Troisième rĂ©vision d’un objet de dĂ©viance horrifico-folingue, symptĂ´me hallucinĂ© des Seventies. Ă€ tel point que Quentin Tarantino s’en inspira pour affiner les contours de Planet Terror. Et ça dĂ©mĂ©nage en diable.
Pur produit d’exploitation, Buveurs de sang (I Drink Your Blood), Ă l’instar de son gĂ©nĂ©rique Grindhouse, marche dans les traces sanglantes d’Herschell Gordon Lewis. Son pitch dĂ©lirant (une secte de hippies satanistes contaminĂ©s par la rage après avoir dĂ©vorĂ© des tourtes Ă la viande infectĂ©e), sa facture visuelle fanĂ©e frĂ´lant un surrĂ©alisme poisseux, ses personnages dĂ©cervelĂ©s en totale roue libre, et ses effets spĂ©ciaux bricolĂ©s Ă la va-comme-je-te-pousse (on jurerait un rayon promo chez Leroy Merlin), participent Ă sa folie pure.
DĂ©complexĂ©, insensĂ©, foncièrement cintrĂ© – tant par les postures dĂ©glinguĂ©es de ces hippies vampirisĂ©s par le vice que par les situations horrifiques, insolentes, dĂ©rangeantes –, Buveurs de sang nage dans un mauvais goĂ»t assumĂ© avec l’art jubilatoire d’une Ă©mancipation ludique.
On s’Ă©moustille devant ce carnaval crasseux d’un autre âge, aussi malpoli que dĂ©licieusement dĂ©calĂ©, happĂ© par l’atmosphère d’une bourgade rurale gangrenĂ©e, fascinante et rĂ©pugnante Ă la fois, depuis l’irruption de ces illuminĂ©s enragĂ©s, possĂ©dĂ©s par des pulsions meurtrières.
ÉmaillĂ© de sĂ©quences extrĂŞmes, tantĂ´t grotesques, tantĂ´t crues, Buveurs de sang se dĂ©cline en dĂ©lire anarchique et imprĂ©visible. Sa narration Ă©clatĂ©e, son ambiance d’horreur rĂ©aliste teinte de sarcasmes semi-parodiques lui confèrent une saveur unique.
À condition, toutefois, de fuir comme la peste sa VF risible, qui tire vers la série Z la plus infréquentable.


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