"L’Ă©chiquier fatal de Bloodlines".
Avec un scĂ©nario plus charpentĂ© que les prĂ©cĂ©dents opus, sous une mainmise filiale, Destination Finale : Bloodlines redouble d’efficacitĂ© pour prĂ©mĂ©diter ses mises Ă mort, cultivant l’art exquis de l’expectative. PlutĂ´t que de miser sur la prĂ©visibilitĂ© des victimes dĂ©signĂ©es, Zach Lipovsky et Adam B. Stein s’amusent Ă brouiller les pistes, jonglant avec simulacre et subterfuge pour mieux nous prendre Ă revers.
La Mort, invisible, n’aura jamais aussi magistralement rĂ©glĂ© ses comptes : ses proies juvĂ©niles s’empĂŞtrent dans ses filets au moment le plus inopportun.
Quant aux gerbes sanglantes qui Ă©claboussent le rĂ©cit, leur aspect cartoonesque et numĂ©risĂ© n’est point un dĂ©faut : il dĂ©multiplie le plaisir innocent de ces situations dĂ©bridĂ©es, ourlĂ©es d’une cruautĂ© sardonique, dĂ©licieusement vicieuse et sans concession.
Constamment inventif et aimablement anxiogène, portĂ© par l’angoisse sourde d’une famille indĂ©cise, peu Ă peu fauchĂ©e par le sort, Destination Finale : Bloodlines enchaĂ®ne ses catastrophes avec une frĂ©nĂ©sie implacable et toujours justifiĂ©e.
Les personnages, pour la plupart gogos et affligés, manient une dérision tacite pour digérer leurs actes absurdes ou trop couillus, mais jouissifs, et affichent une stoïcité de survie qui arrache le rictus.
Un vrai rĂ©gal, ce chapitre diablotin, ourdissant plus retors que jamais un puzzle machiavĂ©lique autour d’une famille condamnĂ©e Ă ruser contre la plus perfide des fatalitĂ©s — malgrĂ© les jokers funestes que leur glisse, entre deux rires noirs, un (regrettĂ©) Tony Todd toujours aussi faucheur d’espoirs.
Ordre de préférence de la saga: 1 - 2 - 6 - 5 - 3 - 4.
Budget: 50 000 000 Dollars


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