David Morley signe une modeste série B horrifique qui transpire la sincérité et l'amour du genre. Je comprends d'autant mieux pourquoi Mad Movies l'avait tant défendu lors de sa sortie. Certes, son récit demeure relativement classique et sans grande surprise, mais le réalisateur parvient à insuffler une réelle efficacité à ce huis clos enneigé magnifiquement filmé dans les paysages de Haute-Savoie. Dès la première demi-heure, j'ai été séduit par son atmosphère particulièrement envoûtante grâce à une partition musicale mélancolique qui épouse parfaitement ce décor hivernal dévasté, où semblent suinter le danger, la putréfaction et la mort. La photo désaturée sublime ces paysages montagneux aussi photogéniques que dépaysants, renforçant encore davantage l'immersion dans ce film d'ambiance d'autant plus intimiste.
Face à eux se dressent des survivants aussi hostiles que désespérés, dont un duo d'antagonistes aussi violents que machistes, venant constamment ébranler leur quête. Les affrontements, d'une brutalité percutante, rappellent inévitablement 28 jours plus tard. Entre maquillages franchement convaincants, montage dynamique et attaques d'une férocité permanente, Mutants délivre un spectacle tendu, haletant et gore en diable. Les gerbes de sang, les corps mutilés et la violence omniprésente participent pleinement à cette ambiance sale, sombre et désemparée.
C'est bien connu, certains films ont simplement besoin d'une seconde - voire même d'une troisième - chance pour révéler toutes leurs qualités. A condition aussi de changer de regard pour que les choses puissent changer et s'ouvrir à nous. Mutants en fait désormais partie.


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