jeudi 12 mars 2015

L'Invasion des morts-vivants / The Plague of the Zombies

                                                                Photo empruntée sur Google, appartenant au site projectdeadpost.com

de John Gilling. 1966. Angleterre. 1h30. Avec André Morell, Diane Clare, John Carson, Brooks Williams, Jacqueline Pearce, Michael Ripper.

Sortie salles Angleterre: 9 Janvier 1966

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: John Gilling est un réalisateur et scénariste anglais, né le 29 Mai 2012 à Londres, décédé le 22 Novembre 1984 à Madrid (Espagne).
1957: Pilotes de haut-vol. 1958: Signes particuliers: néant. 1959: L'Impasse aux Violences. 1961: Les Pirates de la Nuit. 1962: L'Attaque de San Cristobal. 1966: L'Invasion des Morts-Vivants. 1966: La Femme Reptile. 1967: Dans les Griffes de la Momie. 1975: La Cruz del diablo.


Tourné simultanément avec La Femme-Reptile en 1966 afin de réutiliser les mêmes décors - le village de Cornouailles et le château - John Gilling renoue ici avec une horreur insolite, à travers une variation aussi originale qu’intelligente du mythe du zombie. Une invasion de morts-vivants, ressuscités par le culte vaudou, réduits à l’état d’esclaves et condamnés à œuvrer au fond d’une mine désaffectée.

Synopsis: À la suite d’une vague de morts inexpliquées, le docteur Peter Tompson sollicite l’aide de son confrère, le professeur Forbes, dans l’espoir d’élucider ces découvertes macabres. Leur enquête les conduit à côtoyer un châtelain énigmatique, flanqué de sbires rompus à la chasse à courre, figures d’une aristocratie trouble et prédatrice.


Bâti sur un schéma proche de La Femme-Reptile - une enquête policière prolongée par deux protagonistes cherchant à faire émerger la vérité et désigner les coupables - L’Invasion des morts-vivants exploite avec brio un pitch singulier où s’entrelacent séances de vaudou, hypnotisme, exhumations, résurrections de cadavres, disparitions, enlèvements, trafalgars et péripéties haletantes, jusqu’à un point d’orgue explosif où le feu devient instrument d’expiation. Sa dernière partie, presque homérique, multiplie les incidents, les alertes et les rixes violentes, engageant nos héros dans une lutte désespérée pour leur survie. La séquence où le professeur Forbes se retrouve piégé dans le château en flammes se révèle d’ailleurs particulièrement oppressante, portée par la vigueur du montage et un suspense d’une âpreté remarquable.

Pour une première et unique incursion de la Hammer dans l’archétype du zombie, le studio s’en sort avec les honneurs, sous l’égide de l’artisan inspiré John Gilling, déjà responsable du chef-d’œuvre L’Impasse aux violences. Remarquablement interprété - avec plusieurs seconds rôles déjà entrevus dans La Femme-Reptile - le film bénéficie d’une photographie sépia qui sublime l’architecture gothique du manoir et l’atmosphère irréelle d’une nature feutrée. Il parvient surtout à iconiser tout un sérail de " zombies mineurs", réduits au rang de domestiques au service d’une exploitation de fer. Visages argileux, défroques de moines, yeux blêmes exorbités : ces cadavres parcheminés dégagent un charisme ensorcelant, figés dans leur posture rigide d’ouvriers sous-exploités. Sans compter la poésie macabre qui émane de certaines séquences d’effroi, comme la première apparition de l’un d’entre eux ou leur résurrection au cœur du cimetière.

D’une redoutable intelligence dans sa logique sociale et économique, étonnamment terre-à-terre - le vaudou y devient un outil de domination économique - L’Invasion des morts-vivants, portrait d’une aristocratie prédatrice, s’impose comme un film maîtrisé, original, puissamment interprété et efficacement haletant, digne de figurer parmi les classiques Hammer, dans une envergure exotique et macabre.

— le cinéphile du cœur noir 🖤

28.12.25. 3è. vostf

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