jeudi 26 mars 2015

FRANKENSTEIN S'EST ECHAPPE (The Curse of Frankenstein)

                                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinenode.com

de Terence Fisher. 1957. Angleterre. 1h22. Avec Peter Cushing, Hazel Court, Robert Urquhart, Christopher Lee, Melvyn Hayes, Valerie Gaunt, Paul Hardtmuth, Noel Hood.

Sortie salles France: 29 Novembre 1957. Angleterre: 2 Mai 1957

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un réalisateur britannique né le 23 février 1904 à Londres (Maida Vale), et décédé le 18 juin 1980 dans la même ville.
1957 : Frankenstein s'est échappé, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein , 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La Malédiction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les Maîtresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll , 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le Fantôme de l'Opéra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All, 1964 : La Gorgone , 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'Île de la terreur , 1966 : Dracula, prince des ténèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein créa la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974 : Frankenstein et le monstre de l'enfer.


Premier volet de la saga Frankenstein remis au goĂ»t du jour par la cĂ©lèbre sociĂ©tĂ© Hammer Films, Frankenstein s'est Ă©chappĂ© confronte un an avant le Cauchemar de Dracula, nos deux gentlemens de l'horreur, Peter Cushing et Christopher Lee. Enorme succès Ă  travers le monde, Terence Fisher rĂ©ussit ici Ă  rĂ©inventer le mythe sans daigner plagier le chef-d'oeuvre de James Whale et parmi le procĂ©dĂ© novateur du Warnercolor. Un parti-pris ostensible afin de favoriser l'anxiĂ©tĂ© du spectateur face Ă  l'apparence estropiĂ©e du monstre du Docteur. 


Christopher Lee endosse son rĂ´le mutique dans une dĂ©froque croulante de mort-vivant au visage lardĂ© de plaies et entailles vĂ©rolĂ©es ! RĂ©duit au monstre de foire, il est caractĂ©risĂ© comme la symbiose d'une crĂ©ation improbable façonnĂ©e entre les mains du savant-fou. De manière dĂ©complexĂ©e, Terence Fisher brosse notamment le portrait d'un docteur dĂ©saxĂ© car n'hĂ©sitant pas Ă  supprimer tĂ©moins gĂŞnants et Ă  sacrifier la vie d'autrui pour la rĂ©ussite de ses travaux sur la crĂ©ation de la vie. 

Arrogant, mĂ©galo, infidèle, obtus et obstinĂ©, Peter Cushing se dĂ©lecte Ă  exprimer sans retenue ses sentiments indociles dans une mosaĂŻque de folie, de fureur et de perversitĂ©. A l'instar de son comportement cynique Ă©changĂ© avec la gouvernante, car n'hĂ©sitant pas Ă  l'humilier et la railler lorsqu'elle lui annonce qu'elle porte son propre enfant. 

EpaulĂ© d'un conseiller humaniste Ă  contre-courant de son esprit sans vergogne, Robert Urquhart lui partage la vedette avec aplomb et inquiĂ©tude pour son tĂ©moignage dĂ©sarmĂ© d'assister Ă  des expĂ©riences morbides toujours plus licencieuses (le docteur n'hĂ©site pas Ă  moult reprises Ă  ressusciter sa crĂ©ature pour parfaire son ambition !). Outre la force de l'intrigue attisant l'expectative de la rĂ©ussite scientifique avant les revirements de la fuite du monstre, Frankenstein s'est Ă©chappĂ© doit beaucoup de sa densitĂ© dans l'acuitĂ© des rapports de force Ă©mis entre le baron et Paul Krempe. Tous deux se livrant aux Ă©changes de point de vue toujours plus virulents quant Ă  la rĂ©flexion morale du bien et du mal et avant d'entraĂ®ner l'inĂ©vitable dĂ©route du Baron. 


Mis en scène avec brio dans son influence de dĂ©poussiĂ©rer le genre horrifique et brillamment interprĂ©tĂ© (le trio incompatible se dĂ©mène avec une rogne en crescendo), Frankenstein s'est Ă©chappĂ© rĂ©actualise l'histoire de Mary Shelley parmi l'audace de l'Ă©tude caractĂ©rielle. Celle du baron symbolisĂ© ici comme un meurtrier orgueilleux littĂ©ralement aveuglĂ© par sa dĂ©chĂ©ance morale. Quant Ă  la fonction monstrueuse de Christopher Lee, il se livre au jeu de la pantomime dans une psychose Ă©perdue et parmi l'exubĂ©rance de maquillages graveleux ! Une relecture inaltĂ©rable aussi intelligente que passionnante sous l'effigie gothique d'Hammer Films. 

La chronique de la Revanche de Frankenstein : http://brunomatei.blogspot.fr/…/la-revanche-de-frankenstein…

Bruno Matéï
2èx

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