mardi 20 janvier 2026

L'Homme qui rétrécit de Jan Kounen. 2025. France/Belgique. 1h40

                     (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
L'honneur est sauf, puisqu'il s'agit une relecture particulièrement intelligente du chef-d’œuvre de Jack Arnold, dans la mesure où Jan Kounen privilégie de bout en bout la caractérisation psychologique de son personnage principal, sans négliger les figures secondaires familiales, même si peu présentes passée la partie d'exposition. Si bien que durant la quasi-totalité du récit, nous nous retrouvons littéralement nez à nez avec Jean Dujardin, contraint de survivre dans un quotidien soudain devenu inhospitalier à mesure que son corps rétrécit.
 

Grâce à des effets spéciaux absolument irréprochables, L’Homme qui rétrécit se mue en un redoutable film d’aventure et de survie, mené de main de maître par un Jan Kounen inspiré, rigoureux, presque ascétique, au service d’une mise en scène d’une grande minutie. Jean Dujardin, lui, se fond entièrement dans la chair du personnage, accompagnant son évolution morale avec une foi inébranlable. Il incarne un homme à la fois apeuré dans sa condition démunie et esseulée, profondément inquiet de sa condition, de sa posture physique, contraint de se prémunir contre les dangers du quotidien : l’ameublement domestique, les insectes, l’araignée - et même un poisson, lors d’une superbe séquence onirique dont je tairai volontairement d’autres indices.
 

C’est dire à quel point L’Homme qui rétrécit déborde d’émotion à travers ces aventures extraordinaires, portées par l’investissement total de l'acteur, qui confère au film une dimension humaine souvent poignante. Une intensité viscérale même que vient parachever une conclusion véritablement émouvante, onirique, et, comme dans le classique de Jack Arnold, traversée par une réflexion existentielle puissante, presque salvatrice en prime de déclarer sa flamme à la valeur filiale.
 

On peut donc affirmer qu’il s’agit là d’un formidable remake - d’autant plus remarquable qu’il est signé par un cinéaste français - une aventure fantastique dont on ne voit pas le temps passer. On ne s’ennuie pas une seconde, et jamais, au grand jamais, Jan Kounen ne cède à la surenchère. Les séquences d’action, jamais confuses, restent constamment au service de la narration, infiniment crédibles. D'où l'effet d'émerveillement cauchemardesque. Et pour cela, on ne peut qu’applaudir un réalisateur qui refuse les sirènes du divertissement standardisé fondé sur l’excès. Une belle surprise donc - même si on aurait peut-être opté un peu plus d'originalité dans son schéma narratif connu des initiés.
 
 — le cinéphile du cœur noir 🖤

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