mercredi 22 mai 2013

The Nesting (Phobia / Massacre Mansion)

                              Photo empruntée sur Google, appartenant au site lantredelhorreur.blogspot.com

de Armand Weston. 1981. U.S.A. 1h43. Avec Robin Groves, Christopher Loomis, Michael David Lally, John Carradine, Gloria Grahame, Patrick Farrelly.

FILMOGRAPHIE:  Armand Weston est un réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain, décédé le 26 Mai 1988. 1970: The Hot House. 1972: Personnals (documentaire). 1975: The Defiance of good. 1976: Expose me, lovely. 1976: The Taking of Christina. 1978: Take Off. 1979: Radical Sex Styles (documentaire). 1981: The Nesting. 1984: Blue Voodoo (non crédité, dtv).

Inédit en salles dans nos contrées, The Nesting est une curiosité horrifique réalisée par un cinéaste méconnu, ayant parfois œuvré dans la pornographie (Defiance of Good demeure un incontournable pour les amateurs de X des seventies). Explorant le thème de la hantise au cœur d’une vaste demeure abandonnée, cette série B emprunte notamment à Shining dans la caractérisation d’une écrivaine au bord de la rupture. Car au-delà de son agoraphobie, Lauren Cochran est assaillie d’hallucinations cauchemardesques, fruits de fantômes revanchards.

Le pitch : pour transcender sa peur, Lauren s’exile et emménage dans une vieille bâtisse octogonale, nichée au cœur d’une nature forestière hostile. Rapidement, d’étranges manifestations surnaturelles se mettent à la persécuter. Déterminée à ne pas céder et à combattre sa maladie, elle décide d’y rester, mais sombre peu à peu dans une folie paranoïde, insidieuse et dévorante.

Amateurs d’ambiances latentes et feutrées, The Nesting s’appuie avant tout sur le principe de la suggestion pour distiller une angoisse diffuse, délicieusement palpable. Le soin apporté aux décors architecturaux, tout comme l’esthétisme de sa photographie rétro - notamment cette reconstitution flamboyante d’un bordel des années 50 -, accentuent sans peine son pouvoir d’envoûtement. Si sa structure narrative paraît d’abord éculée, elle finit par surprendre grâce à un alliage inattendu de délire insolent - une traque presque cartoonesque impliquant l’héroïne et les agissements psychotiques d’un fermier erratique - et d’épouvante vintage, nourrie par les apparitions récurrentes de spectres farceurs au sein d’une demeure à l’aura surnaturelle.

En amont, et avec une réelle maîtrise technique, une séquence vertigineuse confinée sur le toit de la bâtisse redouble d’intensité, mettant en jeu la survie de deux protagonistes sévèrement éprouvés par la peur du vide et la présence d’esprits démoniaques. Si le jeu hésitant de certains comédiens et la pauvreté des dialogues laissent parfois à désirer, le réalisateur conserve suffisamment d’intégrité pour façonner un petit film d’épouvante affable, aussi intrigant qu’immersif. Sa dernière demi-heure, particulièrement débridée, enchaîne les rebondissements cinglants jusqu’à révéler les secrets d’une filiation vénale, avant de basculer, dans un dernier acte frénétique, vers une violence rigoureuse : un carnage sanglant filmé dans une chorégraphie hypnotique au ralenti. Etonnant ! 


De cette production obscure émane au final un film un peu maladroit - direction d’acteurs approximative, réalisation parfois dilettante - mais largement contrebalancé par un climat d’étrangeté irrésistiblement captivant et une structure narrative multiforme, étonnamment détonante. Une belle surprise formellement épurée, presque un ovni, injustement dénigré dans l’Hexagone.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

Dédicace à Céline Trinci Lavidalie
22.05.13



3 commentaires:

  1. Très gentil la dédicace :) Merci. Que dire de ce film... Je l'ai découvert récemment. Depuis des années je désirais le voir. La raison principale était que je croyais - à tort - que c'était un slasher! Il est d'ailleurs classé dans cette rubrique par certains sites (sic). Rien à voir bien évidemment car c'est un film de hantise. Je le trouve ENORME : histoire excellente, qqs effets gores bienvenus, ambiance assez terrifiante et final émouvant. Bref, je le mets au mm niveau que des perles comme The Changeling. Petit bémol : une musique pas tjs bien adaptée je trouve(Pattes de Velours).

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  2. C'est toi Céline qui m'a convaincu de son potentiel artistique, la dédicace est donc équitable ! ^^

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