Honogurai mizu no soko kara de Hideo Nakata. 2002. Japon. 1h41. Avec Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Asami Mizukawa, Mirei Oguchi, Fumiyo Kohinata, Yu Tokui.
Sortie salles France: 26 Février 2003. Japon: 19 Janvier 2002
FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Hideo Nakata est un réalisateur japonais, né le 19 Juillet 1961 à Okayama.
1998: Ring. 1998: Ring 2. 1999: Chaos. 2002: Dark Water. 2005: Le Cercle 2. 2007: Kaidan. 2008: L: Change the World. 2010: Chatroom. 2010: Incite Mill. 2012: TV Show. 2013: The Complex. 2014: Monsterz.
Récompenses:
Corbeau d'argent, lors du Festival international du film fantastique de Bruxelles, 2002.
Grand Prix, Prix du jury jeune et Prix de la critique internationale au festival Fantastic'sArts 2003.
Rendu célèbre avec les deux premiers opus de la trilogie Ring, Hideo Nakata renoue avec la ghost story avec Dark Water, justement ovationné à Gérardmer avec trois récompenses.
Prenant pour thèmes l'abandon et la fragilité de l'enfance lorsque des parents divorcés se disputent la garde, Dark Water juxtapose angoisse et étude psychologique avec une rare intelligence. Tant par sa mise en scène épurée, particulièrement soignée, que par la manière originale dont Hideo Nakata aborde la hantise à travers la complicité d’un élément naturel : l’eau.
Sur ce point, les séquences illustrant l’infiltration de l’humidité le long des tapisseries, jusqu’à cette tache grandissante incrustée au plafond, parviennent à distiller un malaise sous-jacent. Celui-ci ira crescendo lorsque les inondations gagneront du terrain, attisant la curiosité de Yoshimi.
Drame familial s’il en est, notamment lorsque l’on découvre l’issue tragique de son dénouement, aussi effrayant que bouleversant, Dark Water parvient à télescoper l’inquiétude des apparitions spectrales avec l’étude de caractère d’une mère en perdition. Cette dernière redouble d’efforts pour préserver la garde de sa fille, malgré ses erreurs quotidiennes qui trahissent un manque d’attention.
Cette relation d’amour compromise entre une mère et sa fille, Hideo Nakata la transcende à travers la dimension humaine d’une femme fragilisée par l’oppression du travail, des juges et de la solitude. Et ce, au moment même où elle se voit contrainte de résoudre une troublante affaire de disparition infantile au sein de son immeuble.
Rehaussé d’une photographie aux teintes pastel contrastant avec l’épure de son angoisse latente, Dark Water cultive un goût pour le mystère et une approche éthérée de la suggestion. Ce parti pris permet à l’intrigue surnaturelle d’exacerber l’accumulation des incidents tout en nous interrogeant sur la responsabilité parentale, le sens du sacrifice et le sentiment d’abandon du point de vue de l’enfant.
Sans doute l’œuvre la plus aboutie de son auteur, en tout cas la plus subtile, lancinante et dense.




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