Sortie salles France: 6 Juin 1997. U.S: 20 Août 1997
FILMOGRAPHIE: Simon West est un réalisateur, producteur et scénariste britannique né en 1961 à Letchworth (Royaume-Uni). 1997 : Les Ailes de l'enfer. 1999 : Le Déshonneur d'Elisabeth Campbell. 2001 : Lara Croft : Tomb Raider. 2006 : Terreur sur la ligne. 2011 : Le Flingueur. 2012 : Expendables 2 : Unité spéciale. 2012 : 12 heures. 2015 : Joker. 2016 : Stratton. 2017: Salty.
Blockbuster symptomatique des années 90 au succès public considérable, Les Ailes de l'Enfer fait partie de ces réussites ayant su exploiter avec une redoutable efficacité un concept aussi simple que réjouissant, bâti autour d'un pitch totalement débridé.
Cameron Poe vient de purger une peine de huit ans de prison pour homicide après avoir tué un homme qui agressait sa femme. Avant de retrouver enfin sa liberté, il embarque à bord d'un avion pénitentiaire transportant une galerie de criminels parmi les plus dangereux du pays. Lorsque leur charismatique leader, Cyrus, orchestre la prise de contrôle de l'appareil selon un plan minutieusement préparé, les détenus détournent le vol afin de rejoindre Las Vegas. Avec l'aide d'un Marshall resté au sol, Cameron va alors tout tenter pour faire échouer leur évasion.
Un scénario finalement assez linéaire que Simon West transcende grâce à une mise en scène nerveuse, un sens du rythme exemplaire et une efficacité narrative de tous les instants. À cela s'ajoute une distribution qui s'amuse visiblement de ses personnages, chacun poussant son archétype criminel avec une jubilation communicative. Mention particulière à John Malkovich, impérial dans la peau de Cyrus, leader aussi calme que terrifiant, dont l'autorité naturelle impose le respect.
Quant à Nicolas Cage, au sommet de sa fraîcheur, il compose un héros particulièrement attachant. Redresseur de torts malgré lui, il multiplie les risques et les stratagèmes pour contrecarrer les plans des criminels, tout en incarnant un homme profondément loyal, animé par une sincère bonté et un désir presque obsessionnel de retrouver sa famille. Si la romance avec son épouse verse dans les bons sentiments, difficile de ne pas être touché lors des retrouvailles avec sa fille, d'abord intimidée avant de finalement se réfugier dans ses bras. Une émotion simple, candide, typique d'une certaine époque du cinéma d'action, aujourd'hui presque disparue, et qui n'en devient que plus précieuse à la revoyure.
Grâce à son contexte aussi original que débridé de huis clos aérien et à une mécanique scénaristique remarquablement huilée - où s'entremêlent la traque des fugitifs, les interventions des forces fédérales et les initiatives de Cameron - Les Ailes de l'Enfer remplit pleinement son contrat de divertissement spectaculaire. Les scènes d'action, toujours au service du récit, impressionnent autant par leur ampleur que par leur caractère encore très artisanal. Le film exploite également avec intelligence ses décors, notamment ce fascinant cimetière d'avions abandonnés où les criminels effectuent une escale en plein désert.
Cette halte renouvelle habilement les enjeux et permet à Cameron comme au Marshall de poursuivre leur lutte dans l'ombre afin de déjouer les plans de Cyrus, tandis que les autorités orchestrent une traque aussi bien dans les airs qu'au sol. Et pour conclure en apothéose, Simon West pousse encore le curseur du spectaculaire avec un final cataclysmique évoquant le procédé jubilatoire de Speed : offrir une ultime déferlante de chaos au moment même où l'on croyait l'action achevée.
Impossible enfin de ne pas saluer la galerie de seconds rôles, tous plus mémorables les uns que les autres. Chacun possède une identité immédiatement reconnaissable, entre folie meurtrière, cynisme ou excentricité assumée, donnant au film une véritable personnalité. Ces criminels hauts en couleur participent largement au plaisir du spectacle tant ils semblent prendre un malin plaisir à cabotiner sans faire basculer le film dans la parodie (même si on l'effleure avec la géniale apparition de Steve Buscemi singeant "Hannibal Lecter" avec un sérieux aussi inquiétant qu'hilarant).
Près de trente ans plus tard, Les Ailes de l'Enfer conserve une énergie toujours aussi galvanisante. Son concentré d'action explosive, son humour noir, ses personnages inoubliables et sa générosité communicative en font un authentique classique du blockbuster américain. Un grand spectacle qui a de la chair, du cœur et un vrai sens du divertissement populaire, si bien que ses 1h55 s'écoulent comme une lettre à la poste avec une émotion (aujourd'hui) mélancolique gratifiante.
— Celui du cÅ“ur noir des images 🖤
29.06.26. 4èx



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