mercredi 28 janvier 2026

Viral de Henry Joost et Ariel Schulman. 2016. U.S.A. 1h25.

                                                         
                                  (Crédit photo : image trouvée via Google, provenant du site Imdb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)

J’ai découvert Viral de manière impromptue, presque par réflexe. Une intuition payante. Car j’ai bien fait de lui faire confiance.

Réalisé en 2016 par Ariel Schulman et Henry Joost, et sorti chez nous directement en VOD le 1er mars 2017 - soit un an après sa sortie ricaine - Viral s’impose comme une petite série B horrifique, aussi modeste qu’innocente, mais portée par de réelles intentions.

Nous sommes ici face à un film d’infectés, certes, mais l’horreur n’y est qu’un prétexte, un écran de fumée en sorte pour raconter autre chose : le drame intime de deux sœurs, recluses chez elles en l’absence du père, accompagnées d’un compagnon, et bientôt contraintes à un jeu de survie aussi fragile que désespéré.
Peu à peu, le récit nous invite à nous familiariser avec elles, à vivre à leur rythme, à ressentir leurs peurs. Analeigh Tipton et Sofia Black-D’Elia ne livrent pas un jeu ébouriffant, mais leur sobriété fait mouche. Elles dégagent une émotion nue, dépouillée, suffisante pour nous attacher à leur sort précaire.
 

Le film baigne dans une bourgade américaine écrasée par un soleil aride, presque malsain, renforcé par une photographie aux teintes sépia. Un quotidien paisible bientôt ravagé par un virus mortel qui transforme les habitants en corps erratiques, haineux, étrangers à eux-mêmes.
Pourtant, les cinéastes refusent la surenchère. Pas de déluge d’action, pas d’horreur hystérique. Viral préfère un suspense rampant, latent, ponctué de quelques séquences horrifiques - trois ou quatre - mais d’une efficacité redoutable. Leur impact tient à la violence soudaine des situations, à l’intensité des regards, et à un certain réalisme des effets spéciaux, suffisamment crédibles pour que l’on croie à ces parasites s’infiltrant sous la peau, contaminant les corps comme les liens.

Tout le film repose alors sur la fraternité, sur cette fratrie contrainte de se resserrer dans un huis clos domestique étouffant, tandis que la menace, inévitablement, finit par s’y infiltrer elle aussi. L’espace se rétrécit, l’air devient irrespirable, et la peur se fait intime.
 
 
Aussi simpliste, parfois prévisible, et modestement mis en scène soit-il, Viral fonctionne. On ne s’ennuie jamais. On s’attache sincèrement aux personnages, on partage leurs angoisses, on redoute leur sort. Et surtout, le film ne cède pas à la facilité d’un happy-end rassurant.

Au final, Viral s’affirme comme une série B honnête et désirable, une œuvre modeste mais soignée, qui privilégie la dramaturgie psychologique à l’esbroufe, et qui plonge le spectateur dans un cauchemar horrifique avant tout humain, porté par un humanisme désespéré, fragile, assez touchant pour emporter l'adhésion.
 
— le cinéphile du cœur noir 🖤 

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