jeudi 2 mai 2013

The Lords of Salem

                                        Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Popmovies.fr

de Rob Zombie. 2012. U.S.A. 1h41. Avec Sheri Moon Zombie, Richard Lynch, Bruce Davison, Meg Foster, Lew Temple, Ernest Lee Thomas, Ken Foree.

Sortie salles U.S: 19 Avril 2013

FILMOGRAPHIE: Rob Zombie est un chanteur, musicien et rĂ©alisateur amĂ©ricain, nĂ© le 12 Janvier 1965 Ă  Haverhill, dans le Massachusetts. 2003: House of 1000 Corpses. 2005: The Devil's Rejects. 2007: Werewolf Women of the S.S. (trailer). 2007: Halloween. 2009: Halloween 2. 2012: The Lords of Salem.


Bad trip expérimental, messe noire invoquée au culte de Satan, délire horrifique chargé de symboles lucifériens, le nouveau Rob Zombie est un ovni anti religieux qui risque sévèrement de vous ébranler les neurones ! Difficile en l'état actuel d'évoquer ses impressions à chaud tant le film déroute méchamment. Néanmoins, et de manière prégnante, il nous préserve en mémoire des séquences cauchemardesques jamais vues au préalable ! Que l'on aime ou que l'on rejette en bloc ce pamphlet anticlérical, on ne peut nier la stylisation novatrice du réalisateur ainsi que son esthétisme formel déployant de saisissantes plages d'onirisme macabre. Qui plus est, la photographie élégamment teintée de filtres verts, sépia et rouges renforce l'aspiration du réalisateur ici régi en véritable créateur d'images picturales ! Que ce soit l'architecture religieuse d'un oratoire ou du design baroque de l'appartement de Heidi, de la nature automnale d'un parc public ou de la procession mystique du concert des Lords ! L'ambiance chaude et envoûtante, l'atmosphère urbaine palpable fonctionne si bien que l'on jurerait que ce soit une prod native des années 70.


Or, tout est dans l'art de la mise en scène et la manière de narrer une histoire d'impiĂ©tĂ© hĂ©ritĂ©e des conspirations de Rosemary's Baby ou du Locataire. Si les sĂ©quences hallucinatoires (oh combien incongrues !) suggĂ©rĂ©e par l'hĂ©roĂŻne s'avèrent au dĂ©part un peu trop rĂ©currentes, son cheminement tortueux laisse place Ă  d'autres Ă©vènements plus inquiĂ©tants, telle cette rencontre pernicieuse avec ces trois voisines de palier. D'ailleurs, parmi ce trio Ă©voquĂ©, quel plaisir de retrouver les talentueuses Meg Foster et Dee Wallace Stone dans des prestances littĂ©ralement malveillantes. Vibrant hommage aux sorcières de Salem, Rob Zombie semble habitĂ© par le malin Ă  daigner nous entraĂ®ner dans une sarabande diabolique oĂą la verdeur des dialogues n'a jamais Ă©tĂ© aussi scabreuse afin d'y rĂ©pudier la divinitĂ© de Dieu ! Le clou du nihilisme funeste atteignant son paroxysme lors d'un final emphatique lardĂ© d'images psychĂ©dĂ©liques parfois couillues (on peut aussi Ă©voquer l'univers mĂ©taphysique d'Alejandro Jodorowski). Au niveau des comĂ©diens, chaque personnage possède la physionomie adĂ©quate (sclĂ©rosĂ©e ou burinĂ©e pour certains) afin de camper leur rĂ´le avec une conviction suprĂŞme. Quand Ă  l'apparence chĂ©tive de Sheri Moon Zombie, transie d'Ă©moi, elle promène sa silhouette Ă  la manière d'une fantĂ´mette errante !


Danse avec le diable
CĂ©rĂ©moniel mortifère littĂ©ralement atypique de par son imagerie fĂ©tide (voir la sĂ©quence flamboyante du martyr des sorcières condamnĂ©es Ă  rĂ´tir sur le bĂ»cher), The Lords of Salem dĂ©route et dĂ©concerte, Ă©branle nos habitudes ludiques en provoquant la fascination sĂ©pulcrale pour ceux qui sauront se laisser envoĂ»ter par son univers extrĂŞmement occulte. VĂ©ritable ovni subversif multipliant les provocations visuelles et verbales Ă  travers un esthĂ©tisme singulier, Rob Zombie dĂ©livre ici son film le plus personnel en auteur ambitieux. Un esthète prodige vouĂ© Ă  l'anticonformisme au risque de dĂ©plaire une frange de spectateurs non initiĂ©s. Une chose est sure, The Lords of Salem s'Ă©rigera en phĂ©nomène culte auprès du cercle fermĂ© des adorateurs de Satan. 
Pour public averti 

*Bruno
08.04.24. Vo
02.05.13

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire