de Larry Cohen. 1978. U.S.A. 1h30. Avec Frederic Forrest, Kathleen Lloyd, John P. Ryan, John Marley, Andrew Duggan, Eddie Constantine
Sortie salles U.S: 10 Mai 1978
FILMOGRAPHIE: Larry Cohen est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 15 Juillet 1941. Il est le créateur de la célèbre série TV, Les Envahisseurs. 1972: Bone, 1973: Black Caesar, Hell Up in Harlem, 1974: Le Monstre est vivant, 1976: Meurtres sous contrôle, 1978: Les Monstres sont toujours vivants, 1982: Epouvante sur New-York, 1985: The Stuff, 1987: La Vengeance des Monstres, Les Enfants de Salem, 1990: l'Ambulance. - Comme Producteur: Maniac Cop 1/2/3. - Comme Scénariste: Cellular, Phone Game, 3 épisodes de Columbo.
"Le cauchemar continue... et les monstres sont toujours vivants."
Quatre ans après Le Monstre est vivant, chef-d’Ĺ“uvre Ă©motif ayant traumatisĂ© toute une gĂ©nĂ©ration de femmes enceintes, Larry Cohen rempile derrière la camĂ©ra pour nous offrir une digne sĂ©quelle, presque Ă la hauteur de son modèle. Nantie d’un rythme plus nerveux quant aux stratĂ©gies policières visant Ă duper la cause parentale, Les Monstres sont toujours vivants ne manque ni d’audace ni d’Ă©motion (encore) poignante lorsque deux jeunes parents s’efforcent, dans la contradiction, de prĂ©server la vie de leur bambin mutant.
Deux ans après les tragiques Ă©vĂ©nements, un couple est sur le point d’enfanter un nouveau cas de bĂ©bĂ© difforme. Soutenus par le veuf Frank Davies (ancien paternel du premier opus), et après leur avoir divulguĂ© l’horrible vĂ©ritĂ©, il leur dĂ©clare que la police est sur le point de sacrifier l’enfant dès que la mère accouchera Ă l’hĂ´pital. Afin de prĂ©server la survie du bambin, les parents acceptent de le confiner dans un endroit tenu secret afin que Gene puisse accoucher sans l’apprĂ©hension criminelle. Mais après avoir retrouvĂ© leur trace, les forces de l’ordre s’apprĂŞtent Ă assiĂ©ger la demeure, alors que d’autres bĂ©bĂ©s monstres sont Ă©galement embrigadĂ©s dans une cave sous la protection de Frank et de praticiens.
Ă€ travers son prologue captivant (les avertissements Ă la fois poignants et alarmistes de Frank auprès de la famille Scott), faisant ensuite place Ă une situation hallucinĂ©e (mais chut !), Les Monstres sont toujours vivants s’avère percutant Ă travers sa facture dĂ©bridĂ©e tenant de l’improbabilitĂ©. Tant et si bien que Larry Cohen s’efforce, avec la mĂŞme inspiration, de rendre plausible un contexte horrifique inusitĂ© par le biais du "bĂ©bĂ© tueur".
Pour ce faire, on apprĂ©cie le soin des trucages, aussi modestes soient-ils, notamment grâce au dynamisme du montage appuyant la vĂ©locitĂ© primitive de ces derniers, d’un instinct criminel franchement impressionnant (jumpscares tĂ©tanisants Ă l’appui). Retardant au maximum leur apparence monstrueuse pour mieux nous Ă©branler, Larry Cohen mise sur le suspense latent (le foyer des parents transformĂ© en labo mĂ©dical, en attente d’un espoir rĂ©volutionnaire si les bĂ©bĂ©s - immunisĂ©s contre la pollution - parvenaient Ă survivre dans une Ă©ducation docile), puis oppressant eu Ă©gard de sa dernière partie, d’autant plus poignante lorsque les parents indĂ©cis s’efforcent, en dĂ©sespoir de cause, de prĂ©server la vie de leur bambin.
Ainsi, Ă travers l’illustre personnage de Frank Davies, dĂ©libĂ©rĂ© Ă tenter d’Ă©duquer cette nouvelle race infantile au grand dam de leur sauvagerie incontrĂ´lĂ©e, Les Monstres sont toujours vivants captive Ă savoir si nos hĂ©ros (accompagnĂ©s de mĂ©decins complices) parviendront Ă achever leur devise. Ă€ savoir sauver la destinĂ©e de ces bambins en les Ă©duquant en bonne et due forme, et ce pour les enjeux du droit Ă la diffĂ©rence et du libre arbitre parental Ă dĂ©cider du sort de leur progĂ©niture. Ă€ moins que ces bĂ©bĂ©s (et comme l’exclamera l’un des protagonistes vindicatifs) n’aient comme unique dessein de rĂ©pandre la terreur afin de dominer le monde et asseoir leur dictature.
Un sujet burnĂ©, aussi cintrĂ© que passionnant, que Larry Cohen met en pratique avec une maĂ®trise constamment convaincante. Autrement dit, on y croit dur comme fer, Ă l’instar du 1er opus, autrement bouleversant de par son intensitĂ© dramatique d’une rare cruautĂ©. Un parti-pris Ă©motionnel que l’on retrouve encore ici, notamment auprès de ses dix dernières minutes plutĂ´t Ă©mouvantes, car d’un radicalisme dĂ©rangeant.
Ă€ revoir sans se lasser.
— Celui du cĹ“ur noir des images đź–¤
29.06.16. (137 v)
La Chronique du Monstre est Vivant : http://brunomatei.blogspot.fr/2012/06/le-monstre-est-vivant-its-alive.html



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