"Silent Night, Deadly Night" de Charles E. Sellier Jr.. 1984. U.S.A. 1h25. Avec Robert Brian Wilson, Gilmer McCormick, Lilyan Chauvin, Britt Leach, Toni Nero, Randy Stumpf, Linnea Quigley.
Sortie salles U.S: 9 Novembre 1984
FILMOGRAPHIE: Charles Edward Seller Jr., né le 9 novembre 19431 à Pascagoula (Mississippi) et mort le 31 janvier 2011 à Coeur d'Alene (Idaho), est un scénariste, producteur, écrivain et réalisateur américain .1985: Les insoumis. 1984 Snowballing. 1984 Douce nuit, sanglante nuit.
RĂ©putĂ© pour le haro mĂ©diatique qu’il subit Outre-Atlantique - dĂ©programmĂ© des salles quinze jours après sa sortie alors qu’il commençait Ă battre Les Griffes de la nuit (si, si !), sorti la mĂŞme semaine - Douce Nuit, sanglante nuit demeure un objet subversif, d’une audace burnĂ©e au regard de son iconographie aussi malsaine que dĂ©rangeante. En dĂ©mystifiant la cĂ©lĂ©bration catholique de NoĂ«l, Charles E. Sellier Jr. n’y va jamais avec le dos de la cuillère : il la raille (le grand-père dĂ©ficient terrorisant Billy par son discours sur la malfaisance du Père NoĂ«l, le directeur de magasin insultant les marmots en leur absence avec une couardise triviale), la discrĂ©dite (la doctrine rĂ©trograde des sĹ“urs catholiques, niant toute Ă©mancipation sexuelle), et l’horrifie frontalement par la figure d'un Père NoĂ«l armĂ© d’une hache meurtrière. Il fallait oser une telle reprĂ©sentation, que Sellier Jr. imprime sur pellicule avec une froideur constante, presque clinique.
Rappel des faits: TraumatisĂ© par l’assassinat de ses parents, un soir de NoĂ«l, par un Santa Claus dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©, Billy est recueilli dans un orphelinat de carmĂ©lites oĂą la Mère supĂ©rieure n’hĂ©site pas Ă le flageller en guise de châtiment. Dix ans plus tard, encore plus marquĂ© par cette expĂ©rience castratrice au couvent, Billy bascule. Devenu manutentionnaire dans une boutique de jouets, il s’en prend soudainement Ă son entourage professionnel puis aux familles lambda, en particulier celles qu’il juge coupables de luxure — lui qui fut jadis puni pour avoir surpris un couple en plein Ă©bat dans une chambre de l’orphelinat.
PassĂ©e sa sĂ©rie de crimes au gore parfois crapoteux - j’Ă©voque ici la version uncut, avec au passage un clin d’Ĺ“il appuyĂ© Ă Massacre Ă la tronçonneuse - la police, gagnĂ©e par une paranoĂŻa collective, traque les Pères NoĂ«l susceptibles de reprĂ©senter une menace aux abords des cocons familiaux. SĂ©rie B tournĂ©e avec modestie, imprĂ©cision et naĂŻvetĂ© (malgrĂ© quelques cadrages soigneusement tarabiscotĂ©s), Douce Nuit, sanglante nuit s’avère pourtant profondĂ©ment dĂ©rangeant par son climat faussement fĂ©erique, en rĂ©alitĂ© rĂ©solument malsain.
Sellier Jr. tente, non sans maladresses dues Ă son inexpĂ©rience technique, de dresser le portrait nĂ©vralgique d’un adolescent sombrant peu Ă peu dans la dĂ©mence. En dĂ©pit d’une distribution globalement perfectible mais souvent convaincante - notamment le tueur, inexpressif et pourtant inquiĂ©tant - une empathie s’installe envers le destin broyĂ© de Billy, tĂ©moin enfant des pires exactions (le meurtre de ses parents, prologue horrifiant d’une violence glaçante), puis victime de châtiments corporels rĂ©pĂ©tĂ©s dans un enchaĂ®nement de circonstances funestes.
Si la seconde partie, plus rĂ©pĂ©titive mais jamais ennuyeuse, se rĂ©vèle moins intense psychologiquement, elle conserve cette atmosphère licencieuse, nourrie d’outrances gore et de postures dĂ©viantes - Billy offrant un cutter Ă une fillette docile en guise de rĂ©compense. Les enfants deviennent alors tĂ©moins, entre stupeur et fascination malsaine, du comportement patibulaire de ce Père NoĂ«l prĂŞchant une doctrine punitive et dĂ©stabilisante. La scène de la fillette assise sur ses genoux, hypnotisĂ©e par ses intimidations, demeure l’un des moments les plus profondĂ©ment perturbants du film.
Sans rivaliser avec les rĂ©ussites majeures du genre - faute d’une mise en scène et d’un casting un tantinet timorĂ©s - Douce Nuit, sanglante nuit marque durablement les esprits par son climat horrifique fĂ©tide. On comprend sans peine le scandale qu’il provoqua Ă sa sortie. Un des psycho-killers les plus malsains et dĂ©rangeants des annĂ©es 80, Ă redĂ©couvrir avec un vif intĂ©rĂŞt, idĂ©alement en pĂ©riode de fin d’annĂ©e, en VO de prĂ©fĂ©rence (la VF Ă©tant absolument exĂ©crable), et impĂ©rativement en version non censurĂ©e.
— le cinĂ©phile du cĹ“ur noir đź–¤
2èx



Génial !!! un immense merci !!!
RépondreSupprimerBen de rien !
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