mardi 16 septembre 2014

IN FEAR

                                                           Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site horror-movies.ca

de Jeremy Lovering. 2013. Angleterre. 1h25. Avec Iain de Caestecker, Alice Englert, Allen Leech.

Sortie salles Angleterre: 16 Novembre 2013

FILMOGRAPHIE:  Jeremy Lovering est un rĂ©alisateur et scĂ©nariste anglais.
2003: Killing Hitler (Documentaire). 2004: Sex and Lies (tĂ©lĂ©-film). 2008: Le Choix de Jane (tĂ©lĂ©-film).  In Fear


HabituĂ© aux sĂ©ries TV et tĂ©lĂ©-films, Jeremy Lovering passe enfin au long mĂ©trage cinĂ©ma avec In Fear, un film d'angoisse orientĂ© sur le climat d'une forĂŞt crĂ©pusculaire qu'un couple en vĂ©hicule traverse indĂ©finiment. Après s'ĂŞtre Ă©changĂ© quelques mots sur le net, Tom et Lucy se rencontrent et dĂ©cident de rejoindre un festival de musique. Ayant rĂ©servĂ© une chambre d'hĂ´tel, ils doivent emprunter une forĂŞt pour y accĂ©der. Mais leur itinĂ©raire routier les mènent Ă  une destination sans fin. 


A partir d'un pitch intrigant hĂ©ritĂ© d'un Ă©pisode de la 4è Dimension (et dĂ©jĂ  abordĂ© par Richard Marquand lors d'une sĂ©quence-clef de Psychose, phase 3), In Fear tente de distiller suspense et frissons lorsqu'un couple Ă©garĂ© est contraint de tourner en rond au sein d'une vĂ©gĂ©tation hostile. En essayant de jouer avec les nerfs du spectateur, le rĂ©alisateur tisse une Ă©trange intrigue majoritairement bâtie sur l'inquiĂ©tude et l'apprĂ©hension de nos protagonistes. Car sujets Ă  divers incidents inexpliquĂ©s et brimades d'individu(s) planquĂ©(s) dans l'obscuritĂ© d'un bois, Tom et Lucy n'auront de cesse d'expĂ©rimenter leur courage pour affronter la peur de l'inconnu. Qui peut donc en vouloir Ă  ce jeune couple sans histoires, quel est l'intĂ©rĂŞt de les traquer sans rĂ©pit avec une raillerie insolente et pour quelle raison la route empruntĂ©e ne les dirigent qu'Ă  leur point de dĂ©part ? Si la bonne intention du rĂ©alisateur est de privilĂ©gier l'atmosphère opaque d'une scĂ©nographie forestière et la claustration du huis-clos en interne d'une voiture, la redondance de l'intrigue finit par nous lasser, faute de rebondissements quasi inexistants et de personnages Ă  la prestance perfectible. Pourtant, on sent bien une volontĂ© des comĂ©diens d'insuffler de la densitĂ© Ă  leur fonction de victime pourchassĂ©e rapidement dĂ©concertĂ©e par des Ă©vènements nonsensiques. Mais leur comportement apeurĂ© parfois sujet Ă  l'Ă©tat de panique ainsi que leur faible audace Ă  repousser l'antagoniste manquent cruellement de conviction pour nous convaincre de leur calvaire. Si deux, trois sĂ©quences parviennent Ă  nous soutirer un sentiment d'oppression (principalement la première demi-heure jouant habilement de la peur du noir !), le cheminement prosaĂŻque qu'empruntent nos hĂ©ros s'avère d'autant plus rĂ©barbatif que la rĂ©solution de leur harcèlement s'achève en queue de poisson !


A vouloir privilĂ©gier intelligemment la suggestion de l'angoisse et l'atmosphère nocturne d'une forĂŞt propice Ă  l'embrigadement, In Fear se laisse prendre au piège de sa vacuitĂ© narrative, faute d'une intrigue dĂ©cousue rapidement dĂ©nuĂ©e de tension et de personnages ternes dans leur fonction de cobayes asservis.

Bruno Matéï 

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