samedi 28 octobre 2023

Panic Room

                                              Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Imdb.com

de David Fincher. 2002. U.S.A. 1h52. Avec Jodie Foster, Kristin Stewart, Forest Whitaker, Jared Leto, Dwight Yoakam.

Sortie salles France: 24 Avril 2002. U.S: 29 Mars 2002

FILMOGRAPHIE: David Fincher est un réalisateur et producteur américain, né le 28 Août 1962 à Denver (Colorado). 1992: Alien 3. 1995: Seven. 1997: The Game. 1999: Fight Club. 2002: Panic Room. 2007: Zodiac. 2008: L'Etrange histoire de Benjamin Button. 2010: The Social Network. 2011: Millénium. 2014: Gone Girl. 2020 : Mank. 2023 : The Killer

MĂ©sĂ©stimĂ© par la critique française de l'Ă©poque car après quelques recherches sur le net je fus agrĂ©ablement surpris de constater les opinions contrairement favorables Outre-Atlantique, Panic Room est sans mauvais jeu de mot une rĂ©fĂ©rence du suspense Hitchcockien. Tant et si bien qu'Ă  la revoyure je l'ai trouvĂ© beaucoup plus stimulant, affolant, vertigineux de par l'incroyable maĂ®trise (technique / narrative) de Fincher Ă  nous confectionner de façon stylisĂ©e (la camĂ©ra mobile se faufile dans n'importe quel recoin du refuge domestique) un suspense estomaquant eu Ă©gard de l'hyper efficacitĂ© de son concept imparti aux huis-clos claustro. Et ce sans compter sur l'aspect fascinatoire de l'immense appartement filmĂ© sous tous les angles (j'insiste) comme si nous y Ă©tions. Effet immersif assurĂ© donc, notamment auprès de ses divers Ă©tages que les protagonistes arpentent de façon Ă  la fois tendue, dĂ©terminĂ©e, angoissĂ©e, pour ne pas dire Ă  cran au fil d'un cheminement sur la corde raide. Meg Altman et sa fille Sarah Ă©tant contrainte de s'emprisonner dans leur chambre de survie ultra high-tech pour se protĂ©ger de 3 cambrioleurs ayant investi les lieux de leur nouvel appartement huppĂ©. LivrĂ©es Ă  elles-mĂŞmes elles devont donc user de bravoure, beaucoup d'audaces et subterfuges pour dĂ©jouer les cambrioleurs de parvenir Ă  leur fin. A savoir empĂ´cher le magot de millions de dollars planquĂ©s malencontreusement dans la chambre de survie. VoilĂ  pour le pitch simpliste narrĂ© avec une attention toute particulière lorsqu'il s'agit d'un maĂ®tre en la matière, Mr David Fincher. Car vĂ©ritablement inspirĂ© par ce qu'il filme (on ne compte plus les plans sĂ©quences en 3D, l'attention accordĂ©e Ă  la luminositĂ©, le soin de la photo sĂ©pia) et amoureux de son actrice Jodie Foster, explosant l'Ă©cran Ă  chaque cadre (lĂ  aussi ce fut une totale redĂ©couverte pour sa force d'expression au diapason), celui-ci parvient Ă  faire naitre angoisse, suspense et action sous l'impulsion d'un rythme alerte dĂ©nuĂ© de temps mort (ephĂ©misme). 

Autant dire que nous restions collĂ© Ă  notre siège car scrupuleusement attentif aux faits et gestes des cambrioleurs et surtout de Meg et Sarah s'Ă©vertuant Ă  narguer leurs adversaires avec une intelligence finaude jubilatoire de par l'inversion des rĂ´les impartis. Jodie Foster, infiniment habitĂ©e par son rĂ´le de femme forte, dĂ©gageant un charisme forcenĂ© en hĂ©roĂŻne burnĂ©e provocant les stratagèmes de dĂ©fense avec un art consommĂ© de la motivation cĂ©rĂ©brale. Et sur ce point, si les situations pourraient peut-ĂŞtre parfois paraĂ®tre un brin improbables, l'actrice dĂ©gage une telle Ă©nergie physique et viscĂ©rale, une telle persuasion limite primale qu'elle y transcende l'impossible de par sa foi inĂ©branlable. Non, franchement elle reste très impressionnante, Ă  se demander mĂŞme s'il ne s'agit pas lĂ  d'un de ses meilleurs rĂ´les. Quant Ă  Kristen Stewart, elle aussi surprend du haut de ses 12 ans grâce Ă  sa sobriĂ©tĂ© Ă©purĂ©e de participer au cauchemar domestique avec une expressivitĂ© toujours impliquĂ©e en dĂ©pit de sa prĂ©sence secondaire toutefois indispensable au cours de l'action anxiogène. NĂ©anmoins, dans son dĂ©sir de trop plaire ou d'en faire trop, David Fincher s'embarasse Ă  mon goĂ»t d'un clichĂ© Ă©culĂ© (Sarah est diabĂ©tique insulino-dĂ©pendante) pour renouveller l'action et la tension aux moments les plus prĂ©caires quant Ă  leur enjeu de survie plus horrifiant. Pour autant, on marche toutefois Ă  plein tube lors de ces revirements angoissants, notamment auprès de rebondissements plutĂ´t retors car assez surprenants, pour ne pas dire paniquant (notamment cet incroyable intervention de 2 policiers face Ă  une Jodie Foster bicĂ©phale d'un flegme gĂ©nialement Ă©quivoque). Enfin, outre les prĂ©sences très convaincantes de Jared Leto en cambrioleur zĂ©lĂ© trop sur de lui et Dwight Yoakam en psychopathe placide Ă  la gachette facile, Forest Whitaker vole la vedette Ă  ses compagnons de par son humanisme torturĂ© afin de ne pas cĂ©der Ă  la violence d'autrui. Ce qui nous vaudra par ailleurs quelques surprises quant Ă  son Ă©volution morale tant en perdition qu'en requĂŞte de rĂ©demption pour tenir lieu de dĂ©sespoir de cause. 


Le Piège.
SĂ©rieusement, foncez revoir Panic Room, modèle de suspense Hitchcockien qui vous plaquera au siège de part en part au sein d'une souricière de tous les dangers. Car dĂ©licieusement tendu et angoissant, fascinant et jubilatoire, cet insidieux jeu du chat et de la souris se permet en outre de valoriser la cause fĂ©ministe Ă  travers le superbe profil d'une femme indĂ©pendante dĂ©libĂ©rĂ©e Ă  provoquer le trio machiste avec une capacitĂ© de rĂ©flexion gĂ©nialement profitable. A rĂ©habiliter d'urgence donc, tout du moins dans l'hexagone. 

*Bruno
2èx

Box Office France; 1 324 402 entrées

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire