de Tom Tykwer. 1998. Allemagne. 1h21. Avec Franka Potente, Moritz Bleibtreu, Herbert Knaup, Nina Petri, Armin Rohde, Joachim KrĂłl
Sortie salles France: 7 avril 1999. U.S: 18 juin 1999. Allemagne: 20 Août 1998.
"Nous ne cesserons pas notre exploration, et au terme de notre quête nous arriverons là d'où nous étions partis et nous connaîtrons ce lieu pour la première fois. Après le match, c'est avant le match !"
Film culte au sens premier du terme, Cours, Lola, cours est une production allemande lancĂ©e Ă l’adrĂ©naline d’une course dĂ©sespĂ©rĂ©e contre la montre. Alors que Manni devait remettre 100 000 marks Ă un trafiquant, un clochard lui dĂ©robe la somme dans un compartiment ferroviaire. AppelĂ©e Ă la rescousse, Lola tente d’obtenir la mĂŞme cagnotte auprès de son père banquier en vingt minutes, faute de quoi Manni serait liquidĂ©. Mais une cascade d’incidents imprĂ©visibles pousse Lola Ă repenser sa situation avec une persistance farouche.
ScindĂ© en trois actes, le film offre Ă l’hĂ©roĂŻne la possibilitĂ© de rejouer son destin maudit par diverses stratĂ©gies. Tom Tykwer dĂ©ploie une inventivitĂ© furieuse, transformant cette traque homĂ©rique en Ă©popĂ©e cadencĂ©e, comme une joggeuse Ă©chappĂ©e d’une bande dessinĂ©e. Sa stature effervescente, son cri perçant, sa tenue criarde, sa chevelure rouge - que Alias imitera plus tard - en font une figure explosive. DĂ©bridĂ© et jouissif, le film multiplie les trouvailles visuelles : sĂ©quences animĂ©es, flashforwards foudroyants qui bouleversent le destin de simples figurants. Cours, Lola, cours renouvelle sans cesse son Ă©nergie par un enchaĂ®nement de hasards et de personnages extravagants, inscrits dans une obstination fĂ©brile.
Éloge de la constance, de la foi en son Ă©toile, le rĂ©cit ouvre des pistes philosophiques et spirituelles (la rĂ©incarnation en filigrane), tout en creusant les failles intimes d’un couple en quĂŞte d’avenir. Romance passionnelle oĂą l’amour peut, peut-ĂŞtre, sauver deux destins marginaux, le film explore surtout les rĂ©percussions - heureuses ou fatales - de nos choix les plus anodins. Entre lyrisme, humour dĂ©calĂ© et tension oppressante, la course Ă©perdue se nourrit d’une musique techno mĂ©tronomique qui galvanise chaque pas, et qui n'a toujours pas pris une ride.
Ovni clipesque en trois mouvements, Cours, Lola, cours dĂ©borde de fougue et d’insolence, ironisant sur l’absurditĂ© existentielle. Au-delĂ de la virtuositĂ© formelle, l’Ĺ“uvre est transcendĂ©e par Franka Potente, rĂ©vĂ©lation viscĂ©rale : cri strident, fragilitĂ© brĂ»lante, Ă©nergie d’anti-hĂ©roĂŻne mue par l’amour et la rage de vaincre. Un mĂ©ga-trip fulgurant, Ă dĂ©vorer sans modĂ©ration.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir
22.01.16 (4èx)
26.08.01
Récompenses: Prix du film allemand 1999 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur second rôle féminin pour Nina Petri, meilleur second rôle masculin pour Herbert Knaup, prix du public pour le film de l'année et pour Franka Potente en tant que meilleure actrice.



















































