de Franc Roddam. 1985. Angleterre. 1h58. Avec Sting, Jennifer Beals, Anthony Higgins, Clancy Brown, David Rappaport, Geraldine Page, Cary Elwes.
Sortie salles France: 4 Septembre 1985. U.S: 16 Août 1985
FILMOGRAPHIE: Franc Roddam est un réalisateur, scénariste et producteur anglais, né le 29 Avril 1946.1977: Dummy (télé-film). 1979: Quadrophenia. 1983: La Loi des Seigneurs. 1985: La Promise. 1988: War Party. 1991: K2, l'ultime défi.
Bien qu'en parallèle, d'une séquence à l'autre, nous suivons également l'apprentissage d'Eve, la nouvelle créature entretenue par un Frankenstein enseignant, adepte d'une éducation inscrite dans l'indépendance féministe. Une idéologie contradictoire si bien que le réalisateur nous caractérise ensuite un baron autoritaire particulièrement jaloux et terriblement possessif depuis qu'un don Juan eut décidé de courtiser sa jeune promise. A travers ce rôle antagoniste, Sting s'emploie avec cynisme à exprimer le plus naturellement ses sentiments orgueilleux dans une silhouette angélique hautaine (visage pastel et chevelure dorée). Peut-être le plus grand rôle de sa carrière. En créature soumise mais toujours plus frondeuse, Jennifer Beals s'approprie son rôle avec sobriété d'une sensualité immaculée en abordant un jeu contestataire pour y défendre son autonomie existentielle impartie au féminisme. Enfin, le robuste Clancy Brown se camoufle sous l'apparence du monstre avec un maquillage modéré afin d'y représenter sa physionomie discrètement difforme. La encore, on se laisse facilement convaincre par ses expressions dociles mises en valeur par un jeu de mime jamais ridicule. Il faut le souligner. Par conséquent, autour de ce trio infortuné, Franc Roddam parvient à nous brode un conte fantastique où la romance occupe une place de choix (la quête amoureuse et désespérée de la créature pour la promise) mais auquel l'autorité d'hommes égoïstes, machistes, perfides (le baron dictateur et le séducteur usurpateur) vont venir compromettre sa nature virginale. A la résolution finale, on s'étonne du happy-end prodigué par le réalisateur tout en approuvant l'audace de son souffle romantique (jamais sirupeux) impartie à deux créatures candides auquel l'apparence ne dispose plus d'intérêt.
Soigneusement mis en scène (l'anthologie spectaculaire accordée au prélude), formellement poétique (la festivité du bal de confettis confine au sublime, aussi concise soit-elle) et largement privilégié de la présence notable de comédiens dirigeant la narration dans une psychologie torturée, La Promise demeure indiscutablement sincère et attachant à s'approprier le mythe en affichant les nobles valeurs de l'amour, de l'éducation et de la tolérance sur fond d'émancipation féminine. A redécouvrir sans préjugé.
*Bruno
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