mardi 24 octobre 2023

Saw X / Décadence X

                                               Photo empruntée sur Google, appartenant au site Imdb.com

de Kevin Greutert. 2023. U.S.A. 1h58. Avec Tobin Bell, Shawnee Smith, Synnøve Macody Lund, Steven Brand, Renata Vaca, Joshua Okamoto.

Sortie salles France: 25 Octobre 2023 (Int - 16 ans). U.S: 29 Septembre 2023 (Int - 17 ans).

FILMOGRAPHIE: Kevin Greutert, né le 31 mars 1965 à Pasadena en Californie aux États-Unis, est un réalisateur et monteur américain. 2009 : Saw VI. 2010 : Saw VII. 2014 : Jessabelle. 2015 : Visions. 2017 : Jackals. 2023 : Saw X. 


Relancer la fameuse saga estampillée "Tortur'porn" après 7 opus tous plus inutiles les uns les autres (en aditionnant Spirale : L'Héritage de Saw) relevait d'une gageure impossible. Et pourtant Kevin Greutert (à qui l'on doit pourtant Saw 6 et 7) parvient sans mal à réactiver la machine hardcore avec ce 10è opus autrement retors, prenant, affolant, efficace, évidemment sardonique, voir même surprenant eu égard de l'ingéniosité des tortures toutes plus machiavéliques les unes que les autres servi d'un scénario à twist (!) privilégiant la caractérisation humaine d'un des plus célèbres criminels de l'histoire de l'horreur qui tâche: Jigsaw John Kramer. Et si l'intrigue pourrait paraître chez une frange du public tirée par les cheveux (à l'instar des actions invraisemblables des victimes pour se défaire de leur piège transcendées d'une intensité putride à la limite du soutenable), elle demeure pour autant à mon sens assez solide pour relancer les exactions putassières et assez intelligente pour y dénoncer en filigrane le charlatanisme de la chirurgie auprès de margoulins sans scrupule, sans compter le cynisme des labos pharmaceutiques en étroite complicité. 


Mais outre l'aspect à la fois jouissif et malaisant des châtiments corporels hyper gores et réalistes (je crois qu'on avait pas vu aussi émétique depuis l'opus 3 interdit aux - de 18 ans) que l'on nous sert sans anesthésie, Saw X est notamment enrichi d'un cast spécialement convaincant, expressif, caractériel (jusqu'aux seconds-rôles les moins éloquents, à l'instar du gamin mexicain) sous l'impulsion de Tobin Bell se fondant une ultime fois dans le corps décati du tueur moribond avec un flegme ici un peu plus indulgent comme le souligne sa compassion pour certains personnages. On apprécie également de retrouver l'invitée surprise Shawnee Smith (de retour après le second opus) en faire-valoir criminel au physique aujourd'hui autrement plus inquiétant passées quelques années de rides. Bref, les personnages existent par eux-mêmes sans déborder pour notre plaisir de spectateur attentif à leurs faits et gestes pour s'extirper de la mort. Néanmoins, pour apprécier le (nouveau) spectacle barbare d'une étonnante efficacité (qui plus est épaulé d'une certaine maîtrise dans la réalisation et d'une photo épurée), il vaudrait peut-être mieux aborder le divertissement au second degré tant l'ironie mordante fait des étincelles en dépit de l'hyper réalisme de l'horreur extrême que l'on redoute autant que l'on escompte dans notre fort intérieur de pervers refoulé (ah ah !).   


D'une durée d'1h58 défiant notre notion temporelle, Saw X est une heureuse surprise inespérée après tant d'âneries mercantiles purement opportunistes passée la trilogie modestement réussie. Méchamment délirant, extrême, captivant, constamment tendu, jamais ridicule et assez dégueulasse auprès de ces anthologies incroyablement inventives, cet ultime chapitre faisant honorablement suite au 1er opus parvient à réanimer la saga parmi le savoir-faire d'un scénario subterfuge dénonçant une fois de plus l'attrait à la fois pusillanime, égotiste, vénal de l'homme prêt à phagocyter son prochain (tant pour sa survie que pour son propre intérêt). C'était sans compter sur John Kramer, redresseur (amoral ?) de tort un peu plus humaniste qu'autrefois. 

Ordre de préférence de la saga: 1 - 3 - 10 - 2.

*Bruno

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