mardi 19 janvier 2016

TRULY MADLY DEEPLY. Prix de la Critique, Avoriaz 92.

                                                                          Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

de Anthony Minghella. 1991. Angleterre. 1h47. Avec Juliet Stevenson, Alan Rickman, Bill Paterson, Michael Maloney, Jenny Howe, Carolyn Choa, Christopher Rozycki.

Sortie salles France: 8 Avril 1992

FILMOGRAPHIEAnthony Minghella est un rĂ©alisateur, scĂ©nariste, producteur et acteur britannique, nĂ© le 6 janvier 1954 sur l’Ă®le de Wight, dĂ©cĂ©dĂ© le 18 mars 2008.
1991: Truly, Madly, Deeply. 1993 : Mr. Wonderful. 1996 : Le Patient anglais. 1999 : Le Talentueux M. Ripley. 2003 : Retour Ă  Cold Mountain. 2005 : Par effraction.


CĂ©lĂ©brĂ© Ă  Avoriaz par 2 rĂ©compenses (Prix de la Critique, Prix d'InterprĂ©tation FĂ©minine), Truly, Madly, Deeply aura marquĂ© une gĂ©nĂ©ration de spectateurs et vidĂ©ophiles en prime de son succès critique. ComĂ©die romantique impartie Ă  une ghost story naturaliste, cette première oeuvre d'un rĂ©alisateur nĂ©ophyte distille un humanisme prude pour l'idylle amoureuse compromise entre une veuve et son mari dĂ©funt. Depuis la mort subite de son Ă©poux, Nina ne parvient pas Ă  faire le deuil dans son inconsolable chagrin. Mais un soir, son amant rĂ©apparaĂ®t sous les traits d'un revenant afin d'apaiser sa souffrance morale. Au fil des jours, et depuis l'arrivĂ©e d'autres compagnons fantĂ´mes, une lassitude s'interpose entre eux.


Film d'auteur inscrit dans la pureté des sentiments, Truly, Madly, Deeply emprunte le conte moderne pour aborder le thème de la perte de l'être cher du point de vue d'une tragédie inéquitable. Sobrement réalisé parmi le parti-pris de ne jamais se soustraire au pathos, l'intrigue se focalise sur les rapports intimistes du couple en étreinte parmi l'intrusion cocasse de fantômes amicaux venus s'installer dans leur appartement afin de flâner devant la TV à dévorer des classiques en VHS. De par ses moments intenses de tendresse et ses situations pittoresques conçues sur la fantaisie de spectres impertinents émane un climat fantasmagorique inscrit dans un réalisme prégnant. A l'instar de la luminosité de sa photographie limpide et surtout du jeu spontané des comédiens exprimant leur tendresse commune avec une sensibilité tantôt bouleversante. Outre la présence à contre-emploi du regretté Alan Rickman en fantôme flegmatique délibéré à soutenir sa bien aimée pour l'inciter à renouer avec le bonheur, le film est transcendé par la prestance viscérale de Juliet Stevenson exprimant de manière éperdue des sentiments de fragilité, de crainte mais aussi de persévérance à s'efforcer de transgresser son insurmontable fardeau.


Hymne Ă  la vie dans sa facultĂ© Ă  refonder un bonheur perdu, rĂ©flexion spirituelle sur l'au-delĂ , tĂ©moignage Ă©mouvant et plein de poĂ©sie sur le souvenir et la condition altruiste de nos dĂ©funts, Truly, Madly, Deeply dĂ©livre un message plein d'optimisme quant Ă  la reconstruction sociale de l'hĂ©roĂŻne convaincue que l'amour reste inaltĂ©rable avec l'appui d'un ange philanthrope inscrit dans la tolĂ©rance. Une oeuvre fastueuse particulièrement subtile dans son refus de fioriture, Ă  redĂ©couvrir avec beaucoup d'Ă©motion sachant qu'Alan Rickman s'est aujourd'hui vĂ©ritablement fondu dans la peau de son personnage mystique ! 

DĂ©dicace Ă  Nadine Izquierdo

Récompenses: Prix de la Critique, Prix d'Interprétation Féminine (Juliet Stevenson) à Avoriaz, 1992




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