vendredi 23 septembre 2016

Le Survivant / The Omega Man

                                      Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site Pinterest.com

"The Omega Man" de Boris Sagal. 1971. U.S.A. 1h38. Avec Charlton Heston, Anthony Zerbe, Rosalind Cash, Paul Koslo, Eric Laneuville, Lincoln Kilpatrick.

Sortie salles France: 24 Novembre 1971. U.S: 1er Août 1971

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Boris Sagal est un réalisateur et producteur américain né le 18 octobre 1923 à Ekaterinoslav (Ukraine), décédé le 22 mai 1981 à Portland (Oregon). 1963 : Le Motel du crime. 1965 : La Stripteaseuse effarouchée. 1971: Le Survivant. 1978: Angela. 1982: La 3è guerre mondiale (télé-film).


Seconde adaptation de Je suis une LĂ©gende, cĂ©lèbre roman de Richard Matheson publiĂ© en 54, Le Survivant reste le film le plus cĂ©lèbre de Boris Sagal, rĂ©alisateur prolifique ayant surtout oeuvrĂ© pour la TV avec diverses sĂ©ries et tĂ©lĂ©-films durant les annĂ©es 50 Ă  80. Car c'est en 1981 que Boris Sagal tire sa rĂ©vĂ©rence lors du tournage de son dernier film, La 3è guerre mondiale, après avoir Ă©tĂ© dĂ©capitĂ© par le rotor de queue d'un hĂ©licoptère. Petit classique post-apo des Seventies, Le Survivant relate la confrontation belliqueuse entre un praticien (unique survivant immunisĂ© contre une Ă©pidĂ©mie mondiale), et une communautĂ© sectaire atteint d'albinisme après avoir Ă©tĂ© frappĂ©s par le virus. Vivant reclus dans un palais de justice et ne sortant que la nuit du fait de leur hyper sensibilitĂ© Ă  la lumière, ces derniers multiplies les stratĂ©gies d'attaques afin de nuire Ă  la tranquillitĂ© de Robert Neville. Mais un soir, retenu prisonnier par ses membres prĂ©nommĂ©s "la famille", il est sauvĂ© in extremis par une afro-amĂ©ricaine. Ensemble, ils partent rejoindre un autre clan de survivants quand bien mĂŞme Neville tentera de les immuniser contre la maladie en recrĂ©ant un vaccin Ă  partir de son sang. SĂ©rie B efficacement menĂ©e dans son schĂ©ma narratif extĂ©riorisant un sentiment d'isolement tangible entre deux accalmies romanesques (la relation entre Robert et Lisa peut toutefois cĂ©der Ă  l'ennui) et confrontations homĂ©riques, Le Survivant n'a pas l'ambition de rĂ©volutionner le genre par son intrigue un chouilla redondante et sans surprises (si on Ă©pargne la dĂ©couverte des nouveaux rescapĂ©s et la noirceur de son final assez cruel).


Conçu comme un divertissement d'anticipation dĂ©nuĂ© de prĂ©tention car modestement haletant, Le Survivant distille un charme vintage, Seventie oblige, par son ambiance rĂ©aliste de dĂ©solation (les citĂ©s urbaines chargĂ©es de silence et Ă©vacuĂ©es de vies humaines nous ensorcellent la vue) et par la prĂ©sence secondaire de personnages attachants servant de faire-valoir au briscard Charlton Heston. Ce dernier endossant avec son charisme viril le rĂ´le pugnace d'un mĂ©decin militaire partagĂ© entre le devoir de prĂ©server sa vie et celle de ses nouveaux acolytes. On peut Ă©galement intenter une certaine ambiguĂŻtĂ© dans sa posture opiniâtre Ă  refuser de porter assistance Ă  "la famille" qu'il pourrait sans doute guĂ©rir depuis l'Ă©laboration du nouveau vaccin. On apprendra nĂ©anmoins plus tard que son Ă©goĂŻsme et son intolĂ©rance Ă©taient justifiĂ©es quant au comportement obscurantiste et psychotique des mutants renouant avec une foi primitive du fait de leur dĂ©gĂ©nĂ©rescence cĂ©rĂ©brale. Ces derniers encapuchonnĂ©s de vĂŞtements noirs et portant des lunettes de soleil s'avĂ©rant par ailleurs photogĂ©niques dans leur stature tĂ©nĂ©breuse hĂ©ritĂ©e de l'inquisition. LĂ  encore, le Survivant marque quelques points par son pouvoir de fascination formel si bien que ces antagonistes font office d'icone horrifique, quand bien mĂŞme nous serons notamment dĂ©contenancĂ©s d'apprendre que leur comportement rĂ©trograde et meurtrier Ă©mane de la nocivitĂ© cognitive du virus (Spoiler !!! ceci expliquant sans doute pourquoi Lisa semble subitement possĂ©dĂ©e d'un comportement hostile après avoir Ă©tĂ© frappĂ©e par le virus Fin du Spoiler).


A partir d'une histoire simple efficacement contĂ©e dans ces enjeux de survie se disputant les notions de progressisme et d'obscurantisme, Boris Sagal parvient avec sincĂ©ritĂ© Ă  nous immerger dans sa scĂ©nographie dystopique sous l'impulsion attachante de personnages hĂ©roĂŻques et d'un climat urbain sensiblement feutrĂ©. En dĂ©pit de son rythme dĂ©faillant Ă  mi-parcours il y Ă©mane un sympathique divertissement, notamment auprès de son charme rĂ©tro, que Charlton Heston porte sur ses larges Ă©paules, entre aplomb et spontanĂ©itĂ©. A privilĂ©gier toutefois Ă  la gĂ©nĂ©ration 80. 

B-M. 
02.06.23.
07.07.25. 5èx

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