de George Franju. 1960. France. 1h28. Avec Pierre Brasseur, Alida Valli, Juliette Mayniel, Édith Scob, François Guérin, Alexandre Rignault, Béatrice Altariba, Charles Blavette, Claude Brasseur.
Sortie salles France: 11 janvier 1960.
FILMOGRAPHIE: Georges Franju est un réalisateur français, né le 12 avril 1912 à Fougères (Ille-et-Vilaine) et mort le 5 novembre 1987 (à 75 ans) à Paris. 1958 : La Tête contre les murs
1960 : Les Yeux sans visage. 1961 : Pleins feux sur l'assassin. 1962 : Thérèse Desqueyroux. 1963 : Judex. 1965 : Thomas l'imposteur. 1970 : La Faute de l'abbé Mouret. 1974 : Nuits rouges.
Grand classique de l’horreur Ă la française, Les Yeux sans Visage adapte le roman de Jean Redon publiĂ© en 1959. Aussi notoire que La Belle et la BĂŞte, le film tisse les thèmes de la beautĂ©, de la laideur et de l’amour avec une singularitĂ© troublante : une poĂ©sie maladive en Ă©mane, alternant sĂ©quences surrĂ©alistes oĂą le morbide se mĂŞle Ă une mĂ©lancolie Ă©trange. L’hĂ©roĂŻne, dĂ©figurĂ©e par un accident, promène sa silhouette fragile tel un spectre errant, naufragĂ©e dans sa propre dĂ©sillusion. Coupable de cette difformitĂ©, son père, chirurgien Ă©minent, enlève de jeunes filles pour greffer Ă sa fille une beautĂ© juvĂ©nile volĂ©e.
"La beautĂ© de l’apparence n’est qu’un charme de l’instant ; le corps ne reflète pas toujours l’âme."
Conte d’Ă©pouvante d’un humanisme aussi douloureux que dĂ©sespĂ©rĂ©, Les Yeux sans Visage invoque sacrifice, jeunesse Ă©ternelle et dissection clinique, transcendĂ© par l’onirisme de sa photographie noir et blanc. Le contraste frappe : la pĂ©nombre crĂ©pusculaire s’oppose Ă la froideur aseptisĂ©e du manoir, laboratoire d’expĂ©riences et de vivisections. La mise en scène, minutieuse, Ă©chafaude une intrigue tordue, malsaine, oĂą Georges Franju impose son style documentaire sous une chape d’onirisme Ă©purĂ©, parfois enchanteur. Ă€ la densitĂ© narrative — corruption d’âmes aveuglĂ©es par l’Ă©goĂŻsme — rĂ©pond le jeu sobre des comĂ©diens, drapĂ© dans une Ă©locution théâtrale chère au cinĂ©ma français. Mais si Les Yeux sans Visage fascine, jusqu’Ă l’opacitĂ©, dans sa quĂŞte formelle et sa rĂ©flexion sur l’identitĂ© morale et charnelle (Christiane, Ă©trangère Ă son âme sous ce nouveau visage), c’est surtout grâce Ă l’aura incandescente d’Édith Scob. VoilĂ©e d’un masque laiteux presque tout du long, elle n’a pour armes que la fièvre de son regard et la grâce de son corps longiligne, distillant une empathie amère pour cette victime complice, rongĂ©e de remords et de solitude.
Conte d’Ă©pouvante d’un humanisme aussi douloureux que dĂ©sespĂ©rĂ©, Les Yeux sans Visage invoque sacrifice, jeunesse Ă©ternelle et dissection clinique, transcendĂ© par l’onirisme de sa photographie noir et blanc. Le contraste frappe : la pĂ©nombre crĂ©pusculaire s’oppose Ă la froideur aseptisĂ©e du manoir, laboratoire d’expĂ©riences et de vivisections. La mise en scène, minutieuse, Ă©chafaude une intrigue tordue, malsaine, oĂą Georges Franju impose son style documentaire sous une chape d’onirisme Ă©purĂ©, parfois enchanteur. Ă€ la densitĂ© narrative — corruption d’âmes aveuglĂ©es par l’Ă©goĂŻsme — rĂ©pond le jeu sobre des comĂ©diens, drapĂ© dans une Ă©locution théâtrale chère au cinĂ©ma français. Mais si Les Yeux sans Visage fascine, jusqu’Ă l’opacitĂ©, dans sa quĂŞte formelle et sa rĂ©flexion sur l’identitĂ© morale et charnelle (Christiane, Ă©trangère Ă son âme sous ce nouveau visage), c’est surtout grâce Ă l’aura incandescente d’Édith Scob. VoilĂ©e d’un masque laiteux presque tout du long, elle n’a pour armes que la fièvre de son regard et la grâce de son corps longiligne, distillant une empathie amère pour cette victime complice, rongĂ©e de remords et de solitude.
"Les Voleurs de corps."
RĂ©cit horrifique dĂ©viant, collision de beautĂ© et de monstruositĂ©, Les Yeux sans Visage Ă©rige son style d’auteur dans l’Ă©crin d’un conte cruel, dĂ©shumanisĂ©. En dĂ©pit d’un rythme languissant qu’il faut apprivoiser, cette tragĂ©die familiale, Ă©cartelĂ©e entre remords, amour et orgueil, ensorcelle les sens d’un magnĂ©tisme Ă©thĂ©rĂ© qu’un second regard rĂ©vĂ©lera encore, Ă la faveur de ses ombres et de ses secrets.
RĂ©cit horrifique dĂ©viant, collision de beautĂ© et de monstruositĂ©, Les Yeux sans Visage Ă©rige son style d’auteur dans l’Ă©crin d’un conte cruel, dĂ©shumanisĂ©. En dĂ©pit d’un rythme languissant qu’il faut apprivoiser, cette tragĂ©die familiale, Ă©cartelĂ©e entre remords, amour et orgueil, ensorcelle les sens d’un magnĂ©tisme Ă©thĂ©rĂ© qu’un second regard rĂ©vĂ©lera encore, Ă la faveur de ses ombres et de ses secrets.
*Bruno
13.06.25. 4èx




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