mercredi 5 octobre 2016

La Gorgone

                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site vicsmovieden.com

"The Gorgon" de Terence Fisher. 1964. Angleterre. 1h20. Avec Christopher Lee, Peter Cushing, Richard Pasco, Barbara Shelley, Michael Goodliffe, Patrick Troughton, Jack Watson.

Sortie salles Angleterre: 18 Octobre 1964

FILMOGRAPHIE SELECTIVE: Terence Fisher est un rĂ©alisateur britannique nĂ© le 23 fĂ©vrier 1904 Ă  Londres (Maida Vale), et dĂ©cĂ©dĂ© le 18 juin 1980 dans la mĂŞme ville. 1957 : Frankenstein s'est Ă©chappĂ©, 1958 : Le Cauchemar de Dracula , 1958 : La Revanche de Frankenstein, 1959 : Le Chien des Baskerville , 1959 : L'Homme qui trompait la mort , 1959 : La MalĂ©diction des pharaons, 1960 : Le Serment de Robin des Bois , 1960 : Les Étrangleurs de Bombay, 1960 : Les MaĂ®tresses de Dracula, 1960 : Les Deux Visages de Docteur Jekyll, 1961 : La Nuit du loup-garou, 1962 : Le FantĂ´me de l'OpĂ©ra , 1962 : Sherlock Holmes et le collier de la mort, 1963 : The Horror of It All. 1964 : La Gorgone. 1965 : The Earth Dies Screaming, 1966 : L'ĂŽle de la terreur , 1966 : Dracula, prince des tĂ©nèbres , 1967 : La Nuit de la grande chaleur , 1967 : Frankenstein crĂ©a la femme, 1968 : Les Vierges de Satan, 1969: Le Retour de Frankenstein, 1974: Frankenstein et le monstre de l'enfer.


Après avoir revisitĂ© auprès de la Hammer diverses icĂ´nes du cinĂ©ma d'horreur classique (le loup-garou, le monstre de Frankenstein, Dracula et Dr Jekyll), Terence Fisher aborde la mythologie grecque avec La Gorgone. Peu exploitĂ© au cinĂ©ma, surtout dans le domaine de l'Ă©pouvante, le rĂ©alisateur perdure son talent de conteur Ă  travers le portrait fulgurant d'une antagoniste fĂ©minine ayant la facultĂ© de pĂ©trifier ses proies Ă  la vue de son simple regard. Avec maĂ®trise formelle et brio technique, Terence Fisher cultive des sĂ©quences d'angoisse et de terreur remarquablement efficaces quant aux apparitions furtives de la Gorgone souvent inscrits dans la suggestion. A l'instar du reflet de son visage aperçu dans l'eau qu'un des protagonistes observe contre son grĂ© !


Le Pitch: A la suite de la mort de son père et de son frère, Paul Heitz se rend au domicile familial afin de tenter de percer le mystère qui entourent leurs dĂ©cès. RetrouvĂ© pĂ©trifiĂ© Ă  son domicile un soir de pleine lune, son paternel est prĂ©alablement parvenu Ă  lui Ă©crire une lettre pour l'avertir du danger. SĂ©duit par l'assistante du docteur Namaroff, Paul s'attire la jalousie de ce dernier au point que Carla Hoffman est contrainte de feindre leur relation sentimentale. Avec l'aide du professeur Karl Meister, Paul tente de dĂ©masquer l'identitĂ© de la gorgone surnommĂ©e "la mĂ©gère" quand bien mĂŞme des soupçons se portent sur Carla. Alliant horreur et romance avec l'efficacitĂ© d'une intrigue Ă  suspense davantage oppressante, la Gorgone nourrit son intensitĂ© dramatique dans la caractĂ©risation contrariĂ©e de ces personnages. Paul Heitz (Richard Pasco, Ă©patant de tĂ©nacitĂ© caractĂ©rielle !) se disputant les contradictions avec son acolyte Karl Meister (Christopher Lee dans un ton impĂ©rieux !) et l'Ă©nigmatique Dr Namaroff (Peter Cushing dans un jeu suspicieux de la rĂ©serve !) afin de prĂ©server l'innocence de sa nouvelle maĂ®tresse. Quant Ă  la victime soumise Ă  la malĂ©diction antique, Terence Fisher prend soin de la dĂ©peindre avec fragilitĂ© de par ses sentiments d'aigreur de repousser contre son grĂ© l'amour de Paul. Car craignant de manière intuitive d'ĂŞtre Ă  l'origine de ses homicides depuis ses rĂ©currentes amnĂ©sies, elle tente en dĂ©sespoir de cause de protĂ©ger son entourage en s'exilant vers une lointaine contrĂ©e. Dans ce rĂ´le ambivalent, la sublime Barbara Shelley excelle Ă  se fondre dans la peau d'une victime anxieuse avec une Ă©lĂ©gance Ă©tonnamment rassurante.


Baignant dans un climat onirique ensorcelant par le biais d'une nature crĂ©pusculaire Ă  la lisière de la fĂ©erie (le jardin d'Eden du pavillon de Heitz), La Gorgone insuffle un suspense horrifique lattent sous l'impulsion d'investigateurs pugnaces s'efforçant de dĂ©mystifier la plus sournoise des menaces. Si la crĂ©ature fĂ©minine s'avère aussi magnĂ©tique que repoussante Ă  chacune de ses terrifiantes apparitions, Terence Fisher aura pris soin d'y transfigurer son apparence machiavĂ©lique avec l'appui d'un sens retors du cadrage (tant auprès du plan serrĂ© ou large). Un splendide poème gothico-macabre au pouvoir vĂ©nĂ©neux de sĂ©duction d'oĂą s'y prĂ©cise une tragĂ©die sentimentale. 

B-M. 3èx

2 commentaires:

  1. Merci pour cette critique ! on veut donner sa chance au film grâce à tes critiques c'est super ! merci !

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  2. De rien. Je ne demande qu'à faire connaître et à attiser la curiosité, en évitant de me tromper dans mon jugement car on ne peut pas plaire à tous non plus !

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