĂ© de main de maĂ®tre par un amoureux du genre Alexandre Aja rĂ©invente donc le film de croco dans sa facultĂ© innĂ©e de donner chair autant Ă  ses lĂ©zards gĂ©ants qu'Ă  ses personnages auquel les comĂ©diens, non familiers du public, s'avèrent sobrement convaincants dans leurs expressions d'apprĂ©hension, de vaillance et de cohĂ©sion (l'intrigue Ă©voluant notamment vers une rĂ©conciliation parentale). Oscillant suspense tendu autour de frĂ©nĂ©tiques estocades non exemptes d'intensitĂ© dramatique, Crawl se dĂ©cline en divertissement dĂ©coiffant en dĂ©pit de facilitĂ©s rapidement occultĂ©es grâce Ă  l'Ă©minent savoir-faire de l'auteur. 

*Bruno

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