(Crédit photo : image trouvée via google, provenant du site imb. Utilisée ici à des fins non commerciales et illustratives)
Quatrième revisite de Platoon hier soir, le chef-d’Å“uvre autobiographique d’Oliver Stone récompensé, à juste titre, par l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1987. Et quelle ne fut pas ma surprise d’avoir eu l’impression, cette fois-ci, de découvrir le film comme si c’était la toute première fois.
Car il faut bien le dire : Platoon est un film proprement malade de l’intérieur. Une Å“uvre monstrueuse, hantée par le Mal, qui finit par rejoindre le territoire du cinéma d’horreur tant son ambiance délétère semble contaminer les personnages jusqu’au plus profond de leur âme. C’est précisément ce qui rend le film si unique dans le paysage des récits consacrés à la guerre du Vietnam : l’ennemi n’est pas uniquement tapi dans la jungle vietnamienne, il se trouve déjà au cÅ“ur même du camp américain. Et il fallait oser le dépeindre frontalement avec autant de vérité antipathique !
Car il faut bien le dire : Platoon est un film proprement malade de l’intérieur. Une Å“uvre monstrueuse, hantée par le Mal, qui finit par rejoindre le territoire du cinéma d’horreur tant son ambiance délétère semble contaminer les personnages jusqu’au plus profond de leur âme. C’est précisément ce qui rend le film si unique dans le paysage des récits consacrés à la guerre du Vietnam : l’ennemi n’est pas uniquement tapi dans la jungle vietnamienne, il se trouve déjà au cÅ“ur même du camp américain. Et il fallait oser le dépeindre frontalement avec autant de vérité antipathique !
À travers l’affrontement entre le sergent-chef Barnes, incarné par un Tom Berenger absolument tétanisant (j'y reviens après), et Elias Grodin, porté par un Willem Dafoe poignant en redresseur de tort, Charlie Sheen, dans le rôle du jeune Chris Taylor, devient le témoin d’une guerre autant morale que physique. Coincé entre ces deux figures opposées, il observe peu à peu sa propre conscience s'altérer, attirée par une violence qu’il condamne autant qu’elle le fascine (son comportement à la fois puéril et erratique dans le village des paysans vietnamiens nous inspire une médiocrité dénuée d'éthique).
Ce qui frappe aujourd’hui à la revoyure de Platoon et qui m'a profondément dérangé, c’est l’impitoyable descente aux enfers orchestrée par Oliver Stone derrière sa scénographie spectaculaire où certains clichés sont vulgairement mis en valeur (la soirée de défonce) pour mieux nous ébranler ensuite. Le réalisateur ne fait aucune concession et refuse toute héroïsation romantique du soldat américain. Il filme des hommes épuisés, dégradés moralement, rongés par la peur, le sadisme et la brutalité gratuite. Des êtres pathétiques, méprisants, minables dans leur manière de s’abandonner à une barbarie devenue quotidienne.
Et c’est précisément là que réside la force monumentale du film : montrer comment toute guerre finit par avilir l’âme humaine au point de ne plus pouvoir distinguer les frontières entre le bien et le mal. Stone filme cette corruption avec un réalisme poisseux, morbide, quasi crapuleux (tant dans le non-dit que l'explicite), qui provoque autant le dégoût que l’effroi. La sueur, la boue, le sang, les cris, l’obscurité permanente : tout participe à cette sensation d’étouffement moral où chaque personnage semble lentement se décomposer de l’intérieur au sein d'un paysage ténébreux à faible lueur d'espoir.
Ainsi, Platoon n’a nullement usurpé sa réputation d’un des plus grands films de guerre, même si ma préférence personnelle ira toujours à Apocalypse Now, Voyage au bout de l'enfer et La Ligne Rouge. Il demeure néanmoins un immense moment de cinéma : une sorte de chef-d’Å“uvre (volontairement) maudit de l'intérieur, car démoniaque dans son atmosphère, où chaque personnage paraît contaminé par le vicel jusqu’à devenir le reflet absurde d’une guerre vidée d'idéologie, de sens, d'humanité.
Enfin, impossible de conclure sans évoquer l’interprétation hallucinante de Tom Berenger. Avec son visage balafré patibulaire, son regard vide et impassible, Barnes semble littéralement habité par le démon lui-même. Une présence terrifiante qui hante le film du début à la fin. L'aversion bat son plein. Face à lui, Charlie Sheen livre une performance étonnamment dense et nuancée, incarnant avec justesse ce jeune volontaire hésitant, progressivement rongé par la violence, jusqu’à s’interroger avec effroi sur sa propre métamorphose morale comme le souligne l'image finale désarmante de désespoir éploré.
Des décennies plus tard, Platoon semble empirer dans sa déchéance mentale. Il semble devenir plus toxique, plus triste, plus hanté, plus nécrosé, sous l'impulsion d'un score élégiaque terriblement en berne et déstabilisant, presque gênant.
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
Récompenses:
Oscars 1987
meilleur film
meilleur réalisateur
meilleur montage
meilleur son
ASCAP Awards 1988
Prix Top Box-office pour Georges Delerue
Golden Globes 1987 :
meilleur film dramatique
meilleur réalisateur
meilleur acteur dans un second rôle pour Tom Berenger
Berlinale 1987
Ours d'argent du meilleur réalisateur pour Oliver Stone
Oscars 1987
meilleur film
meilleur réalisateur
meilleur montage
meilleur son
ASCAP Awards 1988
Prix Top Box-office pour Georges Delerue
Golden Globes 1987 :
meilleur film dramatique
meilleur réalisateur
meilleur acteur dans un second rôle pour Tom Berenger
Berlinale 1987
Ours d'argent du meilleur réalisateur pour Oliver Stone
Eddie Awards 1987
meilleur montage pour Claire Simpson
Independent Spirit Awards 1987
meilleur film
meilleure photographie pour Robert Richardson
meilleur réalisateur pour Oliver Stone
meilleur scénario pour Oliver Stone
Awards of the Japanese Academy 1988
meilleur film en langue étrangère
BAFTA 1988
meilleur réalisateur pour Oliver Stone
meilleur montage pour Claire Simpson
meilleur montage pour Claire Simpson
Independent Spirit Awards 1987
meilleur film
meilleure photographie pour Robert Richardson
meilleur réalisateur pour Oliver Stone
meilleur scénario pour Oliver Stone
Awards of the Japanese Academy 1988
meilleur film en langue étrangère
BAFTA 1988
meilleur réalisateur pour Oliver Stone
meilleur montage pour Claire Simpson






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