mercredi 14 janvier 2026

Sur un air de Blues / Song Sung Blue de Craig Brewer. 2025. U.S.A 2h12.

  (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
 
"La musique plus forte que le chagrin."

Sur un air de blues de Craig Brewer est un film musical sincèrement attachant à travers deux chanteurs de seconde zone, vibrant pour les yeux comme pour l'ouïe. Hugh Jackman et Kate Hudson y incarnent Mike et Claire, alias Lightning & Thunder (éclair et tonnerre), duo de scène et de cœur, cover band dédié aux reprises de Neil Diamond. On peut rappeler que ce terme anglicisme désigne un groupe musical spécialisé dans les reprises de chansons de groupes ou artistes célèbres. Et rapidement, la magie opère. Les chansons sont toutes magnifiques, portées par une intensité émotionnelle gratifiante, sublimées par la complémentarité fusionnelle du couple à l’écran. Qu’ils chantent réellement ou non importe peu: leur présence, leur justesse, leur énergie commune rendent chaque performance radieuse, sémillante, pour ne pas dire galvanisante.
 

On s’attache immédiatement à leur relation, à ce lien fragile et incandescent, même si, à mi-parcours, la crainte surgit de voir le film basculer dans un mélo appuyé à la suite d’un événement que je tairai. Mais heureusement, le récit reprend son souffle. Craig Brewer fait preuve d’une intelligence de mise en scène : le mélo, contenu et maîtrisé, ne dévore jamais le film. La trajectoire narrative se réaccorde alors au mouvement musical initial, et Sur un air de blues rebondit à nouveau pour renouer avec des scènes de concert absolument magnifiques, chargées d’émotion et d’élan vital, tout en rendant hommage à ces chanteurs de bars avec une émouvante sincérité au travers de leur ascension populaire que personne n'eut prévu.

Certes, Mike et Claire peuvent peut-être parfois frôler la caricature, mais Jackman et Hudson sont si investis, si spontanés, si profondément humains, que tout passe. Leur sincérité désamorce les quelques couacs, y compris un final qui s’attarde peut-être sur deux plans de trop, un peu appuyés sur les regards en berne. Pourtant, même là, le film choisit la sobriété à travers l'humilité de Claire, refusant d’exacerber les bons sentiments faciles auprès d'une chanson mémorablement digne. 
 

Au bout du compte, impossible de sortir indemne. Les larmes montent, inévitablement, lors d’un final bouleversant, à la fois doux et lumineux, porteur d’un message existentiel d’espoir et d’optimisme, sans jamais plomber l’atmosphère chaleureuse et solennelle qui irrigue tout le récit. Et les chansons, toujours superbes, donnent une furieuse envie de découvrir - ou redécouvrir - la véritable voix de Neil Diamond. Ce film est aussi un hommage vibrant, sincère, un récit biographique légèrement romancé mais assez respectueux, notamment dans le sort réservé à l’un des deux protagonistes. Un air de blues qui résonne longtemps après la dernière note. D'ailleurs, je n'ai eu qu'une seule envie après la projo: écouter la véritable voix de Neil Diamond dont j'ignorai l'existence. 
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤 

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