jeudi 26 janvier 2017

ARLINGTON ROAD

                                                                  Photo empruntĂ©e sur Google, appartenant au site cinema.jeuxactu.com

de Mark Pellington. 1999. U.S.A. 1h57. Avec Jeff Bridges, Tim Robbins, Joan Cusack, Hope Davis, Robert Gossett, Mason Gamble.

Sortie salles France: 21 Avril 1999. U.S: 9 Juillet 1999

FILMOGRAPHIE: Mark Pellington est un réalisateur, producteur et acteur américain né le 17 mars 1962 à Baltimore, Maryland (États-Unis). 1991 : Words in Your Face (TV). 1992 : U2: Achtung Baby (vidéo). 1992 : Punch and Judy Get Divorced (TV). 1995 : United States of Poetry (feuilleton TV)
1997 : Going All the Way. 1997 : Destination Anywhere (vidéo). 1998 : Pearl Jam: Single Video Theory (vidéo). 1999 : Arlington Road. 2002 : La Prophétie des ombres. 2003 : Day by Day: A Director's Journey Part II (vidéo). 2003 : Day by Day: A Director's Journey Part I (vidéo). 2007 : U2 3D (vidéo) retraçant en 3D la tournée 2006-2007 de U2 Vertigo Tour. 2008 : Henry Poole. 2014 : Final Masquerade - Linkin Park : (vidéo). 2015 : Human Race - Three Days Grace : (vidéo). 2017 : The Last Word.


Thriller parano Ă  couper le souffle dans sa structure affĂ»tĂ© d'un suspense Ă  couper au rasoir, Arlington Road aborde le thème du terrorisme interne avec un machiavĂ©lisme proprement couillu si bien que l'audace subversive Spoil ! de son Ă©pouvantable conclusion fait froid dans le dos ! (quitte Ă  frustrer une bonne partie du public pour le hanter Ă  jamais !) Fin du Spoil.  Après avoir sauvĂ© la vie d'un enfant grièvement blessĂ© sur la chaussĂ©e, Michael Faraday, professeur d'histoire spĂ©cialiste du terrorisme, apprend qu'il s'agit de Brady Lang, le fils d'un de ses voisins. En guise de remerciement, la famille Lang convie Michael et sa petite amie Ă  un souper familial. Mais au fil de leurs Ă©changes amicaux, Michael finit par suspecter l'identitĂ© de cet aimable voisin après y avoir Ă©tabli des recherches sur son obscur passĂ©. Amateurs de thriller alerte menĂ© sur un rythme sans faille, Arlington Road fait office de mastodonde du genre tant le mĂ©connu Mark Pellington s'ingĂ©nie Ă  peaufiner une tension sous-jacente autour de l'investigation ardue d'un professeur d'histoires en conflit avec sa paranoĂŻa. Ce dernier Ă©tant peu Ă  peu convaincu que son voisin est un dangereux terroriste avant de douter de ses convictions puis finalement se rĂ©tracter. 


Et ce jusqu'Ă  ce que le rĂ©alisateur nous charpente un suspense exponentiel littĂ©ralement Ă©prouvant quant Ă  l'Ă©lan de son hĂ©roĂŻsme suicidaire lors d'une dernière partie aussi apocalyptique que cauchemardesque ! En dĂ©nonçant les mĂ©thodes faillibles du FBI pour remonter sommairement la source d'un prĂ©sumĂ© coupable, Arlington Road jette un pavĂ© dans la marre quant Ă  leur incompĂ©tence d'enrayer le terrorisme et d'y suspecter une mauvaise cible. Sans traiter du thème religieux indissociable au fondement du terrorisme, l'intrigue met plutĂ´t en exergue le profil d'un citadin amĂ©ricain avide de vengeance contre la culpabilitĂ© de ses exĂ©cutifs d'avoir chassĂ© son paternel de ses terres autrefois mĂ©tayer. D'une rigueur psychologique habilement fouillĂ©e quant aux profils antinomiques de deux pères de famille s'affrontant mutuellement avec flegme avant de laisser Ă©clater leur haine, Arlington Road est notamment transcendĂ© par le jeu hallucinĂ© d'un Jeff Bridges habitĂ© par l'inquiĂ©tude, l'angoisse et la terreur tangibles ! Outre ses facultĂ©s d'investigateur plutĂ´t adroites et son ascension Ă©motive Ă  prĂ©sager le pire, il faut le voir circuler fissa en plein centre urbain pour retrouver son fils et dĂ©jouer l'attentat d'une ampleur inconsidĂ©rĂ©e ! En terroriste aguerri que rien ne laissait supposer, Tim Robbins lui partage sobrement la vedette dans une posture fourbe et vĂ©nĂ©neuse si bien que sans vergogne Ă  oser sacrifier un bambin pour parfaire son projet insurrectionnel. 


Hommage aux victimes des attentats et en particulier aux enfants lâchement sacrifiĂ©s, Arlington Road exploite son thème (tristement actuel) sous le pilier d'un thriller acĂ©rĂ© (on peut parler de modèle du genre pour le sens ciselĂ© de son efficacitĂ©). DominĂ© par la prestance autoritaire d'un Jeff Bridges tĂ©tanisant d'intensitĂ© dans sa terreur viscĂ©rale, l'intrigue semĂ©e de rebondissements et pĂ©ripĂ©ties (son final Ă©pique paroxystique !) nous prend aux tripes de la première (Spoil ! le prologue cinglant nous Ă©branle dĂ©jĂ  quant Ă  l'imagerie sanglante d'un enfant accidentĂ© ! Fin du Spoil) Ă  la dernière minute (Spoil ! le dernier plan, glaçant, Ă©pargnant tout espoir de happy-end ! fin du Spoil). Un chef-d'oeuvre du genre, sans doute irrĂ©alisable de nos jours car d'un nihilisme aussi radical qu'effrontĂ© n'hĂ©sitant pas en prime d'y dĂ©noncer l'incompĂ©tence et la manipulation d'une AmĂ©rique insĂ©curitaire, Ă  redĂ©couvrir d'urgence ! 

B-D

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